Com­ment et quand uti­li­ser le bi­be­ron ................ 72

Le bi­be­ron

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L’AL­LAI­TE­MENT MIXTE

Quand le bé­bé est nour­ri en même temps avec du lait ma­ter­nel et avec du lait en poudre, on dit que l’al­lai­te­ment est “mixte”. Ce type d’ali­men­ta­tion est ré­ser­vé dans les cas où la pro­duc­tion de lait ma­ter­nel est rare. La ma­man peut s’en rendre compte parce que le bé­bé pleure et ré­clame le sein tout le temps, car il n’est pas ras­sa­sié. Ce­pen­dant, dans la ma­jeure par­tie des cas, si la ma­man sa­tis­fait toutes ses de­mandes et l’al­laite très sou­vent (il doit y avoir une à deux heures entre deux té­tées), l’or­ga­nisme pro­duit plus de lait et l’on peut conti­nuer avec l’al­lai­te­ment ex­clu­sif au sein. L’ajout avec le bi­be­ron est né­ces­saire si le bé­bé reste af­fa­mé ou s’il a be­soin d’un nombre éle­vé de té­tées, ce qui rend la si­tua­tion in­te­nable pour la ma­man qui al­laite. Avant d’avoir re­cours à du lait en poudre, il est im­por­tant que le bé­bé vide com­plè­te­ment les seins. Si le bé­bé ne tète pas bien, le lait a ten­dance à di­mi­nuer, parce que le li­quide stagne et em­pêche la pro­duc­tion d’autre lait. Le bi­be­ron dans tous les cas, est tou­jours pro­po­sé après le sein, parce qu’il ha­bi­tue le bé­bé à su­cer avec moins de vi­gueur, com­pro­met­tant ul­té­rieu­re­ment l’al­lai­te­ment na­tu­rel.

L’AL­LAI­TE­MENT AR­TI­FI­CIEL

Si la ma­man ne peut pas al­lai­ter na­tu­rel­le­ment, elle doit avoir re­cours à un pro­duit ar­ti­fi­ciel, qui si­mule la com­po­si­tion du lait ma­ter­nel. C’est un pro­duit dé­ri­vé du lait de vache et adap­té, ou mo­di­fié en fonc­tion des exi­gences du nou­veau-né, même s’il ne peut pas re­pro­duire par­fai­te­ment les ca­rac­té­ris­tiques bio­lo­giques du lait hu­main. La ma­man qui ne peut pas al­lai­ter ne doit ce­pen­dant pas se sen­tir cou­pable. Le lait ar­ti­fi­ciel est très nour­ris­sant et di­gé­rable. En ce qui concerne le rap­port “

spé­cial ” qui se crée pen­dant l’al­lai­te­ment, il est éga­le­ment pos­sible de la re­pro­duire avec le bi­be­ron. Il suf­fit d’al­lai­ter le bé­bé en se concen­trant sur lui, en lui sou­riant et en lui par­lant. La po­si­tion est éga­le­ment très im­por­tante. Le bé­bé est pris dans les bras et te­nu en contact di­rect avec le corps de la ma­man.

Com­ment le pré­pa­rer ? Chaque boîte de lait ar­ti­fi­ciel contient les ins­truc­tions pour l’uti­li­sa­tion, qui doivent être sui­vies à la lettre.

Il est très im­por­tant de res­pec­ter les doses si­gna­lées, puisque l’on cherche à rendre la préparation plus nour­ris­sante en ajou­tant plus de lait en poudre, on risque de four­nir au bé­bé trop de pro­téines et trop de graisses et pas as­sez d’eau.

Au contraire, en ré­dui­sant la quan­ti­té de poudre, on fi­nit par pri­ver le bé­bé des sub­stances nu­tri­tives dont il a be­soin. Pour di­luer le lait, il faut uti­li­ser de l’eau mi­né­rale, qu’il fau­dra ver­ser dans le bi­be­ron avant la poudre, de fa­çon à pou­voir la me­su­rer avec pré­ci­sion aus­si­tôt avant la préparation. Si vous uti­li­sez du lait li­quide, prêt à l’em­ploi, il est im­por­tant de le ré­chauf­fer avant le re­pas. Si vous n’avez pas de ré­chauffe bi­be­ron, qui main­tient la tem­pé­ra­ture constante, vous pou­vez uti­li­ser une bas­sine pleine d’eau chaude. Testez la cha­leur du lait sur le dos de votre main, le lait doit être tiède et pas trop chaud (vers les 37°c). Il ne faut ja­mais mettre le bi­be­ron au four à mi­cro-ondes , parce qu’il pour­rait se for­mer des zones avec une tem­pé­ra­ture trop éle­vée. De plus, il n’est pas tout à fait sûr que le mi­croonde n’en mo­di­fie pas le conte­nu.

Com­ment lui don­ner ?

Pen­dant la té­tée, le bé­bé doit être à moi­tié as­sis, pour bien res­pi­rer et avoir la tête un peu sou­le­vée, pour fa­ci­li­ter la dé­glu­ti­tion.

De plus, il faut faire at­ten­tion, à ce que le bé­bé n’in­gur­gite pas d’air, ce qui peut pro­vo­quer des co­liques ga­zeuses. Quand le bé­bé com­mence à su­cer, il faut in­cli­ner le bi­be­ron pour per­mettre à la té­tine d’être pleine de lait et sans air.

Il faut contrô­ler que le trou dont sort le lait soit à la bonne taille. S’il est trop grand, il per­met à l’air de pas­ser avec le li­quide, tan­dis que s’il est trop petit il contraint le bé­bé à té­ter avec une telle éner­gie qu’il in­gur­gite éga­le­ment de l’air. Après la té­tée, il est bon de te­nir le bé­bé un petit peu dans la po­si­tion ver­ti­cale.

Com­ment net­toyer le bi­be­ron ?

Il est né­ces­saire de net­toyer ab­so­lu­ment tout ce qui entre en contact avec le bé­bé, des mains de la ma­man aux cuillères, ré­ci­pients et bou­teilles.

Tout l’ap­pa­reil (bi­be­ron, té­tines, me­sures, cou­teau, cuillères) doit être la­vé à l’eau chaude et au pro­duit à vais­selle, pour net­toyer l’in­té­rieur du bi­be­ron et en­le­vez les ré­si­dus de lait.

Les dif­fé­rentes sortes de lait

Le pé­diatre pres­crit le type de lait ar­ti­fi­ciel adap­té au bé­bé. Il en existe deux sortes : en poudre à mé­lan­ger avec de l’eau ou des li­quides. Les pre­miers coûtent moins chers et se conservent plus long­temps tan­dis que ceux di­lués sont plus pra­tiques à uti­li­ser et l’on ne risque pas de se trom­per dans les pro­por­tions.

Les for­mules de lait se dif­fé­ren­cient se­lon l’âge. De la nais­sance jus­qu'à quatre mois, on uti­lise un lait “de type 1 ”, qui contient peu de mi­né­raux et de pro­téines (pour ne pas fa­ti­guer les reins) et une sup­plé­men­ta­tion vi­ta­mi­nique et des sub­stances utiles pour le nou­veau­né. A par­tir de 4-5 mois, on peut pas­ser au lait de “type 2”, qui se­ra don­né jus­qu'à l’âge d’un an. Il existe éga­le­ment des for­mules spé­ciales ca­pables d’être ab­sor­bées fa­ci­le­ment si le bé­bé souffre d’al­ler­gies, (comme celles aux pro­téines du lait ou l’intolérance au lait, ou au sucre conte­nu dans le lait).

LE MO­MENT DU SE­VRAGE Quand le sein ne suf­fit plus !

Il n’existe pas de date pré­cise à la­quelle il faut ar­rê­ter l’al­lai­te­ment. Il est bien d’ar­ri­ver au moins au qua­trième, cin­quième mois, quand com­mence le se­vrage, mais on peut conti­nuer une té­tée par jour jus­qu'à l’âge d’un an. Sou­vent, c’est le bé­bé qui si­gnale qu’il est temps de pas­ser aux bouillies.

En fait, on ne doit pas at­tendre une chute de lait du sein, parce que les seins, s’ils sont sti­mu­lés, conti­nuent à en sé­cré­ter. Si le bé­bé gran­dit bien et que la ma­man n’a pas de pro­blèmes, on peut conti­nuer avec l’al­lai­te­ment au sein jus­qu’au sixième mois, même si à quatre mois le bé­bé peut man­ger quelque chose de so­lide.

On com­mence par les fruits

Les pre­miers ali­ments à in­té­grer dans l’ali­men­ta­tion des bé­bés sont les pommes et les poires, car elles sont fa­ci­le­ment di­gé­rables et riches en sub­stances nu­tri­tives. On peut choi­sir les fruits frais, bien mûrs, que l’on écrase à la four­chette.

On donne le fruit à la pe­tite cuillère, et de pré­fé­rence l’après­mi­di. Après les pommes et les poires, es­sayer de don­ner à votre bé­bé d’autres fruits doux comme les ba­nanes, au dé­but il faut évi­ter les agrumes (parce qu’ils peuvent don­ner des al­ler­gies). Ne com­men­cer pas le se­vrage du­rant les pre­miers jours d’été qui sont très chauds (ce­la cou­pe­rait l’ap­pé­tit du bé­bé), pen­dant une ma­la­die des voies res­pi­ra­toires et en pré­sence de diar­rhées. Il est bien d’in­tro­duire pro­gres­si­ve­ment les ali­ments pour que le bé­bé ait le temps de s’ha­bi­tuer au nou­veau goût mais aus­si pour dé­cou­vrir tout de suite s’il fait des al­ler­gies ali­men­taires.

La phase de la bouillie

La pre­mière bouillie rem­place un re­pas de lait, gé­né­ra­le­ment ce­lui qui est proche de mi­di, mais on peut éga­le­ment com­men­cer le soir. La pre­mière soupe à base de lé­gumes (ca­rottes, cour­gettes, pommes de terre), cui­si­née sans sel et as­sai­son­née avec peu d’huile d’olive ex­tra-vierge. Les crèmes de riz, de maïs et de ta­pio­ca sont éga­le­ment adap­tées au dé­but du se­vrage.

On passe en­suite aux pe­tits pots de viande, en com­men­çant par l’agneau, le la­pin, la dinde, le pou­let, le boeuf et le veau. Vous pou­vez aus­si ajou­ter un peu de fro­mage râ­pé dans la bouillie, c’est très im­por­tant parce qu’il contient du cal­cium et du phos­phore. Au sep­tième mois, vous pou­vez in­tro­duire le pois­son, que vous al­ter­ne­rez avec la viande, en pré­fé­rant la truite, le ca­billaud, la sole et le mer­lan.

Même si le bé­bé montre une pré­fé­rence pour des goûts par­ti­cu­liers, il est bien de va­rier ses re­pas, pour l’ha­bi­tuer tout de suite à des goûts et à des consis­tances dif­fé­rentes. Si par contre, le bé­bé du­rant les phases ini­tiales du se­vrage, re­fuse obs­ti­né­ment la bouillie, on peut es­sayer de la lui don­ner au bi­be­ron, après avoir élar­gi le trou de la té­tine.

LES DIF­FI­CUL­TÉS

Avec le se­vrage, le bé­bé doit s’ha­bi­tuer à l’uti­li­sa­tion de la cuillère, dure et froide com­pa­rée à la cha­leur du sein de la ma­man, et au nou­vel ali­ment, épais et lé­gè­re­ment sa­lé, très dif­fé­rent de ce­lui très doux du lait.

A ces dif­fi­cul­tés s’ajoutent des pro­blèmes de na­ture psy­cho­lo­gique, parce que l’ali­ment re­pré­sente pour le bé­bé la plus im­por­tante forme d’amour, de sé­cu­ri­té et de pro­tec­tion. Les pa­rents doivent lui par­ler avec dou­ceur et se rendre compte des pe­tits pro­grès. Chaque bé­bé a be­soin de ses propres marques pour vaincre ses in­sé­cu­ri­tés. Par­fois, le se­vrage est en­suite dif­fi­cile éga­le­ment pour la ma­man. Après avoir por­té le bé­bé dans son ventre pen­dant neuf mois et l’avoir eu très proche d’elle pen­dant l’al­lai­te­ment, elle craint de de­voir re­non­cer à cette in­ti­mi­té avec son bé­bé. Des ca­lins et des bi­sous pen­dant la jour­née ser­vi­ront à les ras­su­rer tous les deux.

Si le lait de la ma­man ne suf­fit pas, ajou­tez du lait

en poudre au bi­be­ron.

Don­nez au bé­bé les nou­veaux ali­ments avec les bouillies qu’il connaît dé­jà.

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