En­fer et taxa­tions

EVO (France) - - Édito - Par PA­TRICK « PAT PANICK » GAR­CIA

L’au­to­mo­bi­liste, vache à lait his­to­rique de l’état, ne risque pas de voir s’al­lé­ger le poids de l’im­pôt qui pèse sur son ca­pot tout beau. Cible im­muable de toutes les lois de fi­nances de­puis des dé­cen­nies, l’ache­teur d’au­to­mo­bile doit dé­jà s’ac­quit­ter d’une TVA de 20 %, d’un ma­lus tou­jours plus sé­vère, de frais d’im­ma­tri­cu­la­tion, de péages, et il re­verse aus­si 70 % de son plein d’es­sence à l’état. S’il pré­fère l’oc­ca­sion, il n’est pas épar­gné non plus et en plus d’une éco­taxe à payer lors de l’achat, il doit s’ac­quit­ter d’un ma­lus an­nuel de 160 eu­ros si sa voi­ture (d’après 2009) émet un ni­veau de CO2 don­né. Il est éga­le­ment contraint de ver­ser un im­pôt rou­tier dé­gui­sé qui prend la forme de pro­cès-ver­baux di­vers et va­riés, que ce soit pour des dé­pas­se­ments de vi­tesse li­mite que l’on ré­duit chaque an­née de fa­çon si pos­sible to­ta­le­ment in­co­hé­rente, ou en­core pour des sta­tion­ne­ments ur­bains que les mu­ni­ci­pa­li­tés s’éver­tuent à ré­duire là aus­si. Et dès lors que vous ai­mez, comme nous, les au­tos à gros ca­rac­tère, les mon­tants et pour­cen­tages de toutes ces taxes ex­plosent dans des pro­por­tions hal­lu­ci­nantes qui font par­fois aug­men­ter le prix d’une au­to de plus de 25 %.

Vous pen­siez la coupe plus que pleine, mais non. En 2018, en plus d’un ma­lus qui peut tri­pler sur cer­tains mo­dèles ou ajou­ter plus de 9000 eu­ros aux 32000 eu­ros d’une Toyo­ta GT86 de 200 ch, des prix de PV de sta­tion­ne­ment dé­pla­fon­nés et des ra­dars em­bar­qués pri­va­ti­sés, nos gou­ver­nants veulent ins­tau­rer un ma­lus an­nuel sur les voi­tures d’oc­ca­sion, non pas ba­sé sur le CO2 mais sur les che­vaux fis­caux. Et le ba­rème dé­bute à 10 ch, soit l’équi­valent d’un 3008 die­sel. Mais tout ce­la n’est tou­jours pas suf­fi­sant puis­qu’une sur­taxe à l’achat des voi­tures d’oc­ca­sion et de col­lec­tion de plus de 36 CV pou­vant at­teindre 8 000 eu­ros est éga­le­ment à l’étude.

D’un point de vue éco­no­mique, il fau­dra tout de même que l’on m’ex­plique un jour quels avan­tages il y a à éteindre plu­tôt qu’at­ti­ser les pas­sions d’en­thou­siastes prêts à tant de sa­cri­fices fi­nan­ciers pour par­ve­nir à concré­ti­ser leurs rêves ?

En signe de ré­bel­lion, conti­nuons donc à rê­ver. La grosse cen­taine de pages qui suit vous y ai­de­ra, je l’es­père…

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