Qu’est-ce que la crise gé­ni­tale ........................... 76

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A la nais­sance peuvent se ma­ni­fes­ter cer­tains pe­tits troubles na­tu­rels, dûs aux hor­mones re­çues par la ma­man pen­dant la vie dans l’uté­rus.

Même si le mot “crise” peut faire peur à la ma­man, “la crise gé­ni­tale” ne cache en fait rien de pré­oc­cu­pant. Elle re­pré­sente en fait un phé­no­mène na­tu­rel, qui ha­bi­tuel­le­ment se ma­ni­feste par un gros­sis­se­ment des seins, mais qui peut aus­si pro­vo­quer des pe­tites pertes va­gi­nales ou l’ap­pa­ri­tion d’un peu d’ac­né sur le vi­sage du bé­bé. Cet en­semble de lé­gers troubles peut ap­pa­raître du­rant les pre­miers jours après la nais­sance du bé­bé, et nor­ma­le­ment ils dis­pa­raissent tout seul en peu de temps (en gé­né­ral en deux-trois mois). La ma­man doit ce­pen­dant ap­pren- dre à re­con­naître les ma­ni­fes­ta­tions de cette “fausse ” crise, pour ne pas la confondre avec d’autres pro­blèmes plus graves qui peuvent tou­cher les or­ganes gé­ni­taux du bé­bé (comme par exemple les ano­ma­lies aux tes­ti­cules).

SI LES SEINS DU BÉ­BÉ GROS­SISSENT

Quel est le pro­blème ?

La crise gé­ni­tale se ma­ni­feste sou­vent par un gon­fle­ment des seins du bé­bé, ap­pe­lé “en­gor­ge­ment mam­maire”. Ce trouble touche 10 à 15 % des nou­veaux-nés et est au­tant ré­pan­du chez les pe­tits gar­çons que chez les pe­tites filles.

Ce gros­sis­se­ment est dû à la tu­mé­fac­tion des glandes mam­maires du nou­veau-né. Les oes­tro­gènes (hor­mones fé­mi­nines pro­duites par l’or­ga­nisme de la ma­man) sont res­pon­sables d’une telle conges­tion et sti­mulent ex­ces­si­ve­ment cette glande. Le gon­fle­ment de la par­tie pec­to­rale ne pro­voque pas de dou­leur. Ha­bi­tuel­le­ment, il dis­pa­raît tout seul, au bout de deux à trois mois, sans l’in­ter­ven­tion du mé­de­cin.

Com­ment se com­por­ter ?

La ma­man ne doit pas mas­ser les seins du bé­bé. En fait l’unique pro­blème qui peut dé­cou­ler du gros­sis­se­ment du sein chez les bé­bés est l’ap­pa­ri­tion de ce que l’on ap­pelle “mas­tite des nou­veaux-nés ” (une in­flam­ma­tion des glandes mam­maires). Ce type de mas­tite ap­pa­raît, ha­bi­tuel­le­ment, si la zone est tou­chée et dé­ter­mine un gros­sis­se­ment ul­té­rieur des seins, ac­com­pa­gné d’une dou­leur fa­ti­gante.

De quoi dé­pend cette crise ?

La crise gé­ni­tale est due à la pré­sence des hor­mones ma­ter­nelles qui pen­dant la gros­sesse sont trans­mises au foe­tus, à tra­vers le pla­cen­ta (l’or­gane qui lui four­nit des nu­tri­ments et de l’oxy­gène). Les hor­mones qui gé­nèrent ce type de crise sont les oes­tro­gènes, les an­dro­gènes et par­fois aus­si la pro­ges­té­rone. De telles sub­stances peuvent être pro­duites éga­le­ment par le pla­cen­ta lui-même. Le bé­bé, au mo­ment de la nais­sance, peut ne pas avoir en­core éva­cué com­plè­te­ment les hor­mones de la ma­man. Un tel re­tard est sou­vent dû, car la ma­tu­ri­té du foie du bé­bé n’est pas en­core com­plète.

QUAND L’AC­NÉ AP­PA­RAÎT ! Quel est le pro­blème ?

Du­rant les pre­miers jours après la nais­sance, ce­la peut ar­ri­ver que le vi­sage du bé­bé se couvre de pe­tits fu­roncles. Il s’agit d’une forme par­ti­cu­lière d’ac­né, qui peut ap­pa­raître les pre­miers jours et a ten­dance à dis­pa­raître au bout de quelques se­maines. Mais ce­la peut aus­si du­rer deux ou trois mois et ce­la touche aus­si bien les pe­tits gar­çons que les pe­tites filles.

Le trouble est dû aux an­dro­gènes (hor­mones mas­cu­lines pro­duites par l’or­ga­nisme de la ma­man), qui sti­mulent les glandes sé­ba­cées (qui pro­duisent du sé­bum, c’est-à-dire de la graisse) du bé­bé à sé­cré­ter une quan­ti­té ex­ces­sive de sé­bum, qui forme de mi­nus­cules dé­pôts de graisse sur la peau. Ce sont des pe­tits fu­roncles de cou­leur ro­sâtre.

L’ac­né in­fan­tile est une ré­ac­tion na­tu­relle de l’or­ga­nisme. Les bé­bés nés pré­ma­tu­rés sont moins su­jets à l’ac­né parce qu’ils ont re­çu une quan­ti­té moins im­por­tante d’hor­mones et ont les glandes sé­ba­cées moins dé­ve­lop­pées.

Com­ment se com­por­ter ?

La ma­man peut seu­le­ment s’as­su­rer que le vi­sage du bé­bé est tou­jours bien propre. Pour net­toyer la peau, il est né­ces­saire de la la­ver sou­vent avec une so­lu­tion phy­sio­lo­gique (com­po­sée d’eau et de sel). De plus il est im­por­tant de chan­ger sou­vent les draps et les ser­viettes du bé­bé, pour évi­ter l’ap­pa­ri­tion de pos­sibles in­fec­tions bac­té­riennes.

SI LE CLITORIS ET LES GRANDES LÈVRES DE LA PE­TITE FILLE GONFLENT

Quel est le pro­blème ?

Ce­la peut ar­ri­ver qu’à la nais­sance ou peu de temps après les or­ganes gé­ni­taux de la pe­tite fille soient gon­flés.Ce phé­no­mène re­pré­sente l’une des ma­ni­fes­ta­tions les moins fré­quentes de la crise gé­ni­tale, mais comme toutes les autres, elle se ré­sout toute seule, sans l’in­ter­ven­tion du mé­de­cin. En fait, ce gon­fle­ment dis­pa­raît au bout de deux mois. Le gros­sis­se­ment touche sur­tout les or­ganes gé­ni­taux ex­ternes de la pe­tite fille. En par­ti­cu­lier le clitoris (un or­gane si­tué dans la par­tie an­té­rieure de la vulve) et les grandes lèvres (les pe­tites par­ties de peau, les plus à l’ex­té­rieur aux bords du va­gin). Le gon­fle­ment vi­sible à l’oeil nu, peut être ac­com­pa­gné aus­si d’une lé­gère aug­men­ta­tion du vo­lume de l’uté­rus, que l’on peut re­mar­quer seu­le­ment lors d’une écho­gra­phie. Cet exa­men, en cas de crise gé­ni­tale, n’est pas ce­pen­dant né­ces­saire, car le trouble dis­pa­raît spon­ta­né­ment. Le gros­sis­se­ment des or­ganes gé­ni­taux de la pe­tite fille est dû aux an­dro­gènes, qui sont un type d’hor­mones mas­cu­lines pro­duites par l’or­ga­nisme de la ma­man et aus­si par le pla­cen­ta.

Com­ment se com­por­ter ?

Il n’existe pas de mé­di­ca­ments pour dé­con­ges­tion­ner les zones qui ont gros­si. La ma­man de­vra es­sayer de ne pas les tou­cher. Même, les mas­sages n’ont au­cun ef­fet, au contraire ils pour­raient ir­ri­ter ces par­ties du corps qui sont par­ti­cu­liè­re­ment dé­li­cates.

SI VOUS RE­MAR­QUEZ DES PERTES

Quel est le pro­blème ?

Chez la pe­tite fille peuvent ap­pa­raître des pe­tites pertes va­gi­nales. Elles sont tou­jours peu im­por­tantes et dure au maxi­mum une di­zaine de jours.

Les pertes peuvent être de deux sortes : celles lac­tes­centes, d’une cou­leur blan­châtre res­sem­blant à du lait, et celles plus fon­cées, qui rap­pellent les règles. Les deux sortes de pertes peuvent éga­le­ment ap­pa­raître en même temps. - Les pertes blan­châtres sont acides et sou­vent fi­lantes. Leur pré­sence est dûe aux oes­tro­gènes, un type d’hor­mones fé­mi­nines pro­duit par l’or­ga­nisme ma­ter­nel. - Les pertes plus fon­cées doivent leur cou­leur à la pré­sence de sang et sont dues à l’ef­fet de la pro­ges­té­rone (une hor­mone fé­mi­nine ty­pique de la gros­sesse) sur l’uté­rus de la pe­tite fille. En fait, cette hor­mone, sti­mule l’aug­men­ta­tion du vo­lume de l’uté­rus et par consé­quent, pro­voque l’ex­fo­lia­tion des mu­queuses, qui pro­voque les pertes con­te­nants du sang.

Com­ment se com­por­ter ?

Il est seu­le­ment né­ces­saire d’ob­ser­ver une hy­giène soi­gnée des or­ganes gé­ni­taux, de chan­ger sou­vent les couches et de la­ver sou­vent le bé­bé, en fai­sant at­ten­tion à net­toyer tous les pe­tits plis de la peau.

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