Psy­cho Couple : L’art ti­bé­tain de l’amour

Esprit Bébé - - Sommaire -

L’amour, au­tre­ment

La spi­ri­tua­li­té ti­bé­taine est d’une ri­chesse im­mense. Elle porte, entre autres, une éthique par­ti­cu­lière de l’amour. Éthique ba­sée sur le sou­tien mu­tuel, elle prône dans la pra­tique et de­puis des mil­lé­naires, l’éga­li­té des femmes trop sou­vent vic­times des codes so­ciaux et ju­ri­diques au­jourd’hui en­core. L’ex­tase sexuelle y est com­prise et pré­sen­tée en tant qu’ou­ver­ture sur l’ex­pé­rience spi­ri­tuelle, une ou­ver­ture né­ces­saire à cet es­prit oc­ci­den­tal trop ra­tion­nel. Dans le Tan­tra, l’union ap­porte une fé­li­ci­té « or­gas­tique », elle sert à réa­li­ser la na­ture ul­time de la réa­li­té. L’amour n’est plus alors cet en­chai­ne­ment de gestes rou­ti­niers ré­pé­tés à la va-vite dans un oc­ci­dent pres­sé et qui sur­con­somme de la du­rée. L’amour re­de­vient un art, un art qui dure dans le temps.

Plu­sieurs états de conscience

Se­lon le Va­j­raya­na, les hu­mains ont 4 types d’état de conscience éveillée : le temps ré­veillé, le temps où on rêve, le temps du som­meil pro­fond et le temps de l’or­gasme. Cha­cun de ces 4 mo­ments peut être uti­li­sé comme une pra­tique mé­di­ta­tive. Par exemple, pen­dant le temps ré­veillé, on peut pra­ti­quer la mé­di­ta­tion dite du «calme men­tal» ou Sha­ma­ta, ou bien Vi­pas­sa­na, ou d’autres types de yo­ga men­tal. Pen­dant l’état de som­meil pro­fond, on peut pra­ti­quer le yo­ga de la claire lu­mière. Pen­dant le temps du rêve, on pra­tique le yo­ga du rêve. Pen­dant l’or­gasme, on pra­tique un yo­ga ap­pe­lé Kar­ma­mu­dra. Il s’agit d’avoir des re­la­tions sexuelles «en conscience», être pré­sent à soi et éveillé. Grâce à cette pra­tique du Kar­ma­mu­dra, on peut réa­li­ser la na­ture pro­fonde de notre es­prit.

L’amour est un art, faire l’amour soigne les maux phy­siques et psy­chiques, faire l’amour est le meilleur an­ti dé­pres­seur na­tu­rel. L’amour gué­rit. Re­tour sur l’art de l’amour se­lon une des spi­ri­tua­li­tés les plus an­ciennes : la mé­de­cine et la phi­lo­so­phie ti­bé­taines.

Kar­ma­mu­dra

Le Kar­ma-mu­dra est donc cette pra­tique de l’état d’or­gasme qui est na­tu­rel­le­ment res­sen­ti dans les cha­kras de la tête et de la base. Kar­ma si­gni­fie «ac­tion» et mu­dra veut dire «geste, mou­ve­ment» ou bien «par­te­naire». Kar­ma­mu­dra est tra­duit par «che­min de la jouis­sance com­plète» ou «che­min de l’ex­tase», on peut uti­li­ser le terme fé­li­ci­té, qui est moins cou­rant, ou béa­ti­tude, qui conserve bien l’idée de com­plé­tude. On ap­pelle aus­si cette pra­tique la «pra­tique de l’Union», tout sim­ple­ment. Kar­ma­mu­dra peut être pra­ti­qué seul ou avec un par­te­naire, et par des gens adultes ac­tifs, par les hommes et par les femmes. Il y a deux as­pects: la pra­tique sur soi et la pra­tique avec un par­te­naire. En main­te­nant la conscience éveillée pen­dant la pra­tique, on peut com­prendre la na­ture pro­fonde de notre es­prit. Pour y par­ve­nir, il faut suivre un en­traî­ne­ment pro­gres­sif fait d’exer­cices de yo­ga tra­vaillant sur l’éner­gie et les ca­naux éner­gé­tiques, afin d’at­teindre dif­fé­rents ni­veaux d’ex­pé­rience de jouis­sance que l’on in­tègre à la mé­di­ta­tion.

L’amour n’est plus alors cet en­chai­ne­ment de gestes rou­ti­niers ré­pé­tés à la va vite dans un oc­ci­dent pres­sé et qui sur consomme de la du­rée. L’amour re­de­vient un art, un art qui dure dans le temps…

Plu­sieurs types de jouis­sance….

Il y a 4 types de «mu­dras»: le Sa­maya-mu­dra ou jouis­sance men­tale, le Kar­ma­mu­dra, ou pra­tique de l’union, le Dhar­ma-mu­dra ou main­te­nir l’éveil, le Ma­ha-mu­dra ou sa­gesse to­tale ! Il y a aus­si 4 types de jouis­sances (ou fé­li­ci­tés) : la jouis­sance du cha­kra de la gorge qui cor­res­pond à «de­wa» la jouis­sance pure et à la va­cui­té pure, la jouis­sance su­prême du cha­kra du coeur qui cor­res­pond à la jouis­sance su­prême et à la grande va­cui­té, la jouis­sance spé­ciale du cha­kra du nom­bril qui cor­res­pond à la jouis­sance spé­ciale et à la va­cui­té ex­trême, la jouis­sance in­née du cha­kra de la base qui cor­res­pond à la jouis­sance in­née et à la va­cui­té to­tale. Ces 4 «ex­tases» s’ob­tiennent grâce à 2 pra­tiques : celle du Tum­mo (le feu in­terne di­vin) et celle du Kar­ma-mu­dra. Les textes tra­di­tion­nels du Yu­thok Nying­thig en­seignent très pré­ci­sé­ment le Kar­ma-mu­dra comme une pra­tique es­sen­tielle pour ac­com­plir l’ex­pé­rience de la claire lu­mière in­née.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.