« Mu­sique, mise en scène… Je vois les dé­fi­lés comme un pur mode d’ex­pres­sion. »

Glamour (France) - - GLAMOURISMES -

de mai­sons, dont les émer­geantes J.W. An­der­son ou The Row, et telle une pe­tite sou­ris, se nour­rit des mille dé­tails gla­nés backs­tage. Après avoir épau­lé son ami An­tho­ny Vac­ca­rel­lo pour le lan­ce­ment de sa marque, se pré­cise alors son en­vie de créer ses propres vê­te­ments, de pro­je­ter ses dé­si­rs et en­vies sur un ves­tiaire qui lui res­sem­ble­rait. « Je suis une très mau­vaise se­conde ! J’avais vrai­ment be­soin de prendre en­fin la pa­role. » Et si cette der­nière s’est d’abord li­bé­rée sur ces vê­te­ments de pluie qui ont fait sa ré­pu­ta­tion, elle a su de­puis se ré­in­ven­ter et don­ner un sa­cré coup de fun aux po­diums pa­ri­siens.

« Il était temps que je sorte de ma pe­tite boîte en PVC trans­pa­rent ! », se plaît-elle à dire. Par jeu ou par dé­fi, elle se met en tête de faire un dé­fi­lé de mode en sep­tembre 2015, à l’éton­ne­ment gé­né­ral, ce­lui de son as­so­cié com­pris. Une col­lec­tion com­plète se met donc en route et li­bère sa créa­ti­vi­té. « Je vois les dé­fi­lés comme un pur mode d’ex­pres­sion. C’est vrai qu’avec un mo­no pro­duit, comme je fai­sais au dé­but, c’est plus dif­fi­cile de s’ex­pri­mer et tu dois constam­ment ex­pli­quer ta vi­sion, mais avec un show, la mu­sique, la mise en scène, c’est tout de suite li­sible ! » Qu’y lit- on donc ? Une dé­gaine ré­so­lu­ment fé­mi­nine, aux ré­fé­rences street ni­chées dans des hoo­dies en Lu­rex, ou des cos­tumes d’homme dé­struc­tu­rés. On re­trouve la touche fé­tiche, chère à la créa­trice, dans des cuis­sardes XXL en vi­nyle ou des robes fen­dues très près du corps. Et tou­jours, par­fai­te­ment exé­cu­té, ce plas­tique trans­pa­rent sous la forme d’une sa­lo­pette ou em­prun­tant les traits d’une veste en jean. Nom­mée aux pres­ti­gieux prix LVMH et de l’an­dam cette an­née, c’est fi­na­le­ment ce der­nier, do­té de 250 000 eu­ros qu’elle rem­porte. Une re­con­nais­sance dou­blée d’un souffle de li­ber­té : « Ce­la me per­met de ren­for­cer mes équipes et sur­tout de prendre le temps de dé­ve­lop­per mon uni­vers, mes en­vies. J’ai aus­si ar­rê­té de faire six col­lec­tions par an pour me consa­crer plei­ne­ment aux deux ré­gle­men­taires. » Une li­ber­té qu’elle ex­prime éga­le­ment ces temps-ci par une di­gi­tal dé­tox : « Après l’an­dam, j’ai été énor­mé­ment sol­li­ci­tée et j’ai pris le par­ti de faire la dé­marche in­verse : je n’ai plus de té­lé­phone por­table de­puis plu­sieurs mois. Une vraie res­pi­ra­tion ! Je me res­source de cette fa­çon-là et je dé­cide du coup de mes prio­ri­tés, sans être pol­luée. » Pour­tant, les ha­bi­tudes ont la vie dure : en nous rac­com­pa­gnant à la porte, Jo­han­na nous lance : « S’il te manque quoi que ce soit, tu m’ap­pelles ? » n

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