L’in­ter­view space de Thomas Pesquet

an­née Gi­rar­dot. Après Ce qui nous lie, de Cé­dric Kla­pisch, sor­ti cet été, Ana est à l’af­fiche de Knock* aux cô­tés d’omar Sy et Alex Lutz, et signe en pa­ral­lèle une col­lab mode avec la marque Pa­blo. Ren­contre.

Glamour (France) - - Sommaire septembre 2017 - Par Co­line Cla­vaud-mé­ge­vand Pho­tos : Sara Bille pour Gla­mour

Vous tour­nez beau­coup en ce mo­ment, vous avez la sen­sa­tion que votre car­rière

dé­colle ? Ce que j’ai com­pris de­puis le dé­but, c’est que je fais un mé­tier à vagues. On tourne, on en­chaîne avec la pro­mo, et d’un coup tout s’ar­rête. Quand on est sur une vague haute, on doit donc la prendre cal­me­ment, car il y en a for­cé­ment une basse qui va suivre. Et quand on est en bas, on ras­semble ses forces pour pou­voir sur­fer à nou­veau le mo­ment ve­nu.

Com­ment gé­rez- vous la cé­lé­bri­té ?

Mes pa­rents [Hip­po­lyte Gi­rar­dot et Isa­bel Ote­ro, NDLR] sont co­mé­diens, ils ont tous les deux un rap­port très sain avec ça, c’est un bon exemple. Pe­tite, mon père m’avait un jour em­me­née à Dis­ney­land et Min­nie lui avait de­man­dé un au­to­graphe… Ça m’avait beau­coup per­tur­bée. « Quoi ? Mon père est une star comme Min­nie ? » Pour l’ins­tant, les gens qui me re­con­naissent dans la rue ont vu mes films et sont bien­veillants – même si ça ar­rive sou­vent au mau­vais mo­ment, quand j’ai les che­veux en pé­tard ou que je vais ache­ter l’apéro avec une co­pine.

Vous êtes une vraie bos­seuse. Beau­coup de jeunes co­mé­diens

veulent tout, tout de suite. J’aime bien ça, l’idée du mé­rite, de l’ef­fort. J’ai long­temps été fei­gnante, et puis, à 18 ans, je suis par­tie deux ans à New York ap­prendre le théâtre, en fai­sant des pe­tits jobs à cô­té. J’étais ter­ro­ri­sée, puis j’ai ap­pris à me dé­pas­ser, à tra­vailler tou­jours plus. C’est comme ça que tu pro­gresses. Mais c’est vrai que notre gé­né­ra­tion a ac­cès à beau­coup de choses très fa­ci­le­ment. L’amour, par exemple : au­jourd’hui, ça se swipe, ça se jette… Moi, je trouve que ça se tra­vaille plu­tôt. Mais on fi­ni­ra par re­ve­nir à des choses qui se ré­parent et qui durent.

Vous avez tou­jours vou­lu faire ce mé­tier ?

Non, j’ai long­temps cru que je tra­vaille­rais dans le vê­te­ment. Pe­tite, j’ado­rais me dé­gui­ser. D’ailleurs, pour ma col­lec­tion avec Pa­blo, j’ai vou­lu par­tir d’un per­son­nage, comme dans un film, et j’ai ima­gi­né sa garde-robe rê­vée. Est-ce qu’elle a des manches longues pour ca­cher son corps ? Ou ne veut-elle que des cou­leurs fla­shy ? J’ai aus­si pen­sé à ma

“PEUT-ÊTRE QU’UN JOUR, JE FERAI UNE BOUSE DONT JE SE­RAI SU­PER-FIÈRE, JUSTE PARCE QU’ON S’EST ÉCLATÉS AVEC LE RÉA­LI­SA­TEUR.”

mère la peintre Clo­tilde Vau­tier, NDLR], et aux ate­liers d’ar­tistes où l’ on re­trouve tout leur pe­tit monde. J’ai ima­gi­né cette femme en sa­lo­pette de velours, créa­tive, aven­tu­rière. La col­lec­tion est aus­si une dé­cla­ra­tion d’amour aux 60’s ? J’aime les icônes de cette pé­riode, Jane Bir­kin, Françoise Har­dy… leur cô­té dé­ta­ché et libre. De­puis toute pe­tite, Françoise me fas­cine. Elle pos­sède une forme de dua­li­té : très dis­crète, très mys­té­rieuse, et en même temps, c’était une pop star. Elle pas­sait d’une robe Pa­co Ra­banne à pe­tits mi­roirs à des vê­te­ments su­per-an­dro­gynes. Quelles ac­trices vous ins­pirent ? Ma­rion Co­tillard pour l’énergie qu’elle met dans son mé­tier. Et Cate Blan­chett, l’ac­trice dans toute sa splen­deur. Elle a ce gla­mour in­imi­table, et en même temps, on sent la bos­seuse, la pas­sion­née, qui va al­ler re­cher­cher au plus pro­fond d’elle pour nour­rir son in­ter­pré­ta­tion. Vous rê­vez de la même car­rière ? Je veux faire des films où je peux ex­ploi­ter plein de fa­cettes dif­fé­rentes et m’amu­ser. Peut-être même qu’un jour, je ferai une bouse dont je se­rai su­per- fière, juste parce qu’on s’est éclatés avec le réa­li­sa­teur. Vous êtes se­crète, et en même temps sur Ins­ta­gram, vous pos­tez des pho­tos as­sez in­times : votre pe­tit ami [Ar­thur de Ville­pin], ou vous dans une pis­cine avec une bouée li­corne… Quand tu es l’une des pre­mières à avoir une bouée li­corne, tu la montres ! Mon compte Ins­ta­gram, je l’ima­gine comme un car­net de sou­ve­nirs. Mes grands- pa­rents avaient plein d’al­bums pho­tos et j’ado­rais me plon­ger de­dans. Au­jourd’hui, les al­bums se par­tagent. Est-ce que c’est bien ou mal, je ne sais pas, mais cer­taine stars vont trop loin. Kim Kar­da­shian, c’est car­ré­ment « rentre dans mes fesses, je vais te mon­trer comme c’est tout rose » !

Ne pas trop se dé­voi­ler, c’est aus­si une fa­çon d’en­tre­te­nir

le dé­sir ? Oui, c’est im­por­tant pour une ac­trice. Et puis on ne peut pas comp­ter uni­que­ment sur le re­gard des autres pour se ras­su­rer, il faut aus­si s’ai­mer soi-même. Oh là là, on di­rait un man­tra Pinterest…

Jus­te­ment, votre man­tra

ou slo­gan, ça se­rait quoi ? Je n’en ai pas vrai­ment, peut-être parce que je ne me dé­fi­nis pas comme une per­sonne en­ga­gée par rap­port aux femmes de ma fa­mille, qui, elles, sont de vraies mi­li­tantes. Bon, je suis quand même as­sez éco­lo. Ça me vient de ma mère : de­puis quinze ans, elle vit avec des poules, des abeilles. Après des an­nées de nug­gets sur­ge­lés, je fais at­ten­tion à ce que je mange, aux vê­te­ments que j’achète, je suis moins dans l’hy­per­con­som­ma­tion. Pour moi, c’est l’un des grands com­bats à me­ner au­jourd’hui. n * Knock, de Lor­raine Le­vy. Sor­tie le 18 oc­tobre.

Cape, Ana Gi­rar­dot pour Pa­blo. San­dales, Gian­vi­to Ros­si.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.