4 tril­lions

Glamour (France) - - Glam'Magazine -

dé­jà sur Ins­ta­gram & Co, pour mieux vous ré­fé­ren­cer dans les fi­chiers com­mer­ciaux… Apple Pay peau­fine aus­si le paie­ment « wea­rable » : par vê­te­ments ou ac­ces­soires connec­tés. Dans cer­tains hy­per­mar­chés, les caisses en­re­gis­treuses vir­tuelles évitent dé­jà de sor­tir les achats du pa­nier, grâce à des ca­mé­ras qui scannent chaque pro­duit, avant de tout dé­bi­ter sur le compte. Et cô­té e-shop­ping, le « buy but­ton » – bou­ton d’achat ins­tan­ta­né – se­ra bien­tôt par­tout. Car, se­lon les com­mer­çants, trop d’in­ter­nautes rem­plissent en­core leur pa­nier vir­tuel avant d’aban­don­ner leurs achats. Aux Etats-unis, ces ar­ticles « ou­bliés » re­pré­sentent même quatre tril­lions de dol­lars. Mais grâce au « buy but­ton », l’achat im­pul­sif de­vrait s’en­vo­ler. Fa­ce­book teste de­puis oc­tobre der­nier un bou­ton « Ache­ter » dans les pu­bli­ci­tés payantes aux USA, et Google veut ra­jou­ter cet ou­til dans les ré­sul­tats des re­cherches en ligne. Tout comme Pin­te­rest, Ins­ta­gram, etc. Ten­ta­tions im­mé­diates et paie­ments dé­ma­té­ria­li­sés ? Ça va flam­ber…

BIG DA­TA ET GÉO­LO­CA­LI­SA­TION 90 % des Fran­çais font des re­cherches en ligne avant d’ache­ter un pro­duit en ma­ga­sin (Ifop pour Di­gi­tasl­bi). Ces don­nées per­mettent un lien tou­jours plus fu­sion­nel entre Web et points de vente. Tan­dis que les cintres connec­tés mé­mo­risent vos pré­fé­rences (vê­te­ment tou­ché puis re­po­sé, te­nue réel­le­ment ache­tée…) pour pro­po­ser des looks sur me­sure, l’e-shop­ping mise sur les « mi­cro-mo­ments ». Car chaque consom­ma­teur passe jus­qu’à quatre heures par jour sur le Web, et les marques veulent trans­for­mer cette fré­quen­ta­tion en achats concrets. Google pi­lote d’ailleurs une étude sur « les mo­ments qui comptent » afin d’af­fi­cher des offres tou­jours plus ir­ré­sis­tibles sur chaque smart­phone… Le shop­ping géo­lo­ca­li­sé (« drive-to-store ») per­met aus­si l’ana­lyse du com­por­te­ment de l’e-shop­per, pour l’at­ti­rer vers les bou­tiques. Les al­go­rithmes savent que vous ai­mez le mas­ca­ra ? Vous n’êtes pas loin d’un Se­pho­ra ? Votre mo­bile af­fiche illi­co 15 % de ré­duc­tion si vous fon­cez en bou­tique. Et Google Now aler­te­ra bien­tôt les mo­bi­nautes pas­sant à proxi­mi­té d’un pro­duit qu’ils ont dé­jà re­gar­dé sur le Web. Autre ten­dance, le « web-to-store », ou « click and col­lect », per­met­tant d’ache­ter en ligne un pro­duit pré­sen­té comme dis­po­nible dans un ma­ga­sin proche, afin d’al­ler le ré­cu­pé­rer illi­co. Tout est bon pour sti­mu­ler l’im­pa­tience…

LE VIR­TUEL, QUEL VIR­TUEL ?

Dans cer­tains ma­ga­sins, il suf­fit dé­jà qu’un ven­deur chausse ses Google Glass et se connecte sur l’appli ibea­con pour que vos pré­fé­rences s’af­fichent et qu’il vous offre un par­cours op­ti­mi­sé dans les rayons : une forme de per­so­nal shop­ping qui se­ra bien­tôt la norme. Même les rayons s’al­lu­me­ront pour in­di­quer ce qui vous cor­res­pond le mieux. En mai, le site ebay a éga­le­ment pré­sen­té son pre­mier ma­ga­sin vir­tuel en Aus­tra­lie, cou­plé à la chaîne Myer. Sur place, le consom­ma­teur en­file un casque de réa­li­té vir­tuelle et n’a plus qu’à fixer les pro­duits qu’il dé­sire des yeux pour les sé­lec­tion­ner ou ob­te­nir des in­fos. L’achat est en­suite fi­na­li­sé en fixant le pa­nier… La 3D va éga­le­ment ré­vo­lu­tion­ner le shop­ping, avec la pos­si­bi­li­té d’im­pri­mer ses propres pro­duits. Pour le mo­ment, plu­sieurs chaînes de ma­ga­sin s’ap­prêtent à pro­po­ser aux clients leur ava­tar en 3D, qui per­met­tra de pro­po­ser des looks adap­tés à la

Il pa­raît que Leï­la Be­kh­ti et Léa Sey­doux adorent. En tout cas, chez Dy­na­mo, le stu­dio qui a lan­cé la fo­lie du spin­ning en France (Dy­na­mo-cy­cling.com), les cours sont lit­té­ra­le­ment pris d’as­saut, quels que soient l’ho­raire et le jour. Pour être sûre de réus­sir à s’ins­crire, Au­drey, 26 ans, se met tous les lundis une alarme à 11 h 50, his­toire d’être par­mi les pre­mières à cli­quer à mi­di pile, quand dé­marrent les ré­ser­va­tions en ligne. « Il faut dire qu’en sor­tant d’un cours, on a en­vie d’un faire un deuxième, voire un troi­sième… », té­moigne à son tour Ca­mille, 25 ans.

A l’ori­gine de cette ad­dic­tion ? « Une com­bi­nai­son de phy­sique et de men­tal qui fait to­ta­le­ment lâ­cher prise », ex­plique la prof Clo­tilde Chau­met, dont les cours ne désem­plissent pas. « La mu­sique est à fond. On est dans le Re­vers de la mé­daille ? Face à l’am­pleur du phé­no­mène, cer­tains sou­lignent les ef­fets in­dé­si­rables d’une pra­tique in­ten­sive. A New York, les agences de man­ne­quins dis­suadent leurs tops d’en faire, de peur qu’elles ne dé­ve­loppent des cuisses de cy­clistes pro. Le coach Mor­gan Char­meaux (@ mor­gan_­chx), qui en­traîne les re­crues de grandes agences à Pa­ris, confirme : « Si on n’est pas spor­tive et qu’on se met tout d’un coup à en faire beau­coup, c’est cer­tain, on risque de prendre des cuisses et des fesses. » Ca­mille, d’ailleurs, ne s’en cache pas : « Quand j’en fais trop, je me sens un peu juste dans mon slim. » « Mes fesses sont plus vo­lu­mi­neuses et re­bon­dies », ap­puie Au­drey. Sans comp­ter la faim : « C’est un peu comme si on avait fait trois heures de pis­cine, ça creuse… » Pour Clo­tilde Chau­met, dans 90 % des cas, au­cun dan­ger. « Grâce aux chaus­sures fixées aux pé­dales, les jambes tirent plus qu’elles ne poussent : du coup c’est l’ar­rière des cuisses qui se des­sine, pas les qua­dri­ceps sur le de­vant. Comme on se tient un peu au- des­sus de la selle, on mo­bi­lise aus­si les ab­dos. Et on uti­lise des poids pour tra­vailler les bras. » Mor­gan Char­meaux pré­cise à son tour : « On ne prend pas for­cé­ment en vo­lume, on se to­ni­fie. Mais comme le muscle est plus dense que la graisse, on peut avoir l’im­pres­sion d’avoir du mal à ren­trer dans son jean. »

Alors, beau­coup de bruit pour rien ? En fait, plus que le spin­ning lui-même, ce se­rait la ten­ta­tion d’en faire trop qui po­se­rait pro­blème. « N’im­porte quel sport, pra­ti­qué à hautes doses, trans­forme la sil­houette, et pas tou­jours en bien, ar­gu­mente le coach. Mais si on en fait trois fois par se­maine, pas de pro­blème. » Et si vrai­ment on a trop peur de ga­gner en masse ? « On règle la ré­sis­tance du vé­lo sur 1 ou 2 et on n’aug­mente pas, quitte à igno­rer les consignes du prof. »

Dans

la pile de livres re­çus à la ré­dac­tion, le titre nous a sau­té aux yeux : Pe­tit Pays, deux mots ba­nals qui, jux­ta­po­sés, nous ont don­né tout de suite en­vie de ser­rer dans nos bras ce pe­tit pays, quel qu’il soit. Dans le livre de Gaël Faye, il s’agit du Bu­run­di, joux­tant le Rwan­da, que le jeune au­teur et chan­teur de rap de 34 ans, nous fait vi­si­ter, tou­cher, hu­mer, via le prisme de son écri­ture si vi­vante, si évi­dente que l’on com­prend qu’une édi­trice, un jour, rien qu’avec un pitch et quelques pages, ait eu en­vie de le ren­con­trer : « On s’est vus de­vant un ca­fé, nous ra­conte Gaël. Elle m’a dit qu’elle ne pre­nait ja­mais de dé­ci­sion avant de lire un ma­nus­crit en en­tier. Quelques jours plus tard, elle m’a rap­pe­lé pour me pro­po­ser de si­gner un contrat. Et m’a don­né trois mois pour fi­nir mon livre. » On ai­me­rait bien vous le dé­crire, Gaël, vous dire, par exemple, s’il est grand ou pe­tit, s’il res­semble à ce point à Stro­mae à qui beau­coup le com­parent. Mais alors que n’im­porte quel jeune homme fai­sant pa­raître son pre­mier livre se tien­drait au garde-à-vous de­vant les mé­dias, il est res­té au Rwan­da – au plus près du Bu­run­di qui est en guerre – où il ré­side de­puis l’été der­nier avec sa femme et leurs deux pe­tites filles. La pro­mo, à Pa­ris, ce se­ra au der­nier mo­ment, en sep­tembre.

Cha­leu­reuse, la voix au bout du fil nous dé­crit le pro­ces­sus de créa­tion : « J’avais loué une pe­tite pièce dans une zone in­dus­trielle à cô­té de chez moi à Al­fort­ville. C’était très bruyant. J’avais mis beau­coup de pho­tos du Bu­run­di au mur. Et aus­si une frise chro­no­lo­gique. J’avais l’im­pres­sion de ren­trer chaque ma­tin dans une grotte pour re­trou­ver Ga­briel. » Le hé­ros du livre. Un ga­min qui, coin­cé entre des pa­rents en conflit, ap­prend l’au­to­no­mie avec sa bande de potes. Comme lui, Gaël a vé­cu au Bu­run­di, avec sa mère rwan­daise et son père fran­çais, jus­qu’à l’âge de 13 ans. Comme lui, il a vu les gros nuages noirs de la guerre s’amon­ce­ler au-des­sus de son pe­tit coin de pa­ra­dis. Mais la com­pa­rai­son s’ar­rête là. « Les in­ter­ro­ga­tions de Ga­briel, je ne les ai eues que beau­coup plus tard. Je n’ai pas le même sché­ma fa­mi­lial que lui. Et je n’ai con­nu le Rwan­da qu’à l’âge adulte. » On ose lui de­man­der : com­ment est-ce pos­sible de s’ins­tal­ler dans un pays où la vio­lence a été in­ouïe ? On ima­gine des ran­coeurs lar­vées, des dou­leurs in­ex­tin­guibles… « J’avais les mêmes ap­pré­hen­sions que vous. Je re­gar­dais le Rwan­da avec le contre­point du gé­no­cide. Mais il y a une autre réa­li­té que j’en­tre­vois sur place. En de­hors de la pé­riode des com­mé­mo­ra­tions, la vie y est ba­nale et très calme. Et ça m’apaise de me dire que ce pays a re­trou­vé une cer­taine forme de ba­na­li­té. » On lui cite un pas­sage de son livre : « Cer­tains soirs, le bruit des armes se confon­dait avec le chant des oi­seaux ou l’ap­pel du muez­zin, et il m’ar­ri­vait de trou­ver beau cet étrange uni­vers so­nore… » Gaël confirme ce cu­rieux pa­ra­doxe : « Mes plus beaux sou­ve­nirs d’en­fance sont par­mi ces sou­ve­nirs de guerre. » Il n’em­pêche : lors­qu’il se ré­fu­gie en France au dé­but de l’ado­les­cence, cer­tains bruits lui sont in­sup­por­tables : « Une porte qui claque me fai­sait peur. Pour moi, c’était un tir de ka­lach­ni­kov. » Elève pas­sion­né par la mu­sique – en par­ti­cu­lier le rap – et l’écri­ture, Gaël s’en­gage pour­tant dans une autre voie, celle du commerce et de la haute fi­nance. Après avoir ob­te­nu un mas­ter, il part s’ins­tal­ler à Londres où il tra­vaille pour un fonds d’in­ves­tis­se­ment : « Je me sou­viens d’un en­nui pro­fond. Je ga­gnais bien ma vie. Mais mon exis­tence n’avait pas de sens. » Au bout de deux ans, il plaque tout pour se lan­cer dans la mu­sique. Il fonde Milk Cof­fee and Su­gar, groupe de rap sa­cré « dé­cou­verte » du Prin­temps de Bourges, puis sort son pre­mier al­bum so­lo en 2013. L’écri­ture de Pe­tit Pays, a-t-elle mis un frein à sa car­rière mu­si­cale ? « Au contraire, pou­voir écrire ce ro­man, ça a nour­ri mes chan­sons. » De là où il est à Ki­ga­li, Gaël, tout en peau­fi­nant son deuxième al­bum, constate avec éton­ne­ment l’in­croyable ac­cueil ré­ser­vé à son livre pas en­core sor­ti en li­brai­rie : il est dé­jà si­gné en poche, va être tra­duit dans une di­zaine de pays, on parle même d’une adap­ta­tion au ci­né­ma. « Sa­voir qu’un lec­teur turc ou al­le­mand va dé­cou­vrir le Bu­run­di, que per­sonne ne connaît, à tra­vers mon livre, c’est ça, ma plus grande vic­toire. » Pe­tit Pays, de Gaël Faye, Gras­set, 224 p., 18 €. Sor­tie le 25 août.

eu le western, et même le nou­veau western » de MC So­laar, en 1994. Mais avant, il y a eu le western ca­mar­guais. Car c’est dans le del­ta du Rhône que se tour­nèrent, à l’aube du xxe siècle, en noir et blanc et sans le son, les pre­miers films sur la conquête de l’ouest. Tout ça grâce à Buf­fa­lo Bill dont le show avait tant émer­veillé un grand éle­veur (ma­na­dier) ca­mar­guais, que ce der­nier dé­ci­da d’in­vi­ter le réa­li­sa­teur Jean Du­rand à tour­ner des films d’aven­tures « amé­ri­cains » sur ses terres. La Pre­mière Guerre mon­diale in­ter­rom­pit les pro­duc­tions qui re­prirent en­suite. A l’ins­tar d’el­vis aux USA, John­ny tour­na ain­si en Ca­margue, avec Syl­vie, D’où viens-tu John­ny ?, des­ti­né à mettre en va­leur la ve­dette et ses chan­sons. Avec, en guise de Mexi­cains, des Gi­tans, et les guar­dians du coin pour in­car­ner les cow-boys. Si les wes­terns que l’on connaît ont bien été tour­nés aux Etats-unis, la Ca­margue est de­meu­rée, dans la fou­lée de ces pion­niers, un ex­tra­or­di­naire dé­cor na­tu­rel, sym­bole

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.