Psy­cho : Je ne suis pas su­per­wo­man !

Esprit Bébé - - Sommaire - Son­dès Kha­li­fa

Il n’y a pas beau­coup d’éman­ci­pa­tion dans la vie d’une femme qui se plie en quatre entre tra­vail, en­fants, mé­nage et cui­sine, qui se né­glige et s’ou­blie au pas­sage. On de­mande à la femme mère de fa­mille d’être ef­fi­cace sur tous les plans, une vé­ri­table su­per­wo­man. Mon­sieur est comme un « in­vi­té d’hon­neur », qui rentre le soir pour man­ger à la mai­son, re­gar­der la té­lé, et qui «ose » même faire des re­marques déso­bli­geantes à pro­pos de la nour­ri­ture. C’est fa­ti­guant d’être su­per­wo­man.

Jour­née in­ter­na­tio­nale de la femme

Chaque an­née, on fête la « Jour­née in­ter­na­tio­nale de la femme ». Ce­la veut dire, im­pli­ci­te­ment, que la cause « femme » de­vrait et au­rait be­soin d’être dé­fen­due, comme le pa­tri­moine, « jour­née in­ter­na­tio­nale du pa­tri­moine », ou comme le don du sang « jour­née in­ter­na­tio­nale du don de sang » etc. La femme est la moi­tié de la so­cié­té. Ce n’est ni le pa­tri­moine, ni le don du sang. Le fait même que cette jour­née existe té­moigne à quel point la cause fé­mi­nine est tou­jours d’ac­tua­li­té. L’éman­ci­pa­tion de la femme a conduit à une exi­gence de femme su­per­wo­man qui se­rait ef­fi­cace sur tous les plans : tra­vail, en­fants, mai­son, etc.

L’Homme la­tin, macho ?

Un peu oui. Un Homme éle­vé dans la culture la­tine avec une mère su­per puis­sante et su­per­wo­man a une dis­po­si­tion par­ti­cu­lière de l’es­prit. Il res­pecte beau­coup la femme, mais pense (in­cons­ciem­ment) qu’elle est res­pon­sable de tout à la mai­son. C’est elle la chef. Ain­si, il va trou­ver «bi­zarre», voire hon­teux, de chan­ger des couches bé­bé, de faire la vais­selle, etc. Ja­mais il ne fe­ra ça de­vant sa mère ou ses co­pains du foot. Et quand il l’au­ra fait, il va mettre ça « en dé­bit » sur le compte de sa femme. A la pre­mière dis­pute, il va lui sor­tir : « Com­ment ça je suis macho… ?! Tu te rap­pelles l’autre fois, j’ai plié le linge quand même ! Vous les femmes vous n’êtes ja­mais contentes !». C’était donc une fa­veur que Mon­sieur a fait pour sa femme ché­rie, pas une ac­tion vo­lon­tai­re­ment et sciem­ment consen­tie. Dans sa tête, c’est la vo­ca­tion pre­mière et na­tu­relle de sa femme ché­rie : chan­ger les couches, plier le linge, faire la cui­sine, la vais­selle, etc. Si elle tra­vaille en plus et qu’elle ex­celle dans son tra­vail, et bien, on lui dit bra­vo !

Com­ment ré­ta­blir l’équi­libre dans la fa­mille ?

Pour ré­ta­blir l’équi­libre dans la fa­mille, il fau­drait tra­vailler avec les en­fants en bas âge, car les va­leurs s’ap­prennent très tôt et sont si dif­fi­ciles à faire évo­luer en­suite. Il fau­drait ap­prendre aux en­fants, dès leur jeune âge, que la femme et l’homme sont dif­fé­rents, bien sûr, mais que la dif­fé­rence ne si­gni­fie pas su­pé­rio­ri­té de l’un sur l’autre. Ou pri­vi­lèges de l’un par rap­port à l’autre. L’éman­ci­pa­tion de la femme n’a pas été tel­le­ment fon­dée sur ce prin­cipe de l’éga­li­té dans la dif­fé­rence, mais sur une es­pèce de pacte des pri­vi­lèges, pour les femmes. Ce qui ne ré­sout nul­le­ment le pro­blème d’éga­li­té de fond. Au contraire, il en sort cette exi­gence de femme su­per­wo­man qui pousse la mère de fa­mille au burn out par­fois. L’éman­ci­pa­tion réelle de la femme, c’est d’ar­rê­ter d’ap­prendre aux en­fants à l’école que ma­man fait la vais­selle et pa­pa lit le jour­nal. Une image men­tale se forme chez l’en­fant qui lit cette phrase et qui la co­pie sur son ca­hier d’éco­lier. Image men­tale qui va le mar­quer, qui se­ra par­ta­gée par tous, gar­çons et filles, ce qui va la rendre réel­le­ment pe­sante et donc dan­ge­reuse.

Je ne suis pas su­per­wo­man !

Une re­ven­di­ca­tion à la­quelle vous avez tout à fait droit ! Si vous êtes mère de fa­mille et que vous tra­vaillez au bu­reau, il est tout à fait nor­mal que vous vous sen­tiez épui­sée de temps en temps. Vous de­vez ab­so­lu­ment vous don­ner du temps, vous don­ner le droit de faire ce que vous ai­mez dans la vie, exer­cer vos pas­sions, etc. Nous vous in­quié­tez pas, vous ne se­rez pas mau­vaise mère si vous ou­bliez un jour de faire à man­ger pour les en­fants. Le sté­réo­type de la mau­vaise mère me­nace toutes les femmes qui courent tout le temps pour être ces su­per­wo­men qu’on at­tend d’elles. Si vous ne par­ve­nez pas à ar­rê­ter de cou­rir un temps, per­sonne ne le fe­ra pour vous. Votre san­té et votre bien-être dé­pendent de vous, uni­que­ment de vous et des dé­ci­sions que vous pre­nez dans votre vie.

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