ME, MY SKIN AND Ipro­duits

sur me­sure et for­mules à cus­to­mi­ser, la cos­mé­to joue à fond la carte de la per­son­na­li­sa­tion. Ma­rotte mar­ke­ting ou vrai gain d’ef­fi­ca­ci­té ? Dé­cryp­tage d’un phé­no­mène en plein buzz.

Glamour (France) - - BEAUTY BOOK - Par Alice Elia

C’est

un peu comme en mode : le prêt-à-por­ter d’un cô­té, le sur- me­sure de l’autre. Sauf qu’en beau­té, le sur-me­sure n’a pas en­core per­du la ba­taille. On di­rait même qu’il est en train de ga­gner des ga­lons. Car, après avoir vou­lu pen­dant des dé­cen­nies s’of­frir le soin que tout le monde avait, on veut main­te­nant ce­lui que per­sonne n’a. Une formule juste pour soi, conçue pour ré­pondre aux be­soins pré­cis de son épi­derme. Parce que, dit-on vo­lon­tiers, chaque peau est unique et chan­geante. Et que, par­tant de là, lui of­frir un cock­tail d’ac­tifs per­son­na­li­sé est le nec plus ul­tra. C’est en tout cas le cré­do d’un nombre crois­sant de marques. Rou­tine ré­pon­dant à l’hu­meur cu­ta­née du mo­ment, cure fraîche li­vrée à do­mi­cile ou sé­rum unique fa­bri­qué en live… Les pro­po­si­tions per­met­tant d’of­frir à sa peau un trai­te­ment aus­si « spé­cial » qu’elle n’ont ja­mais été si nom­breuses.

DE LA CUS­TO­MI­SA­TION AU SUR-ME­SURE

C’est la marque My Blend, créée en 2005 par le Dr Oli­vier Cour­tin-cla­rins, qui, la pre­mière, lance le concept de soins cus­to­mi­sables. Se­lon les be­soins, peuvent être in­jec­tés dans une formule « de base » des ac­tifs concen­trés ci­blés, les « boos­ters ». A par­tir de là, de la per­son­na­li­sa­tion au sur-me­sure, il n’y a qu’un pas, vite fran­chi. « Les consom­ma­teurs ne veulent plus d’une offre uni­forme. Ils ne veulent plus être consi­dé­rés comme une masse ho­mo­gène, mais comme une somme d’in­di­vi­dus », constate Na­tha­lie Roz­bors­ki, di­rec­trice du bu­reau de ten­dance Nel­ly­ro­di. « Avec la mon­tée en puis­sance des ré­seaux so­ciaux et le nar­cis­sisme as­su­mé qui en dé­rive, les moins de 40 ans res­sentent le be­soin fon­da­men­tal de sor­tir du lot, confirme Pierre Bis­seuil, di­rec­teur de re­cherche à l’agence Pe­clers Pa­ris. Se faire une rou­tine de soin ex­clu­sive, c’est une fa­çon de re­ven­di­quer son uni­ci­té mais aus­si de jouer, de faire de sa salle de bains un mi­ni-la­bo qui s’ins­crit dans la grande ten­dance du DIY. » Sans comp­ter la di­men­sion émo­tion­nelle et le sen­ti­ment gra­ti­fiant de s’of­frir ce qu’il y a de meilleur.

« JUSTE POUR MOI » : N’IM­PORTE QUOI ?

Uti­li­sés en cir­cuit court, les ac­tifs com­po­sant les soins se­raient évi­dem­ment plus ci­blés, mais aus­si plus frais et plus sains. Plus ci­blés ? En­core faut-il que le diag­nos­tic de peau réa­li­sé en amont soit per­ti­nent… Cer­tains dé­plorent que ce­lui-ci soit plu­tôt un auto-diag­nos­tic (no­tam­ment quand il s’ef­fec­tue via un ques­tion­naire en ligne). Quant à la fraî­cheur, « l’ar­gu­ment est re­la­tif car, dans un pro­duit tra­di­tion­nel, les ingrédients sont sup­po­sés être stables : mal­gré des temps de trans­port et de sto­ckage longs, leur ef­fi­ca­ci­té doit être in­tacte au mo­ment de les consom­mer », nuance la bio­lo­giste et cos­mé­to­logue So­phie Stro­bel. Qu’en est-il de la qua­li­té des ingrédients ? Tout dé­pend du ca­hier des charges de la marque, de sa fa­çon de choi­sir et trai­ter

ses ac­tifs. « Là où la pro­messe est lé­gi­time, c’est sur le fait qu’une formule fa­bri­quée à la de­mande, avec une date de pé­remp­tion proche, n’a pas be­soin de conte­nir au­tant de conser­va­teurs, ana­lyse So­phie Stro­bel. Or, de ma­nière gé­né­rale, moins il y en a, mieux c’est. » Autre atout : chez toutes ces marques, les for­mules se veulent courtes et sans ad­di­tifs, dans une dé­marche de trans­pa­rence ras­su­rante. Et puis ? Et puis sur­tout, ces pro­duits très dans l’air du temps sont… drô­le­ment sé­dui­sants. « Ça n’a rien d’un dé­tail, in­siste So­phie Stro­bel. Si la crème donne en­vie de l’uti­li­ser, le pa­ri de l’ef­fi­ca­ci­té est à moi­tié ga­gné. »

POUR QUI ÇA VAUT LE COUP (OU LE COÛT) ?

Le sur-me­sure reste un luxe. Al­lez-y si : – vous vou­lez un sup­plé­ment d’âme : fla­con à votre nom, exa­men mi­nu­tieux… Ça change du pot de crème ba­lan­cé dans le Cad­die, entre poi­reaux et eau de Ja­vel. – vous avez plu­sieurs pro­blé­ma­tiques à trai­ter : avec le sur-me­sure, plus be­soin de choi­sir. Votre formule sau­ra être à la fois ma­ti­fiante, an­ti-âge, an­ti-rou­geurs… – vous n’y com­pre­nez rien : au lieu de vous dé­battre par­mi tout ce qui existe sur le mar­ché, vous n’avez qu’à tendre la main vers le fla­con qui porte vos ini­tiales. Sans ri­tuel com­pli­qué, ni as­so­cia­tions foi­reuses.

Cure fraîche De­tox Poe­try, Ro­my Pa­ris.

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