Oli­vier Ré­gis, le Ma­cron du

Oli­vier Ré­gis, an­cien di­rec­teur d’école et ban­quier, conseiller mu­ni­ci­pal de Be­zons (95), as­sure qu’il au­ra ses 500 par­rai­nages pour par­ti­ci­per à la pré­si­den­tielle. En at­ten­dant, il bat la cam­pagne pour vendre son idée d’un gou­ver­ne­ment d’union na­tio­nale.

Eure Infos - - Evreux -

À Évreux, Oli­vier Ré­gis sait qu’il doit pri­vi­lé­gier ses ori­gines ru­rales. C’est donc en « fils de ca­fe­tier Avey­ron­nais » que le can­di­dat à la pré­si­den­tielle se pré­sente. À lire son CV on est pour­tant loin du cul des vaches. Né à Pa­ris, le conseiller mu­ni­ci­pal de Be­zons y a fait ses études et en­sei­gné avant de se lan­cer dans une car­rière ban­caire chez Leh­man Bro­thers puis Na­tixis. Un pas­sé de ban­quier qu’il par­tage avec Em­ma­nuel Ma­cron, mais ce n’est pas leur seul point com­mun. An­cien­ne­ment en­car­té à l’UMP, Oli­vier Ré­gis dé­fend l’idée d’un gou­ver­ne­ment d’union na­tio­nale et a, à cet ef­fet, créé son propre mou­ve­ment : Ai­mer la France. Mais à la dif­fé­rence de l’an­cien mi­nistre de l’Éco­no­mie, « ce n’est pas ni droite ni gauche, c’est et droite et gauche ».

Ce pro­jet, il as­sure « l’avoir construit à par­tir du ter­rain ». Res­pon­sable du Fo­rum pour la ges­tion des villes et des col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales de 2004 à 2016, force est de consta­ter qu’Oli­vier Ré­gis connaît bien le ter­ri­toire et ses col­lec­ti­vi­tés. Il y a deux ans, il a même co­écrit un livre qui avait un peu fait par­ler de lui Pour en fi­nir (vrai­ment) avec le mille-feuille ter­ri­to­rial. De ces fonc­tions, il as­sure avoir conser­vé un so­lide ré­seau qui lui per­met­trait d’ali­gner les 500 par­rai­nages re­quis pour être of­fi­ciel­le­ment can­di­dat à l’élec­tion pré­si­den­tielle.

« Le fé­mi­nisme est in­dis­pen­sable »

Sa can­di­da­ture s’ap­puie sur 21 pro­po­si­tions dont la pre­mière est pour le moins ori­gi­nale : il prône une pa­ri­té to­tale et in­té­grale à l’As­sem­blée na­tio­nale et dans le couple pré­sident/Pre­mier mi­nistre. « Je suis convain­cu que l’ave­nir de notre pays doit pas­ser par les femmes » mar­tèle-t-il. Pour lui, « le fé­mi­nisme est in­dis­pen­sable et ne pour­ra pas se faire dans la dou­ceur ». Il compte sur le beau sexe pour faire le mé­nage dans les pra­tiques po­li­tiques…

Par­mi ses pro­po­si­tions on compte d’ailleurs l’in­ter­dic­tion pour l’État de pré­sen­ter un bud­get en dés­équi­libre dans sa sec­tion fonc­tion­ne­ment. Fi­ni de vivre à cré­dit « sur le dos de nos en­fants ». Le can­di­dat sou­haite faire ra­che­ter la dette pu­blique par les ci­toyens. Via de nou­veaux im­pôts ? Pas sûr que ce soit po­pu­laire… « Il faut com­prendre que notre in­té­rêt gé­né­ral c’est d’ar­rê­ter de nour­rir les banques. Les Fran­çais sont beau­coup plus in­tel­li­gents que les po­li­tiques ne le pensent » as­sure-t-il.

Voi­là pour la France. Mais que pro­pose Oli­vier Ré­gis pour les ter­ri­toires ru­raux qu’il pré­tend vou­loir dé­fendre ? « J’ai trois prio­ri­tés » dé­taille-t-il. La pre­mière, rap­pro­cher la Nor­man­die de Pa­ris par une ligne à grande vi­tesse, en­suite, « s’at­ta­quer à la grande dis­tri­bu­tion », seule res­pon­sable se­lon lui de la dé­ser­ti­fi­ca­tion des centres-villes en condi­tion­nant leur ins­tal­la­tion à des contre­par­ties, et en­fin ame­ner le Très Haut dé­bit dans tous les ter­ri­toires.

Même s’il réunit ses 500 par­rai­nages, Oli­vier Ré­gis ne se fait pas trop d’illu­sions sur l’is­sue du scru­tin, « on n’est pas dans le rêve ». Ce qu’il veut avant tout c’est « ali­men­ter le dé­bat ».

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