I DISSIPER LE STRESS

Une des prin­ci­pales sources du stress, c'est le sen­ti­ment de ne pas pou­voir maî­tri­ser son temps. Voi­ci une sé­quence qui vous ai­de­ra à lâ­cher-prise et à vous amé­na­ger un temps pour dé­com­pres­ser. Texte : Lio­nel Cou­dron ; Pos­tures : Co­rinne Mié­ville ; Pho­to

Esprit Yoga - - SOMMAIRE -

D'éton­nants liens entre le yo­ga et les pra­tiques éner­gé­tiques de l'egypte an­cienne

yYo­ga des pharaons, yo­ga égyp­tien, ke­me­tic yo­ga, on prête des noms va­riés à ce yo­ga aux ra­cines afri­caines. À l'image de son cou­sin in­dien, le yo­ga égyp­tien est une science du mou­ve­ment, de la res­pi­ra­tion et de la cir­cu­la­tion éner­gé­tique. Si l'étude des hié­ro­glyphes a mis en évi­dence des poses iden­tiques, comme la char­rue, le pont ou le co­bra, elle en a aus­si ré­vé­lé d'autres, plus spé­ci­fiques.

LA SYM­BO­LIQUE DE LA PYRAMIDE

Plu­sieurs pos­tures imitent la forme tri­an­gu­laire de la pyramide. La base an­crée dans le sol, le buste et les membres su­pé­rieurs éti­rés vers le ciel, elles consti­tuent un tré­pied pour ex­pé­ri­men­ter la ver­ti­ca­li­té. C'est le cas de la marche égyp­tienne, qui sou­tient le Chan­de­lier, pos­ture clé du yo­ga égyp­tien : obé­lisque poin­tée vers le ciel, l'homme de­bout en chan­de­lier est l'abou­tis­se­ment de la ver­ti­ca­li­té hu­maine. C'est le cas éga­le­ment du de­mi-dia­mant, une jambe re­pliée, l'autre flé­chie, sur le­quel s'as­soit le Guer­rier Pa­ci­fi­ca­teur et des mu­dras py­ra­mi­daux, lorsque les in­dex et les pouces se touchent en tri­angle. Toutes mettent l'ac­cent sur l'ali­gne­ment de l'épine dor­sale.

Yo­ga de ré­gé­né­ra­tion ac­ces­sible à tous, il per­met de re­dres­ser pro­gres­si­ve­ment l'axe ver­té­bral, d'amé­lio­rer l'ou­ver­ture des épaules, de la voix et des étages pul­mo­naires. Il dé­ve­loppe la concen­tra­tion et le contrôle de l'énergie. Le tra­vail sur la co­lonne ac­tive la cir­cu­la­tion, ac­croît la sou­plesse, oxy­gène le cer­veau et cla­ri­fie la pen­sée. Le yo­ga égyp­tien se pra­tique en par­faite com­plé­men­ta­ri­té avec le ha­tha yo­ga et les autres styles, tant pour ap­pro­fon­dir les pos­tures que pour pré­pa­rer à la mé­di­ta­tion.

Dis­ci­pline d'équi­libre, elle vise l'uni­fi­ca­tion de la dua­li­té conte­nue en l'être hu­main et l'har­mo­ni­sa­tion de ses po­la­ri­tés. La ra­cine sans­krite yug, qui si­gni­fie « unir », pos­sède son cor­res­pon­dant exact en langue pha­rao­nique : sma. Son hié­ro­glyphe le re­pré­sente ceint des plantes em­blé­ma­tiques de Haute-égypte et de Bas­seé­gypte et sym­bo­lise l'union des Deux Terres ou « sma taouy ». Ex­pres­sion qui n'est pas sans rap­pe­ler la for­mule ha­tha, union des éner­gies so­laires et lu­naires.

LA CO­LONNE VER­TÉ­BRALE, PILIER DU MONDE

La co­lonne est le pilier cen­tral du mi­cro­cosme qu'est l'homme. Les Égyp­tiens, qui pos­sé­daient une connais­sance fine de sa phy­sio­lo­gie, la consi­dé­raient comme un ca­nal sacré de cir­cu­la­tion de l'énergie, dres­sée vers le di­vin. La pra­tique des tor­sions vi­sait à per­mettre la mon­tée de

l'énergie conte­nue dans le sa­crum. Ces traces an­ces­trales nous ré­vèlent une au­then­tique tech­nique d'au­to-ma­ni­pu­la­tion dy­na­mique vi­sant à ac­ti­ver les res­sources au­to­nomes de san­té du corps. On cher­chait à faire cir­cu­ler le ka, équi­valent égyp­tien du chi et du prâ­na.

DES HÉ­RI­TIERS SUR TOUS LES CONTI­NENTS

Après des mil­lé­naires de som­meil, le yo­ga des pharaons fait connais­sance avec le pu­blic oc­ci­den­tal de­puis tout juste un de­mi-siècle. De part et d'autre de l'at­lan­tique, Ba­ba­car Khane et Yr­ser Ra Ho­tep ont contri­bué à sa re­nais­sance. Ces deux ap­proches sont en­ri­chies par l'ap­pa­ri­tion de nou­velles formes comme le afro-flow yo­ga ou le hot ke­me­tic yo­ga. Pro­fes­seure pa­ri­sienne, Bes­re­kè Ahou s'est for­mée au­près des deux maîtres et en­seigne le yo­ga ké­mé­tique. « Cette ap­pel­la­tion me per­met de me re­lier aux ori­gines de ma pra­tique. Par exemple, ''na­mas­té'' n'a pas la même ré­so­nance pour moi, je pré­fère dire ''ho­tep''. De même, pour la sa­lu­ta­tion au so­leil, nous par­lons de ''sa­lu­ta­tion à Râ'' ». Comme ses élèves et beau­coup d'autres per­sonnes pra­ti­quant le yo­ga d'égypte, le fait d'avoir des ori­gines afri­caines ajoute in­con­tes­ta­ble­ment un sup­plé­ment d'âme à la dis­ci­pline. « Pour au­tant, le yo­ga est une conti­nui­té, une flui­di­té. Les dif­fé­rentes écoles font par­tie de son évo­lu­tion mais c'est une his­toire uni­ver­selle. Le yo­ga n'a pas de cou­leur ».

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