Les pou­voirs pu­blics ont lan­cé la French Tech 2022 à l’oc­ca­sion du sa­lon Vi­va Tech­no­lo­gy

Mou­nir Mah­jou­bi, se­cré­taire d’État char­gé du nu­mé­rique, a an­non­cé la nou­velle am­bi­tion « French Tech 2022 » qui doit ré­pondre aux en­jeux de crois­sance et de conso­li­da­tion que connaît ac­tuel­le­ment l’éco­sys­tème des start-up.

Electronique S - - Sommaire - JACQUES MAROUANI

Lors du dis­cours de clô­ture du sa­lon Vi­va Tech­no­lo­gy, Mou­nir Mah­jou­bi, se­cré­taire d’État char­gé du nu­mé­rique, a sou­li­gné les en­jeux de crois­sance et de conso­li­da­tion que connaît ac­tuel­le­ment l’éco­sys­tème de start-up fran­çaises et qui né­ces­sitent un chan­ge­ment d’échelle et de nou­veaux en­ga­ge­ments. « Après l’éclo­sion, notre en­jeu est dé­sor­mais de faire s’en­vo­ler notre éco­sys­tème, en af­fir­mant un état d’es­prit, ce­lui de la “Tech for Good”, ou de la mise de notre ac­tion au ser­vice de la so­cié­té, et en as­su­mant une prio­ri­té don­née à l’ac­com­pa­gne­ment des “scale-up”, ou ac­teurs à forte crois­sance et po­ten­tiel de dé­ve­lop­pe­ment », a-t-il ex­pli­qué. Pour ce­la, plu­sieurs axes de tra­vail ont été énon­cés: le sou­tien à la « deep tech », soit aux start-up à forte in­ten­si­té tech­no­lo­gique, l’aide au recrutement des ta­lents et le ren­for­ce­ment de la vi­si­bi­li­té des start-up à l’in­ter­na­tio­nal.

Cent me­sures pour les start-up

« Au fi­nal, l’am­bi­tion est claire : im­po­ser la France comme l’éco­sys­tème start-up de ré­fé­rence en Eu­rope », a-t-il pour­sui­vi. Pour re­le­ver ce dé­fi, une nou­velle di­rec­trice de la Mis­sion French Tech a été nom­mée, il s’agit de Kat Bor­lon­gan, en­tre­pre­neure et co­fon­da­trice de l’agence d’in­no­va­tion Five by Five. Une consul­ta­tion en ligne a ob­te­nu quelque 1300 ré­ponses, plus de 200 en­tre­tiens di­rects ont été or­ga­ni­sés avec des re­pré­sen­tants du gou­verne- ment, et plu­sieurs di­zaines sont en­core pré­vus lors de 15 ate­liers qui au­ront lieu dans les di­verses ré­gions fran­çaises. Le ré­sul­tat, ce sont plus de cent constats ma­jeurs re­le­vés, et, en face de cha­cun d’eux, des ac­tions en cours, dé­jà prises ou à ve­nir. Par­mi les pro­po­si­tions, il est pré­vu de sim­pli­fier la vie des start-up en fa­vo­ri­sant le dia­logue avec les ad­mi­nis­tra­tions à chaque fois qu’elles en ont be­soin. Dès ce mois de juin, un ré­seau de correspondants start-up-in­no­va­tion se­ra mis en place dans chaque mi­nis­tère, ce qui per­met­tra à chaque start-up d’être mise en re­la­tion ra­pi­de­ment avec des in­ter­lo­cu­teurs aver­tis. Sim­pli­fier la vie des start-up, c’est en­suite pro­mou­voir, par­tout et tout le temps, l’au­dace et l’ex­pé­ri­men­ta­tion. Dans cet es­prit, un dis­po­si­tif, France Ex­pé­ri­men­ta­tion, a été re­lan­cé. Il per­met à toute start-up de de­man­der, à tout mo­ment, un droit à dé­ro­ger à un rè­gle­ment ou à une loi en place pour dé­ployer un nou­veau bu­si­ness mo­del. Sim­pli­fier la vie des start-up, c ’ est en­fin al l éger l es contraintes qu’elles peuvent connaître dans leurs phases d’hy­per­crois­sance. C’est pour­quoi, dans le cadre du pro­jet de loi Pacte, pour les seuils de onze, vingt et cin­quante sa­la­riés, un seuil d’ef­fec­tif se­ra fran­chi uni­que­ment lorsque ce­lui-ci a été at­teint ou dé­pas­sé pen­dant cinq an­nées ci­viles consé­cu­tives.

2,5 mil­liards d’eu­ros le­vés en 2017

Autre pro­po­si­tion : ac­com­pa­gner le fi­nan­ce­ment des star­tup, no­tam­ment dans les phases de crois­sance. Les en­tre­prises de la French Tech ont le­vé plus de 2,5 mil­liards d’eu­ros en 2017, ce qui consti­tue un point haut sur la der­nière dé­cen­nie. Pour au­tant, l es start- up peuvent en­core ren­con­trer des dif­fi­cul­tés de fi­nan­ce­ment en tout dé­but de dé­ve­lop­pe­ment, ain­si que pen­dant les phases de forte crois­sance. Dans ce contexte, plu­sieurs ac­tions sont en cours d’étude et à ve­nir, comme l’ex­pé­ri­men­ta­tion par Bpi­france d’une offre de ven­ture loans » ca­pable d’ac­com­pa­gner les grandes le­vées de fonds. De même, l’État s’en­gage à pro­mou­voir l’es­sor des Ini­tial Coin Of­fe­rings (ICO), grâce à une cla­ri­fi­ca­tion du cadre at­ta- ché à ce mode de le­vée de fonds pro­met­teur pour les start-up en France et dans le monde. Le pro­jet de loi Pacte pré­voit ain­si la créa­tion d’un vi­sa pour les en­tre­prises émet­trices de je­tons res­pec­tant cer­tains cri­tères pré­cis de na­ture à pro­té­ger les épar­gnants, et des études sont en cours sur le cadre comp­table et fis­cal as­so­cié. En­fin, l’État se mo­bi­lise di­rec­te­ment, en tant qu’ache­teur, pour mettre plus fa­ci­le­ment le pied à l’étrier aux star­tup. Dans ce cadre, il met­tra en place avant fin 2018 un gui­chet unique d’achat de l’État pour les en­tre­prises qui sou­haitent échan­ger avec ce der­nier, et re­lè­ve­ra à 100 000 e (contre 25 000 e au­jourd’hui), dans le cadre d’une ex­pé­ri­men­ta­tion sur trois ans, le seuil per­met­tant de re­cou­rir à un mar­ché pu­blic sans pu­bli­ci­té ni mise en concur­rence pour ac­qué­rir des pro­duits in­no­vants au­près des PME. En troi­sième lieu, il s’agit de fa­vo­ri­ser l’émer­gence et le recrutement des ta­lents. Les pro­blé­ma­tiques de recrutement f i gurent par­mi l es trois prin­ci­paux su­jets de pré­oc­cu­pa­tion re­mon­tés par les start-up dans le cadre du tour, avec un fo­cus par­ti­cu­lier sur les mé­tiers du nu­mé­rique. En ré­ponse, l’État se mo­bi­lise en in­tro­dui­sant dès 2019 une spé­cia­li­té « nu­mé­rique et sciences in­for­ma­tiques » (au même titre que les ma­thé­ma­tiques, que la phy­sique-chi­mie, etc.) au ly­cée, et en ayant lan­cé en avril der­nier un plan de fi­nan­ce­ment de 10 000 for­ma­tions courtes au nu­mé­rique.

≥ Par­mi les prin­ci­pales ac­tions, il est pré­vu un sou­tien aux start- up à forte in­ten­si­té tech­no­lo­gique.

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