DOIS-JE AVOUER À MON AMIE QU’ELLE EST TROMPÉE ?

LA GROSSE QUES­TION

Glamour (France) - - Espirit - VOUS AVEZ UN GROS DILEMME MO­RAL, ON TENTE D’Y RÉ­PONDRE TOUS LES MOIS. ÉCRIVEZ- NOUS À : la­gros­se­ques­tion@conde­nast.fr

Cla­rence, 29 ans C’est

un grand clas­sique au­quel on a tous peur d’être un jour confron­té. Vous voi­là in­ves­tie d’un pou­voir de vie ou de mort sur un couple. Et c’est aus­si votre ami­tié qui est en jeu. Le dilemme peut se for­mu­ler en un su­jet ty­pique du bac : faut-il pré­fé­rer la vé­ri­té à l’ami­tié ? Pre­mière op­tion : vous ne dites rien. « Igno­rance is bliss » ( le bon­heur est dans l’igno­rance), disent les Amé­ri­cains qui s’y connaissent en fic­tion, et bien des gens « pré­fèrent ne pas sa­voir » – peut-être même que vous avez dé­jà eu cette conver­sa­tion avec votre amie. Idéa­le­ment, il fau­drait qu’on ait tous cette conver­sa­tion, comme on dit à nos proches : « Si un jour je suis dans le co­ma, pro­mets-moi de me dé­bran­cher. » Bref, se taire fait de vous une com­plice. Mais ab­sor­ber le men­songe pour elle, on peut voir ça comme une forme de sa­cri­fice noble. Deuxième so­lu­tion : vous dites au cou­pable que vous sa­vez, et que s’il conti­nue, vous le ba­lan­ce­rez. Deux pro­blèmes : vous en­trez en né­go­cia­tion avec lui, et même si c’est un com­plot pour le bien, c’est quand même un com­plot. Si elle ap­prend la vé­ri­té un jour, votre amie pour­rait lé­gi­ti­me­ment vous en vou­loir d’avoir ti­ré les fi­celles de sa vie dans son dos. De deux : en pra­tique vous n’au­rez au­cun moyen de vé­ri­fier si c’était juste une in­car­tade ou si l’in­fi­dèle met bien fin à son his­toire. Troi­sième so­lu­tion : vous lui dites tout. Ce­la vous met dans le rôle in­grat du mes­sa­ger, peut-être même vous en vou­dra-t-elle de le lui avoir avoué. Mais vous es­ti­mez qu’elle place la vé­ri­té au- des­sus de tout. Il faut tout de même son­der vos mo­ti­va­tions pro­fondes : si vous le dites, est-ce parce que vous ai­me­riez sa­voir, à sa place ? Parce que vous ne sup­por­tez pas de lui mentir ? En­fin, est-ce que c’est un couple à qui vous vou­lez du bien, ou est-ce que vous sa­tis­fe­riez une autre pul­sion plus ou moins tor­due en dé­non­çant le cou­pable ? C’est la sin­cé­ri­té de vos in­ten­tions qui vous fe­ra faire le bon choix. Bonne chance.

« J’ai sur­pris le fian­cé d’une bonne co­pine dans les bras d’une autre. Per­sonne ne sait que je sais. Qu’est- ce que je dois faire ? »

Jen­ni­fer Con­nel­ly et Pa­trick Wil­son dans Lit­tle Chil­dren (2007)

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