mé­di­tez AVEC VOS CINQ SENS

Nos sens nous aident à nous connec­ter à toute la beau­té, l’in­ten­si­té et la ri­chesse du monde. Et si nous en pre­nions un peu plus conscience ?

Esprit Yoga HS - - SOMMAIRE - De Ca­ro­lyn Gi­mian ; Illus­tra­tion de Whoo­li Chen

uti­li­sons nos sens pour nous connec­ter à la beau­té du monde

Pour réel­le­ment ap­pré­cier la vie, nous avons be­soin de per­ce­voir, res­sen­tir,

sen­tir notre monde. C’est grâce aux organes sen­si­tifs que nous sommes sen­sibles à la lu­mière, aux vi­bra­tions, au tou­cher, aux mo­lé­cules qui consti­tuent les odeurs et les goûts… Nous conver­tis­sons ces sti­mu­li en si­gnaux élec­triques qui voyagent via le sys­tème ner­veux jus­qu’à cer­taines zones du cer­veau. Ces si­gnaux sont en­suite in­ter­pré­tés pour que nous ayons des per­cep­tions.

Pour­tant, nous avons ten­dance à igno­rer nos sens, à ne pas leur prê­ter vé­ri­ta­ble­ment d’at­ten­tion. La pleine conscience nous aide à nous (re) connec­ter aux per­cep­tions des sens en nous ra­me­nant au mo­ment pré­sent. Nous nous as­seyons cal­me­ment et prê­tons at­ten­tion à notre souffle, nous ra­len­tis­sons. Nous ne sommes pas constam­ment em­me­nés dans toutes les di­rec­tions par nos pen­sées. Dans la vie de tous les jours, la pleine conscience per­met de prê­ter at­ten­tion aux sons, images, goûts, odeurs or­di­naires, que nous né­gli­geons sou­vent. Avez-vous dé­jà vrai­ment en­ten­du votre ré­fri­gé­ra­teur ? Avez-vous dé­jà vrai­ment res­sen­ti

l’odeur du pa­pier dans votre bu­reau ? Avez-vous re­mar­qué le rouge à lèvre rouge vif que votre col­lègue porte au­jourd’hui ?

Dans la vie ur­baine mo­derne, nous souf­frons à la fois d’un manque et d’une sur­charge sen­so­riels. Le manque vient en par­tie de l’étroi­tesse de notre en­vi­ron­ne­ment : nous pre­nons le même bus ou le même mé­tro chaque jour pour al­ler tra­vailler ; nous nous as­seyons à un bu­reau et re­gar­dons un écran d’or­di­na­teur. La nuit, nous ren­trons et re­gar­dons sou­vent d’autres écrans. Il n’est pas sur­pre­nant que nous ayons soif d’ex­pé­riences sen­so­rielles et que nous re­cher­chions le meilleur café, les meilleurs lé­gumes, et que nous nous met­tions au jar­di­nage, au tri­cot, au vé­lo, ou que nous al­lions à la salle de sport ou au café après le tra­vail.

D’un autre cô­té, nous sommes bom­bar­dés d’ap­ports sen­so­riels ex­ces­sifs de la vie ur­baine : les bruits des en­gins de construc­tions, la mau­vaise qua­li­té de l’air, les em­bou­teillages, la foule par­tout… Dans ce contexte, il de­vient es­sen­tiel de trou­ver de l’es­pace et de la vi­ta­li­té dans nos activités quo­ti­diennes. C’est en ce­la que nos sens nous sont vrai­ment utiles. Avec tout le stress et la ten­sion aux­quels nous fai­sons face, ils peuvent nous ai­der à adop­ter une ap­proche plus ou­verte et équi­li­brée de la vie quo­ti­dienne. Non seu­le­ment ce­la est gra­tuit, mais en plus nous profitons ain­si da­van­tage de la beau­té et de la ri­chesse du monde.

La vue est de loin le sens do­mi­nant. 80 % de ce que nous ap­pre­nons passe par nos yeux. Quand vous re­gar­dez quelque chose, vous pen­sez peut-être que vous voyez cet ob­jet, la chose en elle-même, mais ce que vous voyez en réa­li­té est la lu­mière qui se re­flète sur cet ob­jet (sauf si une chose émet de la lu­mière de ma­nière au­to­nome, comme une am­poule élec­trique).

Lorsque nous por­tons un re­gard neuf sur le monde, un re­gard qui élar­git notre per­cep­tion, nous sommes dans une ap­proche consciente de la vue qui se si­tue dans le pré­sent, sans ju­ge­ment. Notre ap­proche ha­bi­tuelle consiste à por­ter des ju­ge­ments qui ré­tré­cissent ce que nous voyons. Nous ac­cep­tons ce­ci et re­je­tons ce­la. Nous ai­mons le bleu mais nous dé­tes­tons le vert. Telle per­sonne est notre ami, mais cet autre type ne l’est pas. Du coup, nous n’avons au­cune idée des vê­te­ments por­tés par ce der­nier et nous ne re­mar­quons pas à quel point il a l’air triste. Ou alors nous voyons peut-être la fo­rêt, la vue gé­né­rale et non les arbres. Quand nous cher­chons notre voi­ture dans le par­king, nous ne re­mar­quons pas les autres vé­hi­cules, ni s’il y a des nuages dans le ciel.

Nos ten­dances ha­bi­tuelles mènent sou­vent à la ca­té­go­ri­sa­tion. Notre cer­veau, par exemple, nous dit que la boule douce com­po­sée de plu­sieurs épais­seurs at­ta­chées à un bâton vert et à l’odeur agréable est en réa­li­té une rose. Le temps d’un ins­tant, ce­la peut va­loir le coup de voir les pé­tales, de sen­tir leur dou­ceur, d’in­ha­ler l’odeur ; en somme de faire l’ex­pé­rience de la rose, plu­tôt que sim­ple­ment lui apposer une éti­quette. C’est là que la pleine conscience entre en jeu.

le sa­viez-vous ? L’oeil est com­po­sé de plus de deux mil­liards d’élé­ments ac­tifs et c’est l’or­gane le plus com­plexe du corps, après le cer­veau.

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