LE SOI­GNER

Quand il est en­core

Enceinte & Accoucher - - Enquête -

Faire naître un en­fant sain est l’ob­jec­tif de tous les pa­rents et au­jourd’hui il est pos­sible pour un nombre tou­jours plus éle­vé d’en­fants, même pour ceux qui ont eu des pro­blèmes pen­dant les neuf mois de la gros­sesse.

Pre­mier-troi­sième tri­mestre

Grâce aux pro­grès de la mé­de­cine, il est au­jourd’hui pos­sible de ré­soudre cer­tains pro­blèmes dont souffre le bé­bé quand il est en­core dans l’uté­rus, de fa­çon à ce qu’il soit sain à la nais­sance.

En fait, ces der­nières an­nées, grâce au dé­ve­lop­pe­ment tech­nique de la chi­rur­gie spé­cia­li­sée et à la dé­cou­verte de mé­di­ca­ments in­no­vants, il est pos­sible de ré­soudre de nom­breux pro­blèmes sur l’en­fant di­rec­te­ment dans l’uté­rus. Il s’agit le plus sou­vent de tech­niques en­core en phases d’étude, qui sont ré­ser­vées aux cas les plus graves, quand le dé­ve­lop­pe­ment du foe­tus est en dan­ger, mais la re­cherche conti­nue et les pos­si­bi­li­tés d’ap­pli­ca­tion s’am­pli­fient

de jour en jour. Voi­ci quelles sont les in­ter­ven­tions et les trai­te­ments qui peuvent être uti­li­sés quand le bé­bé est en­core dans le ventre.

La trans­plan­ta­tion de moelle os­seuse

Qu’est-ce que c’est ?

La moelle os­seuse est un tis­su conte­nu dans la ca­vi­té des os, consti­tué de cel­lules sta­mi­nales, qui sont ca­pables, se­lon les né­ces­si­tés, de pro­duire soit des glo­bules rouges, soit des glo­bules blancs, soit des pla­quettes (tous les élé­ments consti­tu­tifs du sang). La trans­plan­ta­tion dans le foie de cel­lules pré­le­vées dans la moelle du père per­met à l’en­fant de ré­soudre d’éven­tuels graves pro­blèmes avant la nais­sance. Cette tech­nique est en­core en phase d’étude, et pour l’ins­tant, elle est pra­ti­quée seu­le­ment aux Etats-Unis.

Com­ment la pra­tique-t’on ?

On pré­lève des cel­lules sta­mi­nales hé­mo­poïé­tiques (qui sont à l’ori­gine des com­po­sants du sang) de la moelle du père. En­suite, les cel­lules sont trai­tées pour iso­ler celles ca­pables de re­cons­truire chez l’en­fant les dé­fenses qui manquent. En­fin, elles sont in­jec­tées sous contrôle écho­gra­phique dans le pé­ri­toine du foie (la mem­brane qui re­couvre les or­ganes ab­do­mi­naux) à deux re­prises.

A quelle pé­riode ?

Quand la ma­la­die est diag­nos­ti­quée, il faut in­ter­ve­nir le plus tôt pos­sible. Gé­né­ra­le­ment, ce­la a lieu vers la 20éme se­maine de gros­sesse et c’est du­rant cette pé­riode que l’on ef­fec­tue la trans­plan­ta­tion.

Pour­quoi la pra­tique-t’on ?

La trans­plan­ta­tion de la moelle os­seuse dans l’uté­rus semble of­frir des grandes chances pour le fu­tur, car elle per­met­trait de gué­rir la plus grande par­tie des ma­la­dies congé­ni­tales (c’est-àdire pré­sentes à la nais­sance) du sys­tème im­mu­ni­taire, ou de dé­fense de l’or­ga­nisme, comme par exemple les ané­mies et cer­taines formes de leu­cé­mie. Grâce à cette in­ter­ven­tion, on ré­duit le risque de re­jet (quand l’or­ga­nisme at­taque les cel­lules trans­plan­tées, en ne les re­con­nais­sant pas comme étant les siennes). En fait, le foe­tus ne dis­tingue pas bien ses propres cel­lules des autres et son or­ga­nisme ac­cepte avec une plus grande fa­ci­li­té tout ce qui ar­rive de l’ex­té­rieur.

Les consé­quences

Puis­qu’il s’agit d’une vé­ri­table in­ter­ven­tion de trans­plan­ta­tion, il y a cer­tains risques, qui vont du re­jet à la trans­mis­sion de ma­la­dies in­fec­tieuses. Pour cette rai­son, l’opé­ra­tion est ef­fec­tuée seu­le­ment pour re­mé­dier à des ano­ma­lies très graves, qui si­non em­pêche-

raient le bé­bé de se dé­ve­lop­per nor­ma­le­ment.

Le pré­lè­ve­ment de li­quide am­nio­tique

Qu’est-ce que c’est ?

Quand la quan­ti­té de li­quide am­nio­tique aug­mente trop (la sub­stance consti­tuée prin­ci­pa­le­ment d’eau, dans la­quelle est im­mer­gé le foe­tus), on parle de po­ly­dram­nios. Dans ce cas, le gy­né­co­logue peut dé­clen­cher l’écou­le­ment (par­tiel) de li­quide am­nio­tique lors d’une in­ter­ven­tion que l’on ap­pelle “am­nio­cen­tèse trans-ab­do­mi­nale gui­dée par écho­gra­phie” à la­quelle l’on a re­cours quand le vo­lume de li­quide am­nio­tique est tel qu’il peut pro­vo­quer de graves troubles à la fu­ture ma­man.

Pour­quoi pra­tique-t’on cet exa­men ?

Les causes de l’aug­men­ta­tion du li­quide am­nio­tique ne sont pas en­core claires. On a ce­pen­dant re­mar­qué que celle-ci a lieu plus fré­quem­ment si le foe­tus souffre de troubles graves, si la mère a du diabète ou si la gros­sesse est gé­mel­laire. L’aug­men­ta­tion de li­quide am­nio­tique peut en­traî­ner chez la ma­man des dif­fi­cul­tés res­pi­ra­toires et ré­nales et un ra­len­tis­se­ment de la cir­cu­la­tion san­guine. Par contre, le foe­tus risque de dé­ve­lop­per des mal­for­ma­tions ou de naître très en avance, car l’aug­men­ta­tion de poids du sac am­nio­tique pousse le col de l’uté­rus à se di­la­ter, et fait dé­mar­rer le tra­vail.

Un cas par­ti­cu­lier est le pré­lè­ve­ment de li­quide am­nio­tique lors de gros­sesses gé­mel­laires, quand l’un des deux bé­bés gran­dit trop vite. En ré­équi­li- brant les deux sacs amniotiques, ce­la per­met au plus petit des deux bé­bés d’avoir les mêmes chances de dé­ve­lop­pe­ment que son ju­meau.

Com­ment s’ef­fec­tue ce pré­lè­ve­ment ?

On pré­lève le li­quide am­nio­tique après que l’écho­gra­phie ait ré­vé­lé la po­si­tion du foe­tus et du pla­cen­ta. Le mé­de­cin in­tro­duit l’ai­guille dans l’uté­rus à tra­vers l’ab­do­men de la femme en­ceinte et as­pire un ou deux litres de li­quide.

Il est im­por­tant que l’ex­trac­tion se dé­roule len­te­ment, pour évi­ter le dé­ta­che­ment du pla­cen­ta ou l’ar­ri­vée de contrac­tions, à cause du vi­dage ra­pide du vo­lume uté­rin.

Quand le réa­lise-t’on ?

L’in­ter­ven­tion a lieu en gé­né­ral à par­tir du deuxième tri­mestre, mais ce­la peut être né­ces­saire de la ré­pé­ter pé­rio­di­que­ment jus­qu'à l’ac­cou­che­ment, parce que le li­quide am­nio­tique a ten­dance à se re­for­mer.

Les consé­quences

Il n’existe pas de troubles graves pour la ma­man et le foe­tus, même si dans cer­tains cas une ac­cé­lé­ra­tion du tra­vail peut avoir lieu.

La trans­fu­sion san­guine

Qu’est-ce que c’est ?

La trans­fu­sion au foe­tus de sang pro­ve­nant d’un don­neur re­pré­sente ac­tuel­le­ment la so­lu­tion la plus simple pour com­battre les ané­mies, des ma­la­dies ca­rac­té­ri­sées par le manque dans le sang de concen­tra­tions adé­quates de glo­bules rouges et d’hé­mo­glo­bine, la sub­stance qui sert pour trans­por­ter l’oxy­gène aux tis­sus.

Pour­quoi la pra­tique-t’on ?

En cas d’in­com­pa­ti­bi­li­té avec le sang de la mère, Rh né­ga­tif, et ce­lui du foe­tus, Rh po­si­tif, ce­la pour­rait dé­clen­cher une grave ané­mie chez le bé­bé, due aux an­ti­corps crées par l’or­ga­nisme

de la mère à cause d’un contact avec le sang du bé­bé. Gé­né­ra­le­ment, on cherche à évi­ter ce type de pro­blème, en fai­sant une in­jec­tion aux mères du groupe Rh né­ga­tif, qui blo­que­ra la pro­duc­tion des an­ti­corps contre le bé­bé.

Com­ment s’ef­fec­tue la trans­fu­sion ?

Les pi­qûres sont ef­fec­tuées di­rec­te­ment dans les vais­seaux san­guins du cor­don om­bi­li­cal, à l’aide d’une ai­guille très fine, que l’on fait pé­né­trer dé­li­ca­te­ment dans l’ab­do­men de la ma­man, sous le contrôle at­ten­tif et le guide d’ins­tru­ments écho­gra­phiques.

Quand la faire ?

La trans­fu­sion est faite à par­tir de la 18éme se­maine de gros­sesse, quand, lors d’une écho­gra­phie l’on peut iden­ti­fier une éven­tuelle ané­mie. Les trans­fu­sions sont en­suite ré­pé­tées plu- sieurs fois jus­qu'à l’ac­cou­che­ment.

Les consé­quences

Pour la ma­man, il s’agit d’une simple pi­qûre, tan­dis que pour le foe­tus les risques sont un peu plus éle­vés et peuvent ar­ri­ver dans cer­tains cas, (heu­reu­se­ment rares), de la nais­sance pré­ma­tu­rée à des troubles plus graves.

Qu’est-ce que le fac­teur RH ?

- 85% de la po­pu­la­tion eu­ro­péenne est Rh po­si­tif, c’est-à-dire qu’elle a dans le sang, à l’in­té­rieur des glo­bules rouges, une sub­stance si­mi­laire à une pro­téine, ap­pe­lée fac­teur Rhé­sus, mieux connu sous le nom de fac­teur Rh. Ces per­sonnes sont en­suite ré­per­to­riées comme Rh po­si­tif, alors que les 15% res­tant, dont ce fac­teur est ab­sent, sont Rh né­ga­tif. Avant une gros­sesse, il est im­por­tant de sa­voir à quel groupe l’on ap­par­tient, parce qu’entre les dif­fé­rentes ca­rac­té­ris­tiques hé­ré­di­taires du nou­veau-né il y a aus­si le groupe san­guin.

Si la ma­man est Rh né­ga­tif et le pa­pa Rh po­si­tif, le nou­veau­né pour­rait hé­ri­ter de la ca­rac­té­ris­tique pa­ter­nelle, al­lant à l’en­contre de dif­fi­cul­tés pen­dant la gros­sesse, parce que l’or­ga­nisme de la ma­man peut dé­ve­lop­per des an­ti­corps contre le foe­tus, pro­vo­quant ain­si une ané­mie.

Le drai­nage des li­quides

Qu’est-ce que c’est ?

Il est pos­sible d’in­tro­duire dans le corps du foe­tus des tuyaux mi­cro­sco­piques, pour fa­ci­li­ter le drai­nage des li­quides vers la ca­vi­té am­nio­tique. Ces in­ter­ven­tions sont ap­pe­lées “Shunt”.

Pour­quoi fait-t’on cet exa­men ?

Le drai­nage est né­ces­saire en pré­sence d’hy­dro­cé­phale (eau dans le cer­veau) et de blo­cage de l’urètre (le ca­nal qui re­lie la ves­sie à l’ex­té­rieur). Dans le pre­mier cas, l’ac­cu­mu­la­tion de li­quide dans la ca­vi­té crâ­nienne peut pro­vo­quer des dom­mages au sys­tème ner­veux, dans le se­cond cas l’écou­le­ment ra­té de l’urine peut pro­vo­quer un ra­len­tis­se­ment dans le dé­ve­lop­pe­ment des pou­mons.

Com­ment s’ef­fec­tue le drai­nage ?

On in­tro­duit dans le corps du foe­tus un petit tube en se gui­dant d’une écho­gra­phie, c’es­tà-dire une ai­guille as­sez grande pour conte­nir le ca­nal ar­ti­fi­ciel prêt pour le bran­che­ment. Avec l’aide d’ins­tru­ments écho­gra­phiques de haute dé­fi­ni­tion, le chi­rur­gien fait pas­ser l’ai­guille à tra­vers l’ab­do­men de la ma­man anes­thé­siée, jus­qu'à at­teindre le point exact du corps du foe­tus où ins­tal­ler le petit tuyau.

A quelle pé­riode faire cet exa­men ?

En gé­né­ral, on découvre l’hy­dro­cé­phale ou le blo­cage de l’urètre à par­tir de la 20éme se­maine de gros­sesse, c’est pour­quoi l’in­ter­ven­tion de drai- nage a lieu à cette pé­riode. Il est im­por­tant d’agir avant le plus tôt pos­sible pour évi­ter des dom­mages au cer­veau ou au fonc­tion­ne­ment des reins et des pou­mons.

Les consé­quences

Le risque de contrer les pos­sibles in­fec­tions est mi­ni­mum aus­si bien pour la fu­ture ma­man que pour le bé­bé alors qu’à par­tir de la 25éme se­maine, il y a la pos­si­bi­li­té d’un ac­cou­che­ment pré­ma­tu­ré. Il s’agit, tou­te­fois, d’un dan­ger qu’il faut cou­rir, car les ef­fets d’un ex­cès de li­quides pour­raient com­pro­mettre le dé­ve­lop­pe­ment du foe­tus.

L’uti­li­sa­tion des mé­di­ca­ments

A quoi servent-ils ?

Au­jourd’hui, il est pos­sible d’évi­ter des fausse-couches, des ac­cou­che­ments pré­ma­tu­rés et des ma­la­dies gé­né­tiques, grâce à la simple pres­crip­tion de mé­di­ca­ments dé­ter­mi­nés pour

la ma­man. En fait, les études et les ex­pé­riences de ces der­nières an­nées ont per­mis de dé­cou­vrir exac­te­ment les ef­fets sur le foe­tus de nom­breuses pré­pa­ra­tions phar­ma­ceu­tiques, qui dans cer­tains cas peuvent avoir des pro­prié­tés presque mi­ra­cu­leuses.

Com­ment agissent-ils ?

Cer­taines ma­la­dies ne se ma­ni­festent pas jus­qu'à la gros­sesse, quand elles pro­voquent des troubles très graves. En fai­sant des exa­mens san­guins spé- ciaux, il est ce­pen­dant pos­sible d’iden­ti­fier les an­ti­corps qui dé­noncent la pré­sence d’éven­tuelles ma­la­dies de la mère, pour évi­ter les consé­quences pos­sibles sur le foe­tus. Dans de nom­breux cas, il peut suf­fire d’ad­mi­nis­trer des mé­di­ca­ments qui agissent de fa­çon dif­fé­rente et sont étu­diés au cas par cas.

Quand sont-ils uti­li­sés ?

Les trai­te­ments phar­ma­ceu­tiques pour ré­soudre les pro­blèmes du foe­tus ont fait de nom­breux pro­grès sur­tout dans le do­maine des ma­la­dies im­mu­no­lo­giques et rhu­ma­to­lo­giques (con­cer­nant les sys­tèmes de dé­fense de l’or­ga­nisme et les formes in­flam­ma­toires). Ces ma­la­dies, comme le lu­pus ou l’arthrite rhu­ma­toïde, peuvent pro­vo­quer de graves pro­blèmes au foe­tus, comme un blo­cage car­diaque.

Par contre, au­jourd’hui, avec l’ad­mi­nis­tra­tion de mé­di­ca­ments spé­ciaux, les en­fants ont de nom­breuses chances de naître sains. Un autre im­por­tant trai­te­ment mis au point ces der­nières an­nées est l’uti­li­sa­tion de cor­ti­co­sté­roïdes (pré­pa­ra­tions si­mi­laires aux sub­stances pro­duites par les glandes sur­ré­nales), pour dé­ve­lop­per les pou­mons chez des en­fants qui doivent for­cé­ment naître en avance.

Quand les prendre ?

Il est im­por­tant que des mé­di­ca­ments spé­ciaux soient pris dès le dé­but de la gros­sesse. La quan­ti­té et le type de mé­di­ca­ments pour­ront en­suite être va­riés avec le dé­rou­le­ment de la gros­sesse et en fonc­tion des ré­ponses de l’or­ga­nisme de la mère et du foe­tus.

Les consé­quences

Les mé­di­ca­ments pen­dant la gros­sesse sont tou­jours ad­mi­nis­trés avec pré­cau­tion mais quand on les prend avec un but de trai­te­ment et sous contrôle mé­di­cal ils ne pro­voquent pas de pro­blèmes pour la femme en­ceinte et le foe­tus. Un in­con­vé­nient lors de la prise de sté­roïdes c’est l’aug­men­ta­tion de la ré­ten­tion hy­drique, c’es­tà-dire de li­quides, qui peut être contrô­lée très at­ten­ti­ve­ment par le biais d’un ré­gime et en pre­nant de ces mé­di­ca­ments se­lon des sché­mas dé­ter­mi­nés (par exemple en al­ter­nant les prises).

LES TÉ­MOI­GNAGES

DES MA­MANS Grâce aux mé­de­cins main­te­nant j’ai un bé­bé sain !

“J’avais vingt ans et j’at­ten­dais mon se­cond en­fant, ma gros­sesse s’an­non­çait se­reine et sans pro­blèmes. Mais mal­gré les contrôles et les exa­mens qui me di­saient que tout se pas­sait très bien, je ne me sen­tais pas bien. J’étais tou­jours fa­ti­guée et en sept mois j’avais pris vingt ki­los. En réa­li­té, la pe­tite fille que j’at­ten­dais souf­frait d’un grave trouble au coeur, mais les mé­de­cins s’en sont ren­dus compte tard puis­qu’ils n’avaient pas contrôle son bat­te­ment car­diaque et mal­heu­reu­se­ment le bé­bé n’a pas sur­vé­cu après la nais­sance. En­suite, je me suis sou­mise à dif­fé­rents exa­mens et j’ai dé­cou­vert avoir des an­ti­corps du lu­pus, une ma­la­die au­to-im­mu­ni­taire qui pro­voque des pro­blèmes au dé­ve­lop­pe­ment du foe­tus. J'ai du at­tendre avant que les mé­de­cins me conseillent une autre gros­sesse, parce qu’il était né­ces­saire que la quan­ti­té des an­ti­corps en cir­cu­la­tion di­mi­nue. Quand j’ai été à nou­veau en­ceinte, les mé­de­cins m’ont seu­le­ment pres­crit une as­pi­rine par jour et un do­sage mi­ni­mum de cor­ti­sone. J’ai fait de nom­breuses écho­gra­phies et contrôles, mais ce­la en a va­lu la peine, à la fin le bé­bé est né par­fai­te­ment sain ”. Syl­vie.B, (Di­jon)

J’avais trop de li­quide am­nio­tique

“Je sa­vais que je de­vrais af­fron­ter une gros­sesse à risque, parce que de­puis l’âge de seize ans, je suis dia­bé­tique et je dois uti­li­ser de l’in­su­line. J’ai com­men­cé les contrôles avant la concep­tion et je les ai conti­nués, pour moi et le bé­bé, même après sa nais­sance. Dans l’en­semble, les neuf mois se sont dé­rou­lés as­sez bien, même s’il m’est ar­ri­vé de souf­frir à ré­pé­ti­tion de po­ly­dram­nios (aug­men­ta­tion ex­ces­sive du li­quide am­nio­tique). Je m’en suis ren­due compte parce que je gros­sis­sais trop, tout en étant très at­ten­tive à mon ali­men­ta­tion, je res­pi­rais avec dif­fi­cul­té et mes jambes et mon ventre gon­flaient. L’écho­gra­phie confir­ma la pré­sence de quan­ti­tés éle­vées de li­quide am­nio­tique, qui de­vaient être éli­mi­nées. J’ai du ré­pé­ter cette in­ter­ven­tion, qui peut du­rer même plus d’une heure, plu­sieurs fois puisque le li­quide a ten­dance à se re­for­mer.En­suite, le bé­bé est né en avance, et ce n’est pas un ha­sard si le tra­vail a com­men­cé peu de temps après avoir fait l’une de ces pi­qûres faites pour ab­sor­ber le li­quide am­nio­tique. Ce­pen­dant, mon en­fant n’a pas souf­fert et tout en étant né pré­ma­tu­ré, son poids dé­pas­sait trois ki­los et il était bien”. Lau­rence.F (pa­ris)

On peut ren­for­cer les dé­fenses

du foe­tus

De­puis 1996 on uti­lise la tech­nique de la trans­plan­ta­tion dans l’uté­rus de la moelle os­seuse. La pre­mière in­ter­ven­tion concer­nait un foe­tus qui souf­frait d’une forme ai­guë d’im­mu­no-dé­fi­cience ap­pe­lée SCID (Se­vere Com­bi­ned Im­mu­no­de­fi­cien­cy). C’est une ano­ma­lie ca­rac­té­ri­sée par le manque de dé­fenses im­mu­ni­taires contre la­quelle l’unique so­lu­tion est la trans­plan­ta­tion de moelle os­seuse. Main­te­nant, on peut in­ter­ve­nir même dans l’uté­rus, quand les risques de re­jet sont plus bas. Nous pen­sons à élar­gir les ap­pli­ca­tions de cette trans­plan­ta­tion à d’autres ano­ma­lies gé­né­tiques ré­pan­dues, comme la tha­las­sé­mie.

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