Les pro­ces­seurs mul­ti­coeurs de Kalray visent les da­ta­cen­ters et l’au­to­mo­bile

Après une en­trée en Bourse réus­sie, Éric Baissus, pré­sident de Kalray, re­vient sur le dé­ve­lop­pe­ment et la stra­té­gie du four­nis­seur de pro­ces­seurs mul­ti­coeurs.

Electronique S - - Dossier - PRO­POS RECUEILLIS PAR FRÉ­DÉ­RIC RÉMOND

Vous ve­nez de le­ver 43,5 M€ en Bourse, comment al­lez-vous les uti­li­ser ?

ÉRIC BAISSUS Nous avons ef­fec­ti­ve­ment réa­li­sé la plus im­por­tante le­vée de fonds sur le mar­ché d’Euronext Growth. Elle nous per­met­tra de fi­nan­cer notre road­map tech­no­lo­gique des pro­chaines gé­né­ra­tions de pro­ces­seurs in­tel­li­gents, en par­ti­cu­lier notre 3e gé­né­ra­tion Coo­lidge dès 2019, et d’ac­cé­lé­rer le dé­ploie­ment com­mer­cial à grande échelle de nos pro­duits sur les deux mar­chés à fort po­ten­tiel que nous ci­blons : les da­ta­cen­ters et les voi­tures in­tel­li­gentes.

Pour­quoi avoir choi­si l’in­tro­duc­tion en bourse au lieu de conti­nuer à re­cou­rir à des in­ves­tis­seurs pu­blics et pri­vés comme lors des pré­cé­dentes le­vées de fonds ?

ÉRIC BAISSUS En plus de nous do­ter des moyens né­ces­saires à la mise en oeuvre de notre stra­té­gie de dé­ve­lop­pe­ment, la Bourse nous offre une belle vi­trine et as­soit notre cré­di­bi­li­té vis-à-vis de nos clients, dont de très grands groupes in­dus­triels mon­diaux, quant à notre ca­pa­ci­té à les ap­pro­vi­sion­ner en grands vo­lumes sur des mar­chés mon­diaux.

Comment votre stra­té­gie a-t-elle évo­lué ces der­nières an­nées ?

ÉRIC BAISSUS Pour rap­pel, j’ai re­joint Kalray en 2014 au poste de pré­sident et mis en place une nou­velle feuille de route à par­tir de 2015. Celle-ci vi­sait à ci­bler et ex­plo­rer deux mar­chés pro­met­teurs et à bâ­tir une offre pour cha­cun d’eux : ce­lui des da­ta­cen­ters in­tel­li­gents et ce­lui des vé­hi­cules in­tel­li­gents. Kalray a d’ores et dé­jà en­gran­gé des avan­cées com­mer­ciales si­gni­fi­ca­tives sur ces deux mar­chés prio­ri­taires, mar­chés re­pré­sen­tant cha­cun un po­ten­tiel de plus de 1 Md , res­pec­ti­ve­ment en 2022 (da­ta­cen­ters) et 2025 (voi­ture in­tel­li­gente). Sur le mar­ché des da­ta­cen­ters, trois fa­bri­cants de ser­veurs sont au­jourd’hui en phase d’in­té­gra­tion de la so­lu­tion Kalray et de qua­li­fi­ca­tion de leur propre pro­duit pour une mise sur le mar­ché dé­but 2019. La so­lu­tion Kalray est aus­si en éva­lua­tion chez de très gros construc­teurs de ser­veurs de sto­ckage et de da­ta­cen­ters, qui pour­raient être ame­nés à sé­lec­tion­ner la tech­no­lo­gie de Kalray dans les mois à ve­nir, pour des pro­duc­tions à très fort vo­lume à par­tir de 2020. Au­jourd’hui, les mar­chés sont prêts et les offres aus­si, comme en té­moigne la ré­cente cer­ti­fi­ca­tion de notre so­lu­tion KTC ( Kalray Tar­get Con­trol­ler), un ja­lon im­por­tant qui dé­montre la grande ma­tu­ri­té des so­lu­tions de sto­ckage in­tel­li­gent conçues pour les da­ta­cen­ters et les ar­chi­tec­tures cloud. Sur le mar­ché du vé­hi­cule in­tel­li­gent, le pro­ces­seur de Kalray est au­jourd’hui en phase d’éva­lua­tion chez sept clients po­ten­tiels, dont cinq construc­teurs du top 10 mon­dial, et est no­tam­ment in­té­gré dans le pro­jet dé­fi­nis­sant la nou­velle ar­chi­tec­ture élec­tro­nique de tous les vé­hi­cules d’un construc­teur fi­gu­rant dans le top 3 mon­dial. Pa­ral­lè­le­ment, nous sommes très heu­reux d’avoir ac­cueilli l’al­liance Re­nault- Nis­san-Mit­su­bi­shi à notre ca­pi­tal, fruit d’an­nées de col­la­bo­ra­tion et de notre pré­sence dans le concept-car Sym­bioz.

En quoi vos pro­ces­seurs convien­nen­tils aux ap­pli­ca­tions in­for­ma­tiques haut de gamme ?

ÉRIC BAISSUS Les pro­ces­seurs gra­phiques ont des ar­chi­tec­tures très per­for­mantes pour faire du cal­cul pur. En re­vanche, ils doivent être com­plé­tés par d’autres types de pro­ces­seurs pour exé­cu­ter des fonc­tions de lo­gique (par exemple des arbres de dé­ci­sions) ou de contrôle pour les­quelles ils ne sont pas per­for­mants. D’autre part, ces ar­chi­tec­tures sup­portent mal d’exé­cu­ter des fonc­tions dif­fé­rentes en pa­ral­lèle, en par­ti­cu­lier des fonc­tions ayant des contraintes de dé­ter­mi­nisme. Ce qui en­traîne des sys­tèmes plus com­plexes et plus coû­teux au fi­nal. Les pro­ces­seurs in­tel­li­gents de Kalray re­posent sur un nou­veau type d’ar­chi­tec­ture de pro­ces­seur, dit ma­ny­core, qui pro­voque une réelle dis­con­ti­nui­té par r ap­port aux tech­no­lo­gies dis­po­nibles ac­tuel­le­ment sur le mar­ché (dites multi

core). Alors que nos concur­rents font évo­luer leurs pro­duits pour ten­ter de ré­pondre aux be­soins des sys­tèmes in­tel­li­gents et de l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, notre ar­chi­tec­ture a été pen­sée pour ces usages.

Dans quelle me­sure les di­men­sions fran­çaise et eu­ro­péenne de Kalray sont-elles un atout ?

ÉRIC BAISSUS Kalray est une so­cié­té glo­bale avec des clients et pros­pects dans le monde en­tier. Nous sommes ba­sés à Gre­noble et So­phia An­ti­po­lis, à Los Al­tos en Ca­li­for­nie et à Tokyo au Ja­pon. Mais la di­men­sion fran­çaise et eu­ro­péenne de Kalray est in­dé­nia­ble­ment im­por­tante dans le monde de l’au­to­mo­bile, de la dé­fense et de l’aé­ro­nau­tique !

ÉRIC BAISSUS, pré­sident de Kalray

Être co­té en Bourse as­soit notre cré­di­bi­li­té vis-à-vis de nos clients, dont de très grands groupes in­dus­triels, quant à notre ca­pa­ci­té à les ap­pro­vi­sion­ner en grands vo­lumes sur des mar­chés mon­diaux.

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