Les si­gnaux du tra­vail ! ....................................... 53

Enceinte & Accoucher - - Sommaire -

Cer­tains chan­ge­ments dans le corps de la fu­ture ma­man an­noncent que la nais­sance du bé­bé est im­mi­nente. Voi­ci com­ment ces chan­ge­ments se ma­ni­festent ha­bi­tuel­le­ment et com­ment la femme peut ap­prendre à les in­ter­pré­ter toute seule en sé­cu­ri­té.

Ces neuf mois sem­blaient une éter­ni­té et pour­tant vous avez l’im­pres­sion qu’ils ont pas­sé en un ins­tant. Le bé­bé ré­clame dé­sor­mais à naître et la ma­man per­çoit clai­re­ment ce “dé­sir”. Les contrac­tions uté­rines qui, pen­dant la gros­sesse, étaient spo­ra­diques, de­viennent main­te­nant plus in­tenses et ré­gu­lières et le bou­chon de mu­cus qui fer­mait le col de l’uté­rus se dé­tache. Quand ces signes ar­rivent, en gé­né­ral l’ac-

cou­che­ment s’an­nonce pour les

heures sui­vantes. Par contre une fois que la rup­ture des mem­branes a eu lieu, il faut se rendre aus­si­tôt à l’hô­pi­tal. Voi­ci quels sont les symp­tômes à contrô­ler et com­ment faire pour les in­ter­pré­ter.

Que se passe-t’il ?

- L’ac­cou­che­ment est le pro­ces­sus à tra­vers le­quel le foe­tus est ex­pul­sé de l’uté­rus. Il se di­vise en trois par­ties : di­la­ta­tion du col uté­rin (tra­vail), sor­tie du bé­bé, ex­pul­sion du pla­cen­ta (ap­pe­lée aus­si dé­li­vrance). - Le tra­vail com­mence quand les contrac­tions se suivent à in­ter­valles ré­gu­liers de cinq à dix mi­nutes et ont une du­rée d’en­vi­ron qua­rante se­condes. Chez les femmes qui ont dé­jà eu des en­fants, le tra­vail est en gé­né­ral plus bref que chez les pri­mi­pares (celles qui en sont à leur pre­mier en­fant). - On ne connaît pas avec exac­ti­tude le mé­ca­nisme qui fait com­men­cer l’ac­cou­che­ment. On re­tient qu’à un cer­tain point c’est le bé­bé lui-même qui dé­cide de naître. Son cer­veau par le biais de l’hy­po­physe (une glande), sti­mu­le­rait le pla­cen­ta à pro­duire de la pro­ges­té­rone, une hor­mone qui met en cir­cu­la­tion une grande quan­ti­té de pros­ta­glan­dine, des sub­stances chi­miques qui agissent sur l’uté­rus, en en aug­men­tant les contrac­tions.

LES CONTRAC­TIONS

Qu’est-ce que c’est ?

- l’uté­rus est consti­tué de fais­ceaux de muscles in­vo­lon­taires (c’est-à-dire qui ne peuvent pas

se com­man­der vo­lon­tai­re­ment), les­quels ont ten­dance à se contrac­ter quand ils sont sou­mis à une sti­mu­la­tion hor­mo­nale, comme ce­la ar­rive jus­te­ment pen­dant la gros­sesse.

- du­rant les der­nières heures de la gros­sesse a lieu une aug­men­ta­tion du ni­veau des hor­mones. Ces sub­stances chi­miques, en en­trant en cir­cu­la­tion dans les vais­seaux san­guins, font aug­men­ter les contrac­tions, en les ren­dant au fur et à me­sure tou­jours plus in­tenses et fré­quentes.

- La sen­sa­tion que l’on éprouve est celle d’une gaine qui ap­puie avec force au­tour du ventre et du dos. S’il on est de­bout ou que l’on marche, ce­la de­vient né­ces­saire de s’ap­puyer ou de s’as­seoir jus­qu'à ce que la contrac­tion soit ter­mi­née.

Com­bien de temps reste-t’il avant l’ac­cou­che­ment ?

- D’ha­bi­tude, il reste en­core de nom­breuses heures avant l’ac­cou­che­ment, quand la fu­ture ma­man com­mence à res­sen­tir les pre­mières contrac­tions du tra­vail.

Que faire ?

- res­tez chez vous, cher­chez à vous re­laxer au­tant que pos­sible et contrô­lez la fré­quence et la du­rée des contrac­tions. - il est bon de se rendre aus­si­tôt à l’hô­pi­tal quand les contrac­tions com­mencent à se pré­sen­ter avec ré­gu­la­ri­té, avec des in­ter­valles de cinq-dix mi­nutes entre chaque contrac­tion, et durent en­vi­ron qua­rante se­condes cha­cune.

LA PERTE DU BOU­CHON MU­QUEUX

qu’est-ce que c’est ?

- pen­dant la gros­sesse, le mu­cus fi­lant et li­quide qui nor­ma­le­ment est pré­sent dans le col de l’uté­rus, de­vient plus épais et vis­queux, jus­qu'à for­mer une couche consis­tante qui consti­tue ce que l’on ap­pelle le “bou­chon”. - L’épais­sis­se­ment du mu­cus sert à blo­quer la voie d’ac­cès à d’éven­tuelles in­fec­tions bac­té­riennes qui pour­raient nuire au foe­tus. Dans la phase fi­nale de la gros­sesse, le bou­chon sort à cause des contrac­tions qui, en ren­dant plus souple le col de l’uté­rus, en fa­ci­litent l’ou­ver­ture. Il peut fa­ci­le­ment ar­ri­ver que ce mu­cus pré­sente des striures de sang.

Com­bien de temps avant l’ac­cou­che­ment ?

- Ce n’est pas un si­gnal d’ac­cou­che­ment im­mi­nent. Le bou­chon de mu­cus peut se dé­ta­cher quelques se­maines avant le tra­vail. Du reste, d’autres fois il est ex­pul­sé quand le tra­vail est dé­jà si avan­cé que la perte passe in­aper­çue. - La perte du bou­chon a tou­jours lieu avant la perte des eaux. C’est la pre­mière dé­fense à sau­ter pour per­mettre la sor­tie du bé­bé.

Que faire ?

- après la perte du bou­chon mu­queux, il faut at­tendre chez soi le dé­but du tra­vail. Par contre si le mu­cus pré­sente des traces consis­tantes de sang (et qu’il n’est pas sim­ple­ment strié) il est bon de se rendre aus­si­tôt à l’hô­pi­tal pour un contrôle.

LA RUP­TURE DES MEM­BRANES OU PERTE DES EAUX qu’est-ce que c’est ?

- Elle a lieu quand le li­quide dans le­quel se trouve le foe­tus sort du sac am­nio­tique. La rup­ture des mem­branes (ou perte des eaux) à lieu à cause de la pres­sion exer­cée par le poids de la tête du bé­bé. - Il n’est pas dit que la rup­ture ait lieu de fa­çon im­pro­vi­sée, par­fois le li­quide sort goutte à goutte et est confon­du avec une perte va­gi­nale plus abon­dante.

Com­bien de temps avant l’ac­cou­che­ment ?

- Sou­vent, la rup­ture des mem­branes a lieu alors que le tra­vail est dé­jà avan­cé, mais elle peut aus­si avoir lieu dans les 24 heures qui pré­cé­dent le dé­but des contrac­tions.

On ne connaît pas avec exac­ti­tude le mé­ca­nisme qui fait com­men­cer l’ac­cou­che­ment. On re­tient qu’à un cer­tain point c’est le bé­bé lui­même qui dé­cide de naître.

Que faire ?

- Si l’on re­marque des pertes aqueuses plu­tôt consis­tantes, il est bon de se rendre aus­si­tôt à l’hô­pi­tal pour un contrôle. Le mé­de­cin ef­fec­tue­ra avec un tam­pon un pré­lè­ve­ment va­gi­nal, pour vé­ri­fier si les pertes sont vrai­ment du li­quide am­nio­tique.

Qu’ob­serve le gy­né­co­logue ?

- Pour vé­ri­fier si le tra­vail a com­men­cé le mé­de­cin ef­fec­tue une vi­site gy­né­co­lo­gique spé­ciale, qui ana­lyse le ni­veau de di­la­ta­tion de l’uté­rus. Les contrac­tions en fait, ont ten­dance à as­sou­plir le col de l’uté­rus, en fa­ci­li­tant la di­la­ta­tion, en­suite le col de l’uté­rus d’une femme dont le tra­vail a dé­jà com­men­cé pré­sente cer­taines ca­rac­té­ris­tiques par­ti­cu­lières. - le col de l’uté­rus est com­plè­te­ment apla­ni, c’est-à-dire très fin, parce que s’il était épais de seu­le­ment un cen­ti­mètre, il ne réus­si­rait pas à se di­la­ter.

La di­la­ta­tion est ar­ri­vée à au moins deux cen­ti­mètres. Celle-ci aug­men­te­ra en­suite d’en­vi­ron un cen­ti­mètre et de­mi par heure, jus­qu'à ar­ri­ver à l’ou­ver­ture maxi­male de dix cen­ti­mètres.

Com­ment cal­cu­ler la date de l’ac­cou­che­ment ?

- Une gros­sesse dure en moyenne 266 jours. Ce terme se cal­cule en par­tant de la date de la concep­tion, c’est-à-dire quand le sper­ma­to­zoïde a fé­con­dé l’ovule. - il faut comp­ter 280 jours à par­tir du pre­mier jour des der­nières règles, pour sa­voir quand au­ra lieu l’ac­cou­che­ment. En fait, la concep­tion a lieu en moyenne 14 jours après les der­nières règles, c’est-à-dire pen­dant la pé­riode de l’ovu­la­tion. - Ce cal­cul est ce­pen­dant très dif­fi­cile à réa­li­ser chez les femmes qui ont des règles ir­ré­gu­lières et celles qui ont à peine ar­rê­té de prendre la pi­lule. En fait, le cycle mens­truel sui­vant peut ne pas être sui­vi aus­si­tôt d’une ovu­la­tion. - Le mé­de­cin éta­blit avec une cer­taine pré­ci­sion la date de la concep­tion avec l’écho­gra­phie du pre­mier tri­mestre, qui per­met de me­su­rer la lon­gueur de l’em­bryon, celle du fé­mur et le dia­mètre de la tête, c’est-à-dire les pa­ra­mètres utiles pour éva­luer l’âge du foe­tus.

Les ré­ponses du gy­né­co­logue

Peut-on être mère à 46 ans ?

J’ai 46 ans et j’ai­me­rais avoir un en­fant. Je vou­drais sa­voir quelles sont mes chances de tom-

ber en­ceinte et de por­ter à terme cette gros­sesse et quels sont les risques. (Syl­vie.B, Nice) Si vous le dé­si­rez, il est pos­sible d’avoir un autre en­fant, mais il faut que vous ayez des cycles ré­gu­liers et que vos fol­li­cules ova­riens (c’est-à-dire la par­tie de l’ovaire où se trouvent les cel­lules oeuf) at­teignent leur ma­tu­ra­tion jus­qu'à at­teindre l’ovu­la­tion (qui est la condi­tion né­ces­saire pour pou­voir per­mettre une gros­sesse). En fait, après 45 ans peuvent ap­pa­raître cer­taines ano­ma­lies du cycle mens­truel, comme le manque d’ovu­la­tion. A votre âge il y a de plus le risque d’avoir un en­fant at­teint d’une ano­ma­lie chro­mo­so­mique, comme le syn­drome de Down. En fait, à 46 ans, la pro­ba­bi­li­té d’avoir un en­fant at­teint de ce pro­blème est d’en­vi­ron 1 pour 30 bé­bés nés à terme (à 30 ans, il est d’1 pour 950). Il est donc conseillé de se rendre dans un centre de diag­nos­tic pré­na­tal, où l’on vous don­ne­ra des ren­sei­gne­ments sur les exa­mens à faire.

Quand mon cycle re­vien­dra-t’il ?

La re­prise du cycle après l’amé­nor­rhée (ab­sence de règles) gra­vi­dique ne suit pas de règles constantes. Si vous n’al­lai­tez pas, le cycle ré­ap­pa­raît 2 à 3 mois après l’ac­cou­che­ment. Si vous al­lai­tez, le cycle re­vient en gé­né­ral après l’al­lai­te­ment.

Dois-je suivre à nou­veau un cours de préparation à l’ac­cou­che­ment ?

Quand j’ai eu mon pre­mier en­fant, il y a deux ans, j’ai sui­vi un cours de préparation à l’ac­cou­che­ment. Dans quelques mois, je vais avoir un autre en­fant et je vais ac­cou­cher dans le même hô­pi­tal. Dois-je en­core suivre ce genre de cours ? Le cours de préparation à l’ac­cou­che­ment a dif­fé­rents buts, par­mi les­quels ce­lui de four­nir aux femmes cer­taines in­for­ma­tions utiles, afin qu’elles puissent af­fron­ter l’ac­cou­che­ment de fa­çon cons­ciente, sans craintes, grâce aus­si au contact d’autres femmes qui se trouvent dans la même si­tua­tion et donc qui ont les mêmes an­goisses. Bien sûr ce cours ne doit pas être vé­cu comme une obli­ga­tion, mais comme un choix. Il est donc conseillé de suivre à nou­veau ce même cours, car s’il est bien struc­tu­ré, il se­ra à nou­veau une bonne ex­pé­rience, utile à la préparation psy­cho­lo­gique et phy­sique de l’ac­cou­che­ment.

J’ai un kyste ova­rien, puis-je avoir un autre en­fant ?

On m’a dé­cou­vert un kyste ova­rien d’en­vi­ron 3,6 cen­ti­mètres. J’ai dé­jà une fille, puis-je avoir un autre en­fant ? Et com­ment trai­ter ce kyste au­tre­ment qu’avec une pi­lule contra­cep­tive ? (Ju­lie.P, Lille)

Un kyste ova­rien est un gon­fle­ment qui se forme sur l’ovaire. Le plus fré­quem­ment c’est le kyste fol­li­cu­laire, qui touche cette par­tie de l’ovaire (les fol­li- cules) où siège et mû­rit la cel­lule oeuf. Le kyste se forme parce que la rup­ture du fol­li­cule et la li­bé­ra­tion de la cel­lule oeuf (ovu­la­tion) n’a pas lieu, ce qui a pour consé­quence le gros­sis­se­ment du fol­li­cule. En gé­né­ral, ce type de kyste ne crée pas de pro­blèmes, même si par­fois il peut in­ter­fé­rer avec le cycle mens­truel. Ces kystes n’em­pêchent ce­pen­dant pas l’ovu­la­tion du­rant les cycles sui­vants et donc de cher­cher la gros­sesse avec suc­cès. Si le kyste ne dis­pa­raît pas spon­ta­né­ment ou qu’il in­ter­fère avec le cycle mens­truel, le gy­né­co­logue conseille­ra le trai­te­ment le plus adap­té.

Ha­bi­tuel­le­ment, il faut faire des écho­gra­phies pour le diag­nos­tic et l’éva­lua­tion du kyste dans le temps. Pour ré­soudre le pro­blème le plus sou­vent il est utile de prendre une pi­lule contra­cep­tive (comme celle que vous au­ra in­di­qué votre gy­né­co­logue au­pa­ra­vant). Dans d’autres cas par contre, l’as­pi­ra­tion avec une ai­guille gui­dée par écho­gra­phie peut ré­soudre dé­fi­ni­ti­ve­ment la si­tua­tion. Dans des cas très rares, c’est un chi­rur­gien qui peut dé­ci­der d’éli­mi­ner le kyste.

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