Un sen­ti­ment de manque

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On a beau­coup dit que la dé­pres­sion était liée à un » manque C. uelque chose vous manque. l est sou­vent dif­fi­cile de mettre le doigt sur ce qui nous manque mais il ar­rive aus­si fré­quem­ment que ce qu’on a per­du soit ai­sé­ment iden­ti­fiable. Un deuil est le pre­mier exemple qui vient à l’es­prit. Il peut y avoir aus­si un ma­riage dé­truit, des amours contra­riées, une perte de biens ma­té­riels. On a le droit de ver­ser quelques larmes quand on vient de perdre son emploi. La perte de contact avec ses ra­cines propres se dis­cerne moins fa­ci­le­ment ; ce­la ar­rive quand la famille dé­mé­nage et se trouve dans un nou­vel en­vi­ron­ne­ment. Cer­tains membres s’en trouvent sé­rieu­se­ment traumatisés ; les ma­ga­sins dans les­quels on avait ses pe­tites ha­bi­tudes ont dis­pa­ru. Il faut se re­créer des liens, se faire de nou­velles re­la­tions, s’adap­ter à une nou­velle com­mu­nau­té sco­laire ou pa­rois­siale. Cette re­cons­truc­tion de sa vie, cet ef­fort pour com­bler les vides, exigent beau­coup d’ef­forts conscients et toute une tech­nique.

PRO­MET­TEZ-VOUS DE NE JA­MAIS PRO­NON­CER CES PA­ROLES : « JA­MAIS PLUS »

C’est le pre­mier pas. Évi­tez les phrases du genre: « Ce ne se­ra ja­mais plus la même chose pour moi dans cette ville que je ne connais pas » ou « Je ne trou­ve­rai ja­mais plus un emploi qui me convienne aus­si bien que ce­lui qu’on m’a in­jus­te­ment re­ti­ré » ou « Il n’y au­ra plus ja­mais quel­qu’un d’autre dans ma vie », etc. etc. Ce noir pes­si­misme pour­rait fort bien se re­tour­ner contre vous.

AP­PRE­NEZ À VOUS ADAP­TER

Si jus­qu’à pré­sent vous vous êtes fait des amis et re­la­tions dans un seul mi­lieu so­cial, dans une seule ca­té­go­rie éco­no­mique, eh bien ! c’est le mo­ment d’élar­gir un peu votre ho­ri­zon. Si vous n’avez son­gé qu’à un seul mé­tier pos­sible pour vous, voyez à pré­sent ce que vous pour­riez trou­ver comme emploi dans des branches pro­fes­sion­nelles voi­sines. Si vos in­té­rêts étaient can­ton­nés dans un pe­tit nombre de su­jets, sah­cez por­ter votre cu­rio­si­té sur d’autres ter­rains. Vous fe­rez ain­si un ef­fort au dé­but mais ce­la vaut la peine que vous per­sé­vè­riez. Exemple: « Je m’étais tou­jours dou­té que le bow­ling ne me plai­rait ab­so­lu­ment pas et main­te­nant j’en suis convain­cu » dit-on au pre­mier es­sai mais si l’on ne se laisse pas dé­cou­ra­ger ou en vien­dra à dé­cla­rer: « Tiens, tiens ! J’ai l’im­pres­sion que j’at­trape le coup ; c’est plus amu­sant que je ne le pen­sais ».

NE RE­FOU­LEZ PAS VOTRE CHA­GRIN

Quand on a per­du un être cher, il est nor­mal qu’on se laisse al­ler et qu’on ne cherche pas à ca­cher se dou­leur. Pleu­rez un bon coup. Ne vous re­te­nez pas par stoï­cisme. Si vous êtes en as­sez bonne san­té, vous com­men­ce­rez à ré­cu­pé­rer en quelques se­maines ou quelques mois. Pen­dant cette pé­riode pé­nible, il pour­ra vous être bé­né­fique d’al­ler voir

quel­que­fois un thé­ra­peute, un pas­teur ou un prêtre. Mais chaque cas est si dif­fé­rent qu’il est dif­fi­cile de don­ner un con­seil va­lable pour tous. En tout cas, soyez com­pa­tis­sant pour vous-même.

ANA­LY­SEZ VOS SEN­TI­MENTS

S’il ne s’agit pas d’un deuil mais d’une rup­ture et que vous vous trou­viez aban­don­né(e), la re­cons­truc­tion de votre vie exige d’autres moyens. Fré­quem­ment après un di­vorce ou des amours mal­heu­reuses, le cha­grin est si in­ti­me­ment lié à la co­lère, à la rancoeur, qu’il est ab­so­lu­ment né­ces­saire de dis­cer­ner les di­vers élé­ments pour pou­voir les neu­tra­li­ser sé­pa­ré­ment. Contre qui êtes-vous en co­lère ? Contre votre ex-conjoint, exa­mant(e) ou contre vous-même ? À qui don­nez­vous le plus d’im­por­tance ? Si vous at­ta­chez plus de prix à vous sen­tir à nou­veau bien dans votre peau qu’à cher­cher à vous ven­ger, vous consta­te­rez que ce se­rait un im­mense gâ­chis d’éner­gie et de temps de conser­ver des sen­ti­ments d’hos­ti­li­té. S’il est né­ces­saire de trou­ver une so­lu­tion à un pro­blème de par­tage de biens, ce­la est l’af­faire de votre avo­cat et vous avez tout in­té­rêt à lui confier la dé­fense de vos in­té­rêts.

LAN­CEZ-VOUS DANS LA CHASSE À L’EMPLOI AVEC COU­RAGE ET DY­NA­MISME

Si vous avez per­du votre si­tua­tion, il faut évi­dem­ment que vous en re­trou­viez une du même stan­ding fi­nan­cier. Comme l’in­fla­tion per­siste et que la hausse des prix de­vient af­fo­lante, nous nous sen­tons tous mal à l’aise. Le seul moyen d’af­fron­ter la crise est de tra­vailler sur notre men­ta­li­té. Si vous êtes en bonne forme, il ne vous se­ra pas trop mal­ai­sé de di­mi­nuer votre train de vie, de ro­gner sur vos dé­penses, d’équi­li­brer votre bud­get. Di­tes­vous bien que la chasse à l’emploi est une des hor­ribles réa­li­tés de l’exis­tence, que c’est plus pé­nible que n’im­porte quel job que vous pou­vez trou­ver, que le dé­cou­ra­ge­ment est in­évi­table mais qu’après chaque coup de ca­fard il vous faut re­bon­dir. Le nombre d’em­plois qui vous sont ac­ces­sibles - ou in­ac­ces­sibles - n’ont rien à voir avec votre va- leur per­son­nelle. Il y a là tout un jeu de cir­cons­tances et l’in­fluence de la conjonc­ture mon­diale. On peut dire que c’est une vé­ri­table lo­te­rie. La vie est in­juste: cette as­ser­tion, vous la trou­ve­rez fré­quem­ment ré­pé­tée au cours de cet ou­vrage. Ac­cep­tez ce fait de même qu’il faut vous per­sua­der que ce qui compte c’est VOUS. Vous ar­ri­ve­rez à vous en sor­tir. Es­sayez de mo­di­fier cette ex­pres­sion de chien bat­tu qui ne vous sied pas et ten­tez votre chance, une fois de plus.

NE RES­TEZ PAS PRI­SON­NIER(E) DU PAS­SÉ

C’est un choix - peut-être in­cons­cient - que nous fai­sons mais en nous cram­pon­nant ain­si à ce qui fut au lieu de vivre la mi­nute pré­sente, nous nous fai­sons beau­coup de mal. Nous dra­ma­ti­sons la perte d’un ani­mal fa­vo­ri en pleu­rant sur ce qui n’est plus. L’ac­cent que nous met­tons sur nos cha­grins est une ma­nière d’at­ti­rer l’at­ten­tion sur notre pe­tite per­sonne. L’école de psy­cho­lo­gie qui fait l’étude des com­por­te­ments voit dans cette at­ti­tude le signe d’ap­par­te­nance à ce qu’ils ap­pellent le « ra­cket de la dé­pres­sion » qui a pour but d’ex­ploi­ter la pi­tié d’au­trui et de se tour­men­ter à plai­sir. C’est un jeu bien connu qui consiste à dire: « Vous êtes OK mais moi je ne suis pas OK », sorte de chan­tage neu­ro­tique. Le re­mède a pour nom: « la re-dé­ci­sion ». Au lieu de dé­ci­der d’être en dé­pres­sion, vous af­fir­mez que vous ne l’êtes plus et que vous vou­lez pro­fi­ter des joies de l’exis­tence.

NE SOYEZ PAS OB­SÉ­DÉ(E) PAR VOTRE ÂGE

Il ne fau­drait pas s’af­fli­ger de se voir vieillir, de consta­ter l’ap­pa­ri­tion des rides et l’épais­sis­se­ment de sa sil­houette mais sa­pris­ti ce n’est pas drôle, convenons-en ! Si ce­la peut vous conso­ler, la courbe de la po­pu­la­tion s’est mo­di­fiée ; il y au­ra de plus en plus dé­sor­mais de per­sonnes ayant dé­pas­sé la soixan­taine et de moins en moins d’en­fants et de jeunes de moins de vingt ans. Nous sen­ti­rons-nous mieux dans notre peau quand les gens de notre tranche d’âge fe­ront nombre ? Peu­têtre qu’alors on met­tra moins l’ac­cent sur la jeunesse.

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