SA­MAN­THA DAVIES, la bonne la­ti­tude

Glamour (France) - - Glam Magazine -

22 ans, elle ef­fec­tue son pre­mier tour du monde. Vingt ans plus tard, Sam pos­sède un sa­cré pal­ma­rès et en­chaîne les courses (23 trans­at­lan­tiques à son ac­tif). Les non- ini­tiés l’ignorent mais la na­vi­ga­tion est une dis­ci­pline ul­tra-com­plète, avec un en­traî­ne­ment strict : mus­cu, na­ta­tion, run­ning, Pi­lates… « Je fais aus­si un peu d’al­pi­nisme quand je dois es­ca­la­der le mât à 28 mètres de haut, pour ré­pa­rer la cime du cor­dage où sont fixées les voiles ! » En cas d’ava­rie, cette in­gé­nieure de for­ma­tion ne peut comp­ter que sur elle. « Le pi­lote au­to­ma­tique tombe par­fois en panne, ou un in­cen­die peut dé­mar­rer, mais on a tous une for­ma­tion de pom­pier. » En cas de bles­sure, la si­tua­tion se com­plique. Quand le na­vi­ga­teur Yann Eliès a été éjec­té par-des­sus bord et s’est frac­tu­ré le fé­mur pen­dant son tour du monde, il a at­ten­du les se­cours pen­dant trente-six heures. Pas de quoi trou­bler cette pas­sion­née pour qui la na­vi­ga­tion est une af­faire de fa­mille : son grand-père ma­ter­nel pi­lo­tait des ba­teaux de course, son grand-père pa­ter­nel com­man­dait un sous-ma­rin. Pro­chaine étape : la Tran­sat Jacques Vabre qui dé­marre ce mois-ci et re­lie Le Havre à Sal­va­dor de Ba­hia, au Bré­sil. Elle par­tage les com­mandes du ba­teau Ini­tia­tives Coeur* avec son ami Tan­guy de La­motte, dont ce se­ra la der­nière course pro. Mais Sam a dé­jà le Ven­dée Globe 2020 dans le vi­seur. La re­traite, ça n’est pas pour tout de suite.

De­puis cinq ans, Lau­rence est reporter de guerre, et par­ti­cu­liè­re­ment lu­cide sur son mé­tier. Après des an­nées à bos­ser dans la mode, elle dé­cide à 28 ans de ta­qui­ner le boî­tier. Elle com­mence par se faire la main en pre­nant des photos de ma­riage, puis s’en­vole pour un pre­mier trip pro en Sy­rie pen­dant une se­maine, avant d’en­chaî­ner avec la Cen­tra­frique et Ga­za. Avec à chaque fois la même en­vie : té­moi­gner de la vie des ci­vils. Si son job com­prend une part de fan­tasme, Lau­rence re­garde la réa­li­té dans les yeux. « C’est hy­per dur. La chute de Mos­soul était dan­ge­reuse et très san­glante. » Pour dé­com­pres­ser, le soir, elle en parle avec ses col­lègues, de­ve­nus des potes sur le ter­rain, mais pas for­cé­ment à ses co­pines pa­ri­siennes, qu’elle pré­fère ne pas per­tur­ber. Pour te­nir, cette grande sen­sible se ré­pète sou­vent qu’« il ne faut pas ou­blier que ce n’est pas notre guerre », se ré­jouit de ne pas faire de cau­che­mars et s’étonne en­core de faire ce mé­tier. Lau­rence parle aus­si avec émo­tion de la perte des co­pains en Irak (les journalistes Vé­ro­nique Ro­bert et Sté­phan Ville­neuve, tués par une mine à Mos­soul le 19 juin der­nier, ndlr) :

« Elle est plus forte que 99 % des hommes que je connais. » Ve­nant de l’aven­tu­rier-star Bear Grylls, le com­pli­ment pèse des tonnes. Il faut dire que Me­gan Hine sait pê­cher à mains nues, neu­tra­li­ser un ser­pent ou s’orien­ter dans la jungle. Cette Bri­tan­nique de 32 ans est une tra­vailleuse de l’ombre de la té­lé-réa­li­té : c’est grâce à elle que les can­di­dats de The Is­land res­tent en vie. Et quand elle n’est pas en train de che­cker que Grylls n’avale pas n’importe quoi lors de ses mis­sions sur­vie, elle part en re­pé­rage aux quatre coins du monde et vit avec les lo­caux, des San d’afrique aus­trale aux Sa­mis d’arc­tique. Cette fille de géo­logue a gran­di dans Le choc. 11 sep­tembre 2001 : les Etats-unis su­bissent les pires at­ten­tats de leur his­toire. Ama­ni, fille d’im­mi­grés jor­da­niens, a alors 9 ans. Des an­nées qui suivent, elle garde le sou­ve­nir d’une chape de plomb pe­sant sur elle et ses amis. « En tant que mu­sul­mans, nous étions constam­ment bom­bar­dés de mes­sages déshu­ma­ni­sants, ra­cistes. Ça a eu un im­pact énorme sur la construc­tion de nos iden­ti­tés. » Mais aus­si un ef­fet po­si­tif : ce­lui d’ali­men­ter la créa­ti­vi­té et le dé­sir d’en­tre­prendre de sa gé­né­ra­tion. La ri­poste. A seule­ment 17 ans, Ama­ni lance Mus­lim­girl.com, un mé­dia fait par et pour les jeunes femmes mu­sul­manes, qu’elle ali­mente avec ses co­pines de la mos­quée. Elles abordent le fé­mi­nisme, la mode, mais aus­si le sexe. Ob­jec­tif : com­battre les pré­ju­gés et se faire le porte-voix des jeunes femmes mu­sul­manes et mo­dernes, celles qu’on n’en­tend ja­mais (sur­tout quand elles sont voi­lées). Oncle Do­nald. A 25 ans, Ama­ni est dé­sor­mais à la tête du mé­dia fé­mi­nin mu­sul­man le plus consul­té des US. Et de­puis l’avè­ne­ment de Trump et de sa po­li­tique an­ti-is­lam, la jour­na­liste est par­tout, em­bras­sant son rôle d’ac­ti­viste an­ti­ra­ciste et pro- di­ver­si­té, des co­lonnes de Forbes et Teen Vogue aux pla­teaux de CNN et de la BBC. Une en­trée fra­cas­sante sur la scène mains­tream, dont elle en­tend pro­fi­ter : « C’est une op­por­tu­ni­té unique d’éduquer. » C. C.-M.

ÇA VA MIEUX EN For­cé­ment les cher­cheurs du MIT ( Mas­sa­chu­setts Ins­ti­tute of Tech­no­lo­gy) se sont pen­chés sur ce pas­sion­nant su­jet. En étu­diant de près nos réactions sur les ré­seaux so­ciaux, ils ont dé­cou­vert que la co­lère était l’émo­tion la plus vi­rale, avant la joie, le dé­goût ou la tris­tesse. Si une per­sonne en­voie un tweet éner­vé, ses fol­lo­wers au­ront ten­dance à l’imi­ter, tout comme leurs fol­lo­wers et ain­si de suite. Pas éton­nant qu’un site de ren­contres comme Ha­ter ait vu le jour il y a quelques mois, pour se mat­cher grâce à des haines com­munes et trou­ver le ra­geux de son coeur. Les ré­seaux so­ciaux ont dé­com­plexé les usa­gers en leur per­met­tant d’ex­pri­mer leur rage avec des sem­blables, et la té­lé-réa­li­té ne montre que des gens en co­lère pour faire de l’au­di­mat. On a bas­cu­lé dans un cercle vi­cieux, et conta­gieux, de co­lère », dé­plore Michel Er­man. Mais les ré­seaux so­ciaux CLASH Même au bu­reau, cet uni­vers feu­tré où la courtoisie est de ri­gueur, les murs tremblent sous l’im­pul­sion de sa­la­riés tou­jours plus pres­su­ri­sés. Dans la boîte d’adèle, 28 ans, c’est même la boss qui pète ré­gu­liè­re­ment les plombs. « Pe­tite, blonde et tou­jours per­chée sur des ta­lons de 12, elle met des grands coups de pied dans les pou­belles et hurle comme une ra­caille. La lé­gende veut qu’elle ait rui­né le bu­reau du grand pa­tron le jour où il lui a an­non­cé une re­struc­tu­ra­tion dou­lou­reuse. Mais j’ai l’im­pres­sion qu’elle gonfle sur­tout les plumes pour se faire res­pec­ter. » Chaque émo­tion dé­clenche une ré­ac­tion phy­sio­lo­gique qui pré­pare à une ac­tion. Et si la peur en­clenche la fuite, la co­lère per­met de pro­té­ger son ter­ri­toire, comme le chien montre les crocs si l’on ap­proche trop près de sa ga­melle. Quand la ma­chine est lan­cée, le rythme car­diaque s’ac­cé­lère, le sang af­flue et le corps re­çoit une forte dé­charge d’adré­na­line qui pousse à l’ac­tion. Sans co­lère, pas de ré­volte. « Cette émo­tion complexe n’a pas que des as­pects né­ga­tifs, c’est même une éner­gie po­si­tive puis­qu’elle est dé­fen­sive et per­met de re­dé­fi­nir ses li­mites par rap­port aux autres », sou­ligne Sa­muel Dock. Une étude réa­li­sée par l’uni­ver­si­té de To­ron­to cette an­née ré­vèle d’ailleurs que les ma­lades du can­cer les plus re­mon­tés suite au diag­nos­tic étaient les plus mo­ti­vés par leurs ob­jec­tifs de soin et de gué­ri­son.

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