CONNAISSEZ-VOUS LA PENSÉE (VRAI­MENT) MA­GIQUE ?

LE SAR, SORTE DE NOU­VELLE MÉTHODE COUÉ, PRO­MET DE RÉA­LI­SER NOS RÊVES LES PLUS FOUS. PLU­TÔT TENTANT, NON ? ASSURÉMENT POUR LE DR AGA, QUI L’A TESTÉE POUR NOUS.

ELLE (France) - - TENDANCE - ALIX GIROD DE L’AIN PAR

Se re­pro­gram­mer men­ta­le­ment afin de réa­li­ser ses rêves, c’est la pro­messe de « La Ré­ponse », le nou­veau livre d’Al­lan et Bar­ba­ra Pease (éd. First), deux psy­cho­logues aus­tra­liens dont vous avez sû­re­ment en­ten­du par­ler. « Pour­quoi les hommes n’écoutent ja­mais rien et les femmes ne savent pas lire les cartes rou­tières », un de leurs cé­lèbres best-sel­lers, s’est ven­du à 27 mil­lions d’exem­plaires dans le monde. Le couple, dont le dis­cours ne fait pas dans la den­telle – il s’agit plus d’un coa­ching de rug­by­men que de thé­ra­pie fine – a ses dé­trac­teurs, mais les dis­ciples des Pease sortent tou­jours de leurs livres amu­sés, re­quin­qués et prêts à re­par­tir d’un bon pied. C’est par­ti­cu­liè­re­ment vrai pour « La Ré­ponse » qui mo­der­nise et re­met au goût du jour la vé­né­rable méthode Coué, en l’en­ri­chis­sant des der­nières dé­cou­vertes des cher­cheurs en psy­chia­trie.

TOUT SA­VOIR SUR LE SAR

Pour les Pease, tout se joue au ni­veau du SAR, le « sys­tème d’ac­ti­va­tion ré­ti­cu­laire », un en­semble de fibres neu­ro­nales si­tué dans le tronc cé­ré­bral. Il s’agit en quelque sorte du poste de com­man­de­ment du cerveau : sur les 400 mil­lions d’in­fos di­verses (images, sons, odeurs, sou­ve­nirs) dont cha­cun de nous est bom­bar­dé chaque se­conde, plus de 99 % sont fil­trées par notre SAR. Sans lui, on de­vien­drait fou, tout sim­ple­ment ! Et la bête est ru­sée, car elle agit comme un mis­sile gui­dé par in­fra­rouges. Par exemple, quand on at­tend un bé­bé et qu’on se met

à voir des femmes en­ceintes par­tout, ou qu’on a l’im­pres­sion d’en­tendre six fois par jour une chan­son que l’on adore, c’est à cause de notre SAR. D’après les Pease, si tant de gens avancent d’échec en dé­cep­tion, c’est parce que leur pi­lo­tage au­to­ma­tique est dé­ré­glé. C’est comme si, au moment de prendre des dé­ci­sions et de s’y te­nir, leur cerveau « bug­gait ». Les rai­sons sont mul­tiples : tout ce qu’on a pu en­tendre de ra­bat-joie quand on était en­fant (« sois rai­son­nable », « ne te crois pas plus ma­ligne que les autres »), ce qu’on en­tend en­core adulte (« les hommes sont tous les mêmes », « contente-toi de ce que tu as, » etc.), les in­évi­tables plan­tages que cette chienne de vie nous concocte, mais le ré­sul­tat est le même : biai­sés, les filtres de notre SAR nous condi­tionnent pour échouer en­core. La bonne nou­velle, c’est qu’on peut par­fai­te­ment ré­édu­quer notre vieux Pen­tium et le trans­for­mer en GPS vers la win. D’où une thé­ra­pie en plu­sieurs étapes.

TROU­VER SES RÊVES

Chan­ger, d’ac­cord, mais pour faire quoi ? Le big bang com­mence avec une simple feuille de pa­pier et un sty­lo. Il s’agit de lis­ter une ving­taine d’en­vies tous azi­muts, aus­si bien très an­ciennes que ré­centes. Ça peut être « cou­rir un ma­ra­thon, de­ve­nir mé­de­cin, avoir les moyens de mar­cher en Lou­bou­tin, sa­voir cui­si­ner la joue de boeuf, cou­cher avec Ryan Gos­ling », peu im­porte que ça soit réa­liste ou pas, seules deux choses comptent : il faut que ces rêves soient bien an­crés et non im­pro­vi­sés sur l’ins­tant, et il faut les écrire à la main. Les Pease, qui ne craignent ja­mais les exemples too much, citent deux groupes de gens au­jourd’hui très riches qui avaient fait cet exer­cice à l’âge de 25 ans : le pre­mier groupe a fait sa liste à l’or­di­na­teur, ils sont de­ve­nus mil­lion­naires. Le se­cond a ré­di­gé sa liste à la main et de­vi­nez quoi ? Ils sont tous mil­liar­daires. Pour le couple de coachs, c’est fa­cile à com­prendre : le cerveau in­tègre dix fois mieux un ma­nus­crit. Quant au « comment y ar­ri­ver ? » (cou­cher avec Ryan Gos­ling, vrai­ment ?) au­cun pro­blème : Al­lan et Bar­ba­ra af­firment que le SAR, ce mis­sile à tête cher­cheuse, nous y condui­ra qua­si tout seul (pour­vu qu’il soit équi­pé d’une fonc­tion qui vi­tri­fie Eva Mendes à la de­mande).

TRANS­FOR­MER SES RÊVES EN OB­JEC­TIFS

Quelques jours après avoir ré­di­gé la liste, le SAR de­vrait avoir dé­jà mis notre sub­cons­cient au bou­lot. Cer­taines choses vont sem­bler moins im­por­tantes, et d’autres se dé­ta­cher. Se­lon toute vrai­sem­blance, le dé­sir de chan­ge­ment pro­fes­sion­nel de­vrait se re­trou­ver en tête de gon­dole. Les sta­tis­tiques ci­tées par les Pease sont af­fo­lantes : 8 per­sonnes sur 10 n’aiment pas leur mé­tier, 67 % des gens ne s’in­ves­tissent pas à fond dans leur tra­vail et 24 % sont com­plè­te­ment dé­mo­ti­vés. (You­pi.) On com­mence donc par hié­rar­chi­ser les choses qui res­tent sur la liste, puis on les re­for­mule de fa­çon po­si­tive (ex : on ne dit pas « je veux ar­rê­ter de fu­mer » mais « je veux être une non­fu­meuse ») et con­crète. Pour ai­der notre cerveau à nous ai­der, il faut être le plus pré­cis pos­sible. Écrire « de­ve­nir riche » ne sert à rien, en re­vanche, dé­ci­der « à 40 ans, je veux avoir un mil­lion d’eu­ros et plus de dettes » est ex­cellent pour le SAR. Autre truc : la vi­sua­li­sa­tion men­tale. Ima­gi­ner la mai­son de ses rêves, la forme de sa fu­ture pis­cine, se voir en train de sou­le­ver un tro­phée spor­tif, de ser­rer la main d’une star de sa pro­fes­sion, tout ça met notre ca­boche en condi­tion, les win­ners in­ter­ro­gés par les Pease sont for­mels.

Y A PLUS QU’À

Le man­tra des coachs aus­tra­liens est le sui­vant : « un rêve + une date = un ob­jec­tif », donc on se fait un plan­ning dé­taillé : « Le 15 sep­tembre 2017, je pè­se­rai 59 ki­los ; le 24 dé­cembre 2017, j’aurai de­man­dé une aug­men­ta­tion de 200 € ; le 23 fé­vrier 2018, je des­cen­drai une piste en snow­board sans tom­ber, etc. » que l’on af­fiche par­tout : sur le fri­go, dans son agen­da, en fond d’écran… Deux choses sont fon­da­men­tales : avoir cer­tains buts réa­li­sables fa­ci­le­ment et ra­pi­de­ment (ex : ap­prendre à bien na­ger le crawl) et d’autres à plus long terme (ex : lais­ser tom­ber la comp­ta pour de­ve­nir scé­na­riste de sé­ries), que l’on prend soin de dé­com­po­ser en « pe­tites bou­chées », c’est-à-dire en sous-ob­jec­tifs réa­listes (an­nuels, men­suels, quo­ti­diens). Ces dates bu­toir sont in­dis­pen­sables pour ai­der notre chi­mie psy­cho­lo­gique à gar­der le rythme, mais on pour­ra adap­ter les échéances si on ren­contre des dif­fi­cul­tés : les Pease es­timent que « Échouer ce n’est pas tom­ber, échouer c’est ne pas se re­le­ver », af­firment « Par­tez du prin­cipe que vous al­lez réussir. La seule ques­tion c’est “quand“? » et ne dé­testent pas ci­ter les grands gou­rous du coa­ching, tel Zig Zi­glar : « Le maître a su­bi plus d’échecs que le dé­bu­tant n’a fait de ten­ta­tives. » À mé­di­ter !

ÉCRIRE “DE­VE­NIR RICHE“NE SERT À RIEN, MAIS DÉ­CI­DER “À 40 ANS, JE VEUX AVOIR UN MIL­LION D’EU­ROS ET PLUS DE DETTES“EST EX­CELLENT.

COMMENT TE­NIR BON

Dans leur livre, Al­lan et Bar­ba­ra Pease dé­taillent des tonnes de pe­tits trucs pour réa­li­ser des ob­jec­tifs. Cer­tains re­lèvent du bon sens : at­ten­tion à ne dé­voi­ler vos pro­jets qu’à des per­sonnes bien in­ten­tion­nées, comment iden­ti­fier et se dé­bar­ras­ser de nos ha­bi­tudes im­pro­duc­tives, etc. D’autres sont is­sus de la psy­cho­lo­gie po­si­tive : ils sou­lignent l’im­por­tance de la vi­sua­li­sa­tion et de la ré­pé­ti­tion men­tale chères aux grands spor­tifs, donnent des chiffres en­cou­ra­geants (87 % du temps on a peur pour rien) et dé­ve­loppent l’in­té­res­sante théo­rie du 80-20, qui ex­plique entre autres pour­quoi 20 % de nos ef­forts peuvent – et doivent – four­nir 80 % de nos suc­cès. En­fin, ils dis­til­lent quelques bons coups de boule qui ne man­que­ront pas de faire sur­sau­ter le lec­teur fran­çais (les lo­sers sont res­pon­sables à 100 % de leurs échecs, si vous vous en­tou­rez de per­dants, vous fi­ni­rez comme eux…). Mais, cette ré­serve mise à part, l’au­teure de cet ar­ticle a la fier­té d’in­for­mer les lec­trices que le pre­mier de ses nou­veaux et am­bi­tieux pro­jets de vie (un poids avant maillot, qu’elle ne dé­voi­le­ra pas ici), pré­vu pour le 1er juillet, a été at­teint le 1er juin, et ce, en sui­vant pas à pas – et sans trop de dou­leur – les pré­ceptes de « La Ré­ponse ». Pour de­ve­nir dan­seuse étoile, ça de­vrait être chose faite le

13 mai 2021.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.