Phy­si­dia : la PME qui a ré­vo­lu­tion­né l’hé­mo­dia­lyse

La S3 est un ap­pa­reil d’hé­mo­dia­lyse à do­mi­cile qui change ra­di­ca­le­ment la vie du ma­lade. La start-up Phy­si­dia, qui est à l’ori­gine de cette ma­chine, met au­jourd’hui l’ac­cent sur l’in­ter­na­tio­nal. Elle vise un chiffre d’af­faires de 70 à 80 mil­lions d’eu­ros

Electronique S - - Dossier - DI­DIER GI­RAULT

Ayant vu le jour en 2011 au sein de la so­cié­té mère OEM De­ve­lop­ment, sous l’im­pul­sion de l’in­ven­teur Mi­chel Hou­dou, Pdg d’OEM De­ve­lop­ment et de Crea­tive Eu­re­com, un bu­reau d’études re­con­nu pour ses in­no­va­tions, Phy­si­dia, est à l’ori­gine d’un ap­pa­reil qui a ré­vo­lu­tion­né l’hé­mo­dia­lyse. La S3 (nom ti­ré de « sim­pli­ci­té », « sé­cu­ri­té » et « sté­ri­li­té ») per­met en ef­fet une hé­mo­dia­lyse quo­ti­dienne à do­mi­cile en deux heures de temps, qui rem­place avan­ta­geu­se­ment les 3 séances heb­do­ma­daires, de 4 à 6 heures cha­cune, de l’hé­mo­dia­lyse conven­tion­nelle pra­ti­quée dans les centres hos­pi­ta­liers. L’hé­mo­dia­lyse à do­mi­cile amé­liore gran­de­ment la vie du dia­ly­sé puisque ce­lui-ci re­de­vient maître de son temps – il n’a plus à pro­gram­mer des séances à l’hô­pi­tal – et se ré­ins­crit dans le monde du tra­vail – la séance quo­ti­dienne de 2 heures peut être pro­gram­mée le soir, par exemple. En ré­su­mé, l’uti­li­sa­tion de la S3 ac­croît sin­gu­liè­re­ment l’au­to­no­mie des hé­mo­dia­ly­sés et leur ap­porte du confort. À no­ter que la ma­chine S3 ne pèse que 22 kg. En outre, la pratique quo­ti­dienne de l’hé­mo­dia­lyse évite l’in­toxi­ca­tion liée à la stag­na­tion des dé­chets dans le sang, ce qui éli­mine des symp­tômes in­dé­si­rables (cé­pha­lées, fa­tigue…). En­fin, le sys­tème a été con­çu de fa­çon à en fa­ci­li­ter l’uti­li­sa­tion par le ma­lade avec une qua­li­té ir­ré­pro­chable : ain­si, la S3 fonc- tionne avec des poches de dia­ly­sat sté­riles je­tables (plus be­soin de dés­in­fec­tion…).

2017 : le dé­but des ex­por­ta­tions

En 2011, Phy­si­dia, qui a dé­mar­ré avec 2 per­sonnes, a fait ap­pel à des fonds ré­gio­naux pour ac­qué­rir un bre­vet et dé­ve­lop­per la S3, ma­chine qui fait ap­pel à plu­sieurs tech­no­lo­gies (élec­tro­nique, mé­ca­nique, pneu­ma­tique, hy­drau­lique…). Entre 2011 et 2016, la start-up a donc mis au point la S3 et a com­men­cé à la com­mer­cia­li­ser en France ; cet équi­pe­ment est fa­bri­qué chez Cross­way, un sous-trai­tant en élec­tro­nique du groupe OEM De­ve­lop­ment. Le prix de vente de la ma­chine est de l’ordre 20 000 eu­ros. Les ache­teurs sont sur­tout des as­so­cia­tions de dia­ly­sés (l’Au­ra en Île-de-France, l’Écho à Nantes…), les coûts de dia­lyse étant pris à 100 % en charge par la Sé­cu­ri­té so­ciale. À no­ter qu’une par­tie du chiffre d’af­faires de Phy­si­dia pro­vient des ventes de consom­mables (poches de dia­ly­sat sté­riles) qui sont l’équi­valent des car­touches d’encre pour l’im­pri­mante. Lors de son exer­cice fis­cal 2016 -2017 (clos fin mars 2017), Phy­si­dia a réa­li­sé un chiffre d’af­faires de 3,4 M se­lon so­cié­té.com. Lors de l’exer­cice 2017-2018, les ventes ont re­pré­sen­té quelque 5 M . Et au­jourd’hui, il y a en­vi­ron 160 ma­chines S3 en fonc­tion­ne­ment – pra­ti­que­ment toutes en France. Pour que Phy­si­dia pro­gresse, il lui faut ex­por­ter en masse la S3. Aus­si, avec cet ob­jec­tif en tête, les res­pon­sables de la PME ont, en oc­tobre 2016, le­vé 15 M au­près d’un fonds d’in­ves­tis­se­ment fa­mi­lial spé­cia­li­sé dans l’ac­com­pa­gne­ment des en­tre­prises du mé­di­cal. Pour me­ner à bien ce dé­ve­lop­pe­ment à l’in­ter­na­tio­nal, le nou­veau conseil d’ad­mi­nis­tra­tion a nom­mé à la di­rec­tion gé­né­rale de l’en­tre­prise, Jé­rôme Au­gus­tin, un fa­mi­lier de l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique et du mé­di­cal. M. Au­gus­tin di­ri­geait au­pa­ra­vant la so­cié­té amé­ri­caine AMS (Ame­ri­can Me­di­cal Sys­tems). Ci­blant, pour son exer­cice 20202021, unCA de 70 à 80 M–dont 80 % à l’in­ter­na­tio­nal, Phy­si­dia dis­pose au­jourd’hui d’une fi­liale au Royaume-Uni et de dis­tri­bu­teurs dans plu­sieurs pays d’Europe. En outre, l’en­tre­prise tra­vaille à l’ob­ten­tion d’une cer­ti­fi­ca­tion FDA (Food andD­rug Ad­mi­nis­tra­tion ), in­dis­pen­sable à la com­mer­cia­li­sa­tion de la S3 aux États-Unis. Le prin­ci­pal pro­blème pour les ventes hors Hexa­gone ré­side dans les dif­fé­rences de lé­gis­la­tions na­tio­nales re­la­tives aux ap­pa­reils mé­di­caux. En 2017, Phy­si­dia (37 per­sonnes) a dé­mé­na­gé dans de nou­veaux lo­caux, tou­jours à Saint-Bar­thé­lé­my-d’An­jou (49).

‘ La S3 as­sure une hé­mo­dia­lyse quo­ti­dienne à do­mi­cile en deux heures. Elle rem­place avan­ta­geu­se­ment les 3 séances heb­do­ma­daires de 4 à 6 heures cha­cune de l’hé­mo­dia­lyse conven­tion­nelle pra­ti­quée dans les centres hos­pi­ta­liers.

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