Les ca­rac­té­ris­tiques du lait ma­ter­nel .................. 61

C’EST UN NU­TRI­MENT COM­PLET !

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LES PRO­TÉINES

L’al­lai­te­ment au sein as­sure au bé­bé l’ab­sorp­tion des acides ami­nés (les com­po­sants des pro­téines) es­sen­tiels. Le lait ma­ter­nel contient en par­ti­cu­lier, la lau­rine, un acide ami­né qui dé­ve­loppe une fonc­tion très im­por­tante dans le dé­ve­lop­pe­ment du cer­veau du nou­veau-né.

LES GRAISSES

Le lait ma­ter­nel contient en moyenne quatre pour cent de li­pides (graisses) que le bé­bé réus­sit à ab­sor­ber à 90%, une se­maine après sa nais­sance. Il s’as­sure ain­si des élé­ments pour la crois­sance de son sys­tème ner­veux et de son cer­veau.

LES VI­TA­MINES

Le lait contient de nom­breuses vi­ta­mines, en par­ti­cu­lier la A (utile pour les os et la vue), la C (for­ti­fie les dé­fenses de l’or­ga­nisme), la B12 ( fa­vo­rise l’as­si­mi­la­tion du fer et contri­bue au trans­port de l’oxy­gène dans le sang et au dé­ve­lop­pe­ment des cel­lules du sys­tème ner­veux) et la vi­ta­mine E ( fa­vo­rise la crois­sance des cel­lules et l’ab­sorp­tion du cal­cium). Ces vi­ta­mines se conservent au mieux puisque le lait ma­ter­nel n’est pas su­jet à des écarts de tem­pé­ra­ture (qui ré­duisent la con­cen­tra­tion de vi­ta­mines).

LES MI­NÉ­RAUX

Le so­dium, le chlore et le po­tas­sium sont conte­nus dans le lait ma­ter­nel en pe­tites quan­ti­tés, afin de ne pas fa­ti­guer les reins du bé­bé, tan­dis que le fer (utile pour pré­ve­nir l’ané­mie et per­mettre le trans­port de l’oxy­gène aux tis­sus) est ac­com­pa­gné de la lac­to­fé­rine, une pro­téine qui en fa­ci­lite l’ab­sorp­tion. Des bonnes concen­tra­tions de cuivre sont aus­si as­su­rées, ain­si que

de cal­cium et de phos­phore, des mi­né­raux né­ces­saires pour la for­ma­tion des os, et du zinc utile pour la crois­sance.

PRO­TÉ­GEZ LE BÉ­BÉ DES MA­LA­DIES

Il s’agit de la lac­to­fé­rine et du ly­so­zyme, des sub­stances qui sti­mulent le sys­tème de dé­fense de l’or­ga­nisme, et de cer­tains types d’an­ti­corps (ap­pe­lés IgM, IgG et IgA) qui ne sont pas at­ta­qués pen­dant la di­ges­tion et peuvent ex­pli­quer leur fonc­tion de dé­fense des ma­la­dies.

Ces ma­la­dies peuvent être par­ti­cu­liè­re­ment im­por­tantes chez un bé­bé de quelques mois, car il est plus fa­ci­le­ment ex­po­sé aux in­fec­tions dans l’air (comme le rhume et la grippe) et in­tes­ti­nales (comme les gas­tro-en­té­rites) parce que son sys­tème im­mu­ni­taire est ré­duit.

L’al­lai­te­ment au sein, de plus, a un rôle im­por­tant de pré­ven­tion vis-à-vis des al­ler­gies ali­men­taires. La lé­gè­re­té et la di­ges­tion du lait ma­ter­nel contri­buent, en fait, à la di­mi­nu­tion des risques d’al­ler­gie. En par­ti­cu­lier, l’asthme, les ec­zé­mas et les rhi­nites al­ler­giques sont moins fré­quents chez les bé­bés al­lai­tés au sein. D’après cer­taines études, le lait ma­ter­nel se­rait ca­pable de pro­té­ger éga­le­ment contre l’ap­pa­ri­tion suc­ces­sive de cer­taines ma­la­dies comme le diabète, l’obé­si­té, l’ar­té­rio­sclé­rose et les ca­ries den­taires.

Peut-on le di­gé­rer ?

Le lait ma­ter­nel est l’ali­ment le mieux as­si­mi­lable de la part de l’or­ga­nisme du bé­bé.

Sa com­po­si­tion s’adapte à l’ap­pa­reil di­ges­tif du nou­veau-né, qui n’est pas en­core ma­ture et a une pos­si­bi­li­té li­mi­tée de di­gé­rer cer­tains sucres et graisses. La ma­man trans­met aus­si au bé­bé des en­zymes par­ti­cu­liers, ap­pe­lés li­pases, que l’or­ga­nisme du nou­veau-né pos­sède seu­le­ment en par­tie (ils se dé­ve­loppent avec la crois­sance) et sont utiles pour la di­ges­tion du lait, parce qu’ils ont le de­voir de désa­gré­ger les graisses et les “pré­di­gé­rer” avant qu’elles n’ar­rivent dans l’es­to­mac.

Les pro­téines du lait ma­ter­nel ne né­ces­sitent pas en­suite de longs pro­ces­sus digestifs. Le lait de vache contient par contre de la ca­séine, une mo­lé­cule com­plexe et pas fa­ci­le­ment as­si­mi­lable. Dans le lait for­mu­lé cette sub­stance est dé­jà dé­liée, de fa­çon à en fa­ci­li­ter la di­ges­tion, mais mal­gré ce­la, il doit res­ter quelques heures dans l’ap­pa­reil di­ges­tif du bé­bé pour fer­men­ter.

Ce­la dé­ter­mine éga­le­ment la dif­fé­rence des selles. Chez un bé­bé nour­ri au sein, les selles sont li­quides et claires. Chez un bé­bé nour­ri au bi­be­ron, les selles sont dures et de cou­leur mar­ron fon­cé.

Le lait

s’adapte aux exi­gences du bé­bé

Le lait ma­ter­nel s’adapte de temps en temps au be­soin par­ti­cu­liers du bé­bé. Sa com­po­si­tion va­rie en fonc­tion de l’âge du bé­bé et de la du­rée de l’al­lai­te­ment au sein, de l’état de san­té du nou­veau-né et du mo­ment de la jour­née. Mais le lait change aus­si pen­dant une même té­tée et d’un sein à l’autre. Le pre­mier lait que suce le bé­bé est très li­quide et sert à com­bler sa soif, tan­dis que le lait sui­vant, plus épais et cré­meux est riche en pro­téines et très nour­ris­sant. Ce lait de fin de té­tée, qui contient plus de graisses et de mi­né­raux, four­nit en­vi­ron une ca­lo­rie par gramme, contre la moi­tié du pre­mier lait. Le pas­sage d’un sein à l’autre per­met au bé­bé de se re­po­ser, de se dé­pla­cer et de re­com­men­cer à su­cer le lait plus épais. La fois sui­vante, vous lui pro­po­se­rez en pre­mier le sein té­té en der­nier, c’est-à- Le lait ma­ter­nel contient de nom­breux an­ti­bac­té­riens et an­ti­vi­raux.

dire ce­lui qui est le plus plein, parce qu’au­pa­ra­vant le bé­bé, ras­sa­sié avec le pre­mier sein, avait su­cé le deuxième avec moins d’in­ten­si­té.

Les avan­tages pour la ma­man

Al­lai­ter est très utile pour la re­prise de l’or­ga­nisme de la ma­man. La pro­duc­tion de lait, en fait, pro­voque la mise en cir­cu­la­tion d’une sub­stance par­ti­cu­lière, l’ocy­to­cine (la même qui sti­mule les contrac­tions de l’uté­rus pen­dant le tra­vail, qui fait contrac­ter l’uté­rus, en fa­vo­ri­sant le re­tour à la nor­ma­li­té. L’al­lai­te­ment au sein fa­ci­lite, en­suite, la perte des ki­los en trop, parce qu’elle com­porte un gas­pillage d’éner­gie consi­dé­rable.

Na­tu­rel­le­ment, si la nouvelle ma­man est en sur­poids, il est im­por­tant qu’elle contrôle son ali­men­ta­tion. Les taux éle­vés de pro­lac­tine (l’hor­mone ty­pique de l’al­lai­te­ment), de plus em­pêchent l’ovu­la­tion, en fonc­tion­nant comme de vé­ri­tables contra­cep­tifs na­tu­rels. Tou­te­fois, il ne s’agit pas d’un sys­tème très sûr, parce que dès que le ni­veau de pro­lac­tine dans l’or­ga­nisme des­cend, l’ovu­la­tion a lieu, même si le cycle mens­truel n’est pas en­core ré­ap­pa­ru (qui ap­pa­raît seu­le­ment en­vi­ron qua­torze jours après l’ovu­la­tion el­le­même). En­fin, d’après des études très ré­centes l’al­lai­te­ment pro­té­ge­rait la ma­man, jus­qu'à un âge avan­cé contre l’os­téo­po­rose (une ma­la­die qui af­fai­blit les os à cause du manque de cal­cium).

Ce­la peut sem­bler un pa­ra­doxe, mais c’est jus­te­ment le fait que la pro­duc­tion de lait, pen­dant la pé­riode de l’al­lai­te­ment , qui im­plique que le sque­lette ma­ter­nel cède une par­tie des mi­né­raux qui ont été dé­po­sés, fi­nisse par rendre en­suite les os plus forts.

Les règles des té­tées

La du­rée de la suc­cion

Pen­dant les pre­miers jours, les té­tées ne doivent pas du­rer trop long­temps, parce que le ma­me­lon est en­core peu ré­sis­tant aux sol­li­ci­ta­tions. Si l’on veut évi­ter l’ap­pa­ri­tion de fis­sures, il faut faire su­cer au bé­bé chaque sein pen­dant une di­zaine de mi­nutes cha­cun et en­suite le for­cer à se dé­ta­cher du sein, en lui bais­sant lé­gè­re­ment le men­ton ou en lui ta­po­tant le nez ou en lui en­fi­lant dé­li­ca­te­ment un doigt dans la bouche. Quand les ma­me­lons se se­ront ren­for­cés, il est pos­sible d’al­lon­ger la du­rée de la té­tée, mais il n’existe pas de règles fixes. Se­lon l’éner­gie et la quan­ti­té de lait, le sein est vi­dé en un temps va­riable, d’un mi­ni­mum de 5 mi­nutes à un maxi­mum de 20 mi­nutes.

C’est le bé­bé qui doit choi­sir la du­rée de la té­tée. Sa faim le gui­de­ra de fa­çon na­tu­relle. Ce­pen­dant quand l’al­lai­te­ment dure trop long­temps (té­tées longues de plus d’une heure qui se ré­pètent plu­sieurs jours de suite) il vaut mieux consul­ter son pé­diatre, parce qu’il pour­rait y avoir un pro­blème (par exemple, il se pour­rait que la ma­man n’ait pas as­sez de lait).

Le re­pas de la nuit

Il n’existe pas d’âge pré­cis pour in­ter­rompre la té­tée noc­turne. Il y a des en­fants qui à la sixième se­maine dorment toute la nuit et d’autres qui se ré­veillent en­core après un an. Pour ha­bi­tuer un bé­bé de quelques mois à un long re­pos noc­turne, il faut cher­cher à rem­pla­cer la té­tée noc­turne par des ca­lins. Si le bé­bé se ré­veille, la ma­man le pren­dra dans ses bras, mais ne lui don­ne­ra pas à man­ger.

On peut cher­cher à aug­men­ter la quan­ti­té de lait prise par le bé­bé avant son som­meil. Le chan­ge­ment de­mande dans chaque cas un peu de temps, parce que le bé­bé au dé­but peut se mon­trer agi­té.

- Si le bé­bé, en plus de se ré­veiller pour la té­tée, a du mal à s’en­dor­mir et dort peu, ce­la peut être un pro­blème d’ali­men­ta­tion, trans­mis par le lait ma­ter­nel.

Avant tout, Il est bon que dans ce cas la ma­man éli­mine les bois­sons al­coo­li­sées. Si en­suite, on re­marque une re­la­tion entre des ali­ments spé­ciaux et l’in­som­nie du bé­bé, on peut es­sayer de les éli­mi­ner de son ré­gime pen­dant quelques jours et éva­luer les ef­fets sur le som­meil du petit.

HO­RAIRES FIXES OU A LA DE­MANDE

Au­jourd’hui la ma­jo­ri­té des pé­diatres conseillent l’al­lai­te­ment à la de­mande. Pla­cer le bé­bé au sein à chaque fois qu’il le dé­sire est très po­si­tif pour le bé­bé, parce qu’il sa­tis­fait le som­meil et le ré­veil spon­ta­né.

Par contre, ce choix de­mande une dis­po­ni­bi­li­té to­tale de la ma­man et l’aban­don presque to­tal de toute autre ac­ti­vi­té. L’al­lai­te­ment à ho­raires fixes per­met par contre à la ma­man de mieux s’or­ga­ni­ser et de pro­gram­mer la jour­née, avec comme désa­van­tage pour le bé­bé de ne pas pou­voir suivre ses propres rythmes na­tu­rels. Il est ce­pen­dant pos­sible, de faire un com­pro­mis : sa­tis­faire les exi­gences du bé­bé dès que c’est pos­sible mais en même temps, ne pas se sen­tir cou­pable si, pour des exi­gences per­son­nelles, vous êtes contrainte d’im­po­ser au moins quelques fois, des ho­raires au bé­bé. En gé­né­ral, le rythme ini­tial est de 6 à 8 té­tées par jour (mais ce­la peut ar­ri­ver qu’il y en ait 12), pour en­suite des­cendre pro­gres­si­ve­ment au fil des se­maines jus­qu'à se sta­bi­li­ser sur 4 à 5 té­tées par jour vers l’âge de trois mois. Il s’agit ce­pen­dant, d’in­di­ca­tions ab­so­lu­ment maxi­males, que tous les en­fants ne suivent pas. Chaque nou­veau-né a son propre rythme. Pour ai­der le bé­bé à réduire le nombre des té­tées, on peut le lais­ser at­ta­cher au sein plus long­temps, (mais ja­mais plus de 20 mi­nutes par sein) de fa­çon à être cer­taine qu’il ar­rive à té­ter le lait plus épais et cré­meux, qui se trouve au fond de chaque sein. Si ce­pen­dant, le bé­bé conti­nuait à pleu­rer très sou­vent, il faut lui faire des ca­lins, mais évi­ter de lui pro­po­ser le sein.

La mon­tée de lait ar­rive deux ou trois jours après l’ac­cou­che­ment.

Pen­dant la té­tée, al­ter­nez avec les deux seins !

Le nombre de té­tées au dé­but est d’en­vi­ron

6 à 8 par jour.

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