UNE MAI­SON QUI NE SE LAISSE PAS EM­POR­TER

qui ne se laisse pas em­por­ter

Esprit Yoga HS - - SOMMAIRE - Par Will Ka­bat-zinn ; Il­lus­tra­tions de Mar­ta Se­vil­la

un men­tal calme et po­sé avec la mé­di­ta­tion de pleine conscience

Will Ka­bat-zinn, en­sei­gnant de mé­di­ta­tion, ex­plique com­ment la pra­tique ré­gu­lière de celle-ci peut nous ap­por­ter un es­prit po­sé et stable en dé­pit du chaos de la vie. Pen­sez à l’his­toire des trois pe­tits co­chons : dans quel type de mai­son votre es­prit a-t-il l’ha­bi­tude de lo­ger ? Dans quel type de mai­son ai­me­riez-vous ha­bi­ter ?

Beau­coup de gens se de­mandent : « Qu’est-ce qu’on fait exac­te­ment pen­dant une re­traite de mé­di­ta­tion ? ». À vrai dire, c’est plu­tôt simple. En gros, vous dé­ci­dez de prendre quelques jours de con­gé pour mé­di­ter, dans un lieu avec d’autres per­sonnes. Le pre­mier jour, vous vous as­seyez, vous prê­tez at­ten­tion à votre corps et à votre souffle pen­dant 30 à 45 mi­nutes. En­suite, vous mar­chez de long en large pen­dant un bon mo­ment. À l’heure du re­pas, vous man­gez en si­lence. En­suite, vous vous as­seyez pour ob­ser­ver le corps et le souffle, vous mar­chez de nou­veau, man­gez en si­lence, et ain­si de suite. Vous faites ça toute la jour­née. C’est très amu­sant. Vous devriez vrai­ment es­sayer. Bon, je l’avoue : pré­sen­té comme ce­la, c’est as­sez peu ven­deur ! C’est as­sez éloi­gné d’une jour­née en tha­las­so, et pour­tant beau­coup de gens qui tentent l’ex­pé­rience y re­viennent en­core et en­core. Pour­quoi ?

Si vous par­lez aux gens qui sont en train de faire une re­traite, ils di­ront sou­vent des choses comme : « je reste là as­sis, j’es­saie tant bien que mal d’être pré­sent. Je res­sens une res­pi­ra­tion, en­suite mon es­prit part dans tous les sens, puis je re­viens, et ain­si de suite. J’ai peu­têtre quelques ins­tants de pleine conscience au cours d’une as­sise de 45 mi­nutes. Quand on com­mence à mar­cher, je me mets à ré­flé­chir à ma vie, tout en fai­sant beau­coup d’ef­forts pour res­ter pré­sent. Quand on re­vient s’as­seoir, je conti­nue de m’agi­ter dans tous les sens dans ma tête.

Pen­dant le dé­jeu­ner, je pense au fait que j’ai vrai­ment pas­sé très peu de temps à réel­le­ment mé­di­ter, au cours de cette ma­ti­née. Mais après le dé­jeu­ner, je vais faire une pe­tite pro­me­nade et ma vi­sion du monde me pa­raît sou­dain ab­so­lu­ment sai­sis­sante. Je re­marque les pierres au sol, elles se dé­marquent vrai­ment. Elles sont par­ti­cu­lières. Je vois des perles d’hu­mi­di­té sur leur sur­face. Quel lieu ma­gni­fique ! »

Il n’est pas rare pour une per­sonne en re­traite de mé­di­ta­tion d’avoir l’im­pres­sion de ne pas mé­di­ter - quelle qu’en soit leur dé­fi­ni­tion - et pour­tant, des ef­fets in­tri­gants sont là. Que se passe t-il ? Ces ef­fets semblent être liés à un chan­ge­ment dans la ma­nière ha­bi­tuelle d’uti­li­ser notre at­ten­tion. Notre at­ten­tion de tous les jours fonc­tionne en mode au­to­ma­tique. Elle suit des sché­mas pré­éta­blis. Et les chemins que notre at­ten­tion nous fait em­prun­ter, les choix qu’elle fait, af­fectent très lar­ge­ment notre ex­pé­rience. D’une cer­taine fa­çon, ils créent notre ex­pé­rience.

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