Ma­too­ma : un po­si­tion­ne­ment ori­gi­nal pour une réus­site co­los­sale

Pour sa sixième an­née d’exis­tence, la so­cié­té Ma­too­ma pré­voit une crois­sance de 45 % de ses ventes et se­ra pré­sente dans 7 pays d’Europe. Cette en­tre­prise, qui a mi­sé sur les ser­vices M2M et la connec­ti­vi­té GSM multi-opé­ra­teur, a dé­ci­dé­ment de beaux jours

Electronique S - - Sommaire - DI­DIER GI­RAULT

La réus­site d’une en­tre­prise est d’abord liée à l’offre qu’elle pro­pose en re­gard du mar­ché qu’elle cible. Le po­si­tion­ne­ment de Ma­too­ma, start-up mont­pel­lié­raine ayant vu le jour en 2012, confirme cette as­ser­tion : en ef­fet, avec la connec­ti­vi­té GSM multi-opé­ra­teur à des­ti­na­tion de l ’ In­ter­net des ob­jets, Ma­too­ma adresse un do­maine en pleine ef­fer­ves­cence. Dans la pratique, l’en­tre­prise four­nit des cartes SIM M2M multi-opé­ra­teurs – cha­cune de ces cartes au­to­ri­sant l’uti­li­sa­tion de plu­sieurs ré­seaux d’opé­ra­teurs té­lé­coms – ain­si que des ou­tils et des ser­vices de ges­tion de parcs de boî­tiers connec­tés. Les ap­pli­ca­tions y sont nom­breuses et va­riées comme en té­moignent les deux exemples à suivre, ci­tés par Fré­dé­ric Salles, pré­sident et co­fon­da­teur de Ma­too­ma : la té­lé­ges­tion et la su­per­vi­sion du ré­seau Pho­to­ma­ton et la ges­tion des élec­tro­vannes de plu­sieurs ré­gies des eaux de grandes mé­tro­poles. Ma­too­ma pro­pose, via ses cartes SIM multi-opé­ra­teurs, une connexion ré­seau op­ti­male grâce aux ac­cords pas­sés avec une di­zaine d’opé­ra­teurs de té­lé­com­mu­ni­ca­tions eu­ro­péens et in­ter­na­tio­naux. Ses cartes as­surent une cou­ver­ture en 2G, 3G, 4G et 4G+. Outre le fait de fa­ci­li­ter la vie du client qui, plu­tôt que de de­voir pas­ser plu­sieurs ac­cords avec di­vers opé­ra­teurs, ne s’adresse qu’à un gui­chet unique, Ma­too­ma ga­ran­tit aus­si une ex­cel­lente qua­li­té des trans­mis­sions. « Pour chaque pro­jet, nous pro­po­sons l’opé­ra­teur le plus ap­pro­prié. Et en cas de né­ces­si­té d’ex­ten­sion de la cou­ver­ture ré­seau, nous fai­sons ap­pel aux ré­seaux qui offrent la meilleure qua­li­té de trans­mis­sion », re­marque Fré­dé­ric Salles. « Nous pas­sons outre le “stee- ring” qui, pour un opé­ra­teur don­né, est le fait de re­cou­rir sys­té­ma­ti­que­ment aux ré­seaux de par­te­naires avec les­quels il a conclu des ac­cords », ex­plique M. Salles.

Pré­pa­rer de­main

Pour ai­der à pré­pa­rer au mieux l’ave­nir, « Ma­too­ma conseille, dès au­jourd’hui, aux in­dus­triels et aux so­cié­tés de ser­vices qui uti­lisent le ré­seau 2G, ré­seau à 10 Kbits/s très ré­pan­du pour la trans­mis­sion d’in­for­ma­tions de l’In­ter­net des ob­jets, mais pour le­quel les li­cences ar­ri­ve­ront à échéance entre 2020 et 2025, de pas­ser à la 4G », re­marque M. Salles. Les uti­li­sa­teurs en ques­tion pour­ront aus­si op­ter pour l’un des ré­seaux bas dé­bit en cours de dé­ploie­ment que sont le LTE-M et le NB-IoT. « Ne s’ap­puyant pas sur les mêmes normes, ces ré­seaux se­ront ame­nés à co­exis­ter, ce qui obli­ge­ra les fa­bri­cants à mettre à la dis­po­si­tion des uti­li­sa­teurs des mo­dules bi-modes », note tou­te­fois l e pré­sident de Ma­too­ma. Ce qui, une fois de plus, va­lide le fait de s’adres­ser au gui­chet unique qu’est Ma­too­ma. Bien que les ré­seaux LTE-M et NB-IoT ne soient au­jourd’hui dé­ployés que dans cer­taines villes eu­ro­péennes, Ma­too­ma a dé­jà conclu un ac­cord avec Vo­da­fone – concer­nant des villes d’Al­le­magne et d’Espagne (Bar­ce­lone, par exemple).

Plu­tôt la com­plé­men­ta­ri­té que la con­cur­rence

D’autres ré­seaux de trans­mis­sion que les ré­seaux haut dé­bit GSM ont vu le jour et s’af­firment. No­tam­ment les ré­seaux bas dé­bit, faible consom­ma-

FRÉ­DÉ­RIC SALLES, pré­sident et co­fon­da­teur de Ma­too­ma

Ma­too­ma ga­ran­tit la meilleure qua­li­té pos­sible de trans­mis­sion : pour chaque pro­jet, nous pro­po­sons l’opé­ra­teur le plus ap­pro­prié. Et en cas de né­ces­si­té d’uti­li­sa­tion de plu­sieurs ré­seaux ad­ja­cents, nous ou­tre­pas­sons le « stee­ring » en sé­lec­tion­nant les meilleurs des ré­seaux.

tion, longue por­tée (jus­qu’à 3 km en ex­té­rieur) et faible coût d’abon­ne­ment (de 5 à 10 eu­ros par an) que sont Lo­ra et Sig­fox.

A prio­ri, ils pour­raient être consi­dé­rés comme des concur­rents des ré­seaux GSM. Tou­te­fois, dans la pratique, les sphères d’in­fluence des ré­seaux GSM, d’une part, et Lo­ra et Sig­Fox, d’autre part, sont dif­fé­rentes ; c’est no­tam­ment le be­soin en ré­ac­ti­vi­té des pro­jets qui va dé­ter­mi­ner le choix des uns ou des autres.

« Un pro­jet ne re­qué­rant que la trans­mis­sion de pe­tits mes­sages – de la taille d’un SMS, par exemple –, avec une fré­quence mi­nime – 1 fois par jour, no­tam­ment –, mais né­ces­si­tant une grande au­to­no­mie de fonc­tion­ne­ment peut faire ap­pel à Sig­fox. Par contre, un pro­jet re­qué­rant un dé­bit de trans­mis­sion éle­vé, une grande ré­ac­ti­vi­té ain­si que des mises à jour à dis­tance doit s’orien­ter vers des so­lu­tions de type 3G ou 4G », re­marque Fré­dé­ric Salles. Les so­lu­tions haut dé­bit pro­po­sées par Ma­too­ma sont ain­si pré­co­ni­sées pour tout ce qui touche à la sé­cu­ri­té des biens et des per­sonnes, un do­maine qui exige une très forte ré­ac­ti­vi­té. Ma­too­ma re­ven­dique d’ailleurs 95 % du mar­ché fran­çais des so­lu­tions de main­tien à do­mi­cile. « En cas de ré­cep­tion d’un ap­pel d’ur­gence, la pla­te­forme d’as­sis­tance doit im­mé­dia­te­ment rap­pe­ler la per­sonne en dif­fi­cul­té pour la ras­su­rer », in­siste M. Salles. Ce qui dis­qua­li­fie d’em­blée les so­lu­tions n’in­cluant pas la trans­mis­sion vo­cale et /ou à temps de la­tence trop im­por­tant.

Pour mieux illus­trer en­core la com­plé­men­ta­ri­té qui règne dans le do­maine des ré­seaux de trans­mis­sions sans fil, Fré­dé­ric Salles nous i ndique que Ma­too­ma four­nit en cartes SIM multi-opé­ra­teurs des so­lu­tions à base de ré­seaux Lo­ra. En

ef­fet, « si la re­mon­tée d’in­for­ma­tions entre cap­teurs et borne col­lec­trice se fait via le ré­seau Lo­ra, le trans­fert des don­nées entre la borne en ques­tion et le ser­veur uti­lise, quant à lui, une connexion In­ter­net qui, sou­vent, fait ap­pel au ré­seau de Ma­too­ma », pré­cise-t-il.

Une cou­ver­ture eu­ro­péenne

L’eu­ro­péa­ni­sa­tion d’une ac­ti­vi­té est un gage de réus­site. Or, dé­jà pré­sente en France et en Espagne, Ma­too­ma vient d’an­non­cer son dé­ploie­ment dans cinq autres pays d’Europe : l’Ita­lie, la Suisse, l’Al­le­magne, le Luxem­bourg et la Bel­gique. C’est une « stra­té­gie di­gi­tale » que Ma­too­ma ap­plique au­jourd’hui pour son dé­ploie­ment dans les cinq pays eu­ro­péens pré­ci­tés. Pour ac­com­pa­gner au mieux cette eu­ro­péa­ni­sa­tion de son ac­ti­vi­té, Ma­too­ma a aus­si pré­vu de re­cru­ter 15 per­sonnes d’ici la fin de l’an­née. L’en­tre­prise va alors pro­po­ser des ser­vices dans deux nou­velles langues – l’al­le­mand et l’ita­lien- et elle va ren­for­cer ses ser­vices en langue an­glaise. Ac­tuel­le­ment, Ma­too­ma s’ap­puie sur 47 per­sonnes. L’an pas­sé, son chiffre d’af­faires a at­teint 8 mil­lions d’eu­ros. Pour 2018, la so­cié­té pré­voit un mon­tant de 11 M€, ce qui re­pré­sen­te­rait une crois­sance de 45 % par rap­port à 2017. Les prin­ci­paux mar­chés de Ma­too­ma sont les so­lu­tions de main­tien à do­mi­cile des per­sonnes en dif­fi­cul­té – Ma­too­ma dé­tient 95 % de ce mar­ché en France –, les alarmes avec de­mande d’iden­ti­fi­ca­tion (Ma­too­ma s’ar­roge 50 % de ce mar­ché dans l’Hexa­gone), les sys­tèmes d’éner­gie ( comp­teurs d’élec­tri­ci­té, d’eau…, bornes de re­charge élec­trique…) et les as­cen­seurs – du fait de l’ar­rêt du ré­seau té­lé­pho­nique com­mu­té, par où était trans­mis le si­gnal d’ur­gence, et de la né­ces­si­té de re­cou­rir au ré­seau GSM. Ma­too­ma re­ven­dique quelque 2 500 clients. Les pro­fils de ces der­niers dif­fèrent gran­de­ment : du grand groupe ( Le­grand, Mon­dial As­sis­tance…) à la start-up. Celle-ci peut faire l’ob­jet d’un ac­com­pa­gne­ment par le ser­vice Ma­tooPass (prêt de cartes SIM, ana­lyse des be­soins et de la fai­sa­bi­li­té, conseils pour la réa­li­sa­tion de pro­to­types puis pour la com­mer­cia­li­sa­tion des pro­duits…). Et comme il vaut mieux an­ti­ci­per les be­soins des clients, Ma­too­ma peau­fine sans cesse son offre de ser­vices. Une nou­velle ver­sion du M2MMa­na­ger, la pla­te­forme de ges­tion de connec­ti­vi­té M2M de Ma­too­ma, vient de voir le jour. Elle est do­tée d’une nou­velle in­ter­face gra­phique ain­si que de nou­velles fonc­tion­na­li­tés – comme le sui­vi en temps réel de la consom­ma­tion. En outre, l’en­tre­prise va dé­mar­rer, en 2019, la com­mer­cia­li­sa­tion d’un dis­po­si­tif de prise en main à dis­tance des ob­jets connec­tés, à la ma­nière de TeamVie­wer pour les PC – de fa­çon à ga­ran­tir à ses clients la té­lé­main­te­nance de leurs parcs d’ob­jets connec­tés.

< Dé­jà pré­sent en France et en Espagne, Ma­too­ma vient d’an­non­cer son dé­ploie­ment dans cinq autres pays d’Europe : l’Ita­lie, la Suisse, l’Al­le­magne, le Luxem­bourg et la Bel­gique.

< Les so­lu­tions Ma­too­ma in­té­ressent au pre­mier chef tout ce qui touche à la sé­cu­ri­té des biens et des per­sonnes, un do­maine qui exige une très forte ré­ac­ti­vi­té. Ma­too­ma re­ven­dique d’ailleurs 95 % du mar­ché fran­çais des so­lu­tions de main­tien à do­mi­cile.

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