Elle

Glamour (France) - - SOCIÉTÉ -

est sur tous les fronts. Qu’on l’ap­pré­cie ou pas, il faut bien l’ad­mettre : Mar­lène Schiap­pa n’a pas peur de fon­cer dans la mê­lée, sur le ter­rain comme sur Twit­ter, et dans les mé­dias, où elle est om­ni­pré­sente. Dès le dé­but, son ton brut de dé­cof­frage sur­prend. Chaque su­jet abor­dé par la se­cré­taire d’etat gé­nère des po­lé­miques : har­cè­le­ment de rue, congé ma­ter­ni­té unique, af­faire Alexia Da­val… Il y a neuf mois, la jeune femme de 35 ans est à peine nom­mée à son poste que les cri­tiques pleuvent. Vir­gi­nie Mar­tin, po­li­to­logue et pro­fes­seure à la Kedge Bu­si­ness School, se sou­vient : « Mar­lène Schiap­pa n’a pas un CV clas­sique, ni beau­coup d’ex­pé­rience en po­li­tique, elle n’a pas non plus les codes de la culture fé­mi­niste ni de ses ré­seaux… Elle a juste son vé­cu de mère ac­tive et peut ap­pa­raître comme la par­tie plu­tôt faible du cas­ting du gou­ver­ne­ment patch­work d’em­ma­nuel Ma­cron. » Et puis l’af­faire Wein­stein dé­bute, sui­vie du mou­ve­ment #Me­too et de tous les re­bon­dis­se­ments mé­dia­tiques au­tour de la li­bé­ra­tion de la pa­role des femmes, que la so­cié­té, en pro­fonde mu­ta­tion, connaît en­suite. Fi­dèle à sa marque de fa­brique, Mar­lène Schiap­pa prend la pa­role, de ma­nière cash. « Elle y va fort et dit tout, de ma­nière très in­tui­tive, pour­suit Vir­gi­nie Mar­tin. Elle au­rait pu res­ter une anec­dote mais elle sait par­ler au grand pu­blic. Elle est moins théo­rique que d’autres avant elle, comme Na­jat Val­laud- Bel­ka­cem qui a pour­tant ou­vert beau­coup de portes. Sa stra­té­gie, c’est de faire pas­ser les su­jets par le bas. C’est une sur­prise et ça peut sem­bler pa­ra­doxal, mais ça fonc­tionne et elle fait des pro­grès consé­quents. » Dé­but fé­vrier, nous sommes dans son bu­reau du Viie ar­ron­dis­se­ment. Pas de fio­ri­tures à la feuille d’or fa­çon sa­lon de l’ély­sée : ici le par­quet grince, la mo­quette est usée et la dé­co mi­ni­ma­liste. Sur le bu­reau de la se­cré­taire d’etat, des piles de pa­pe­rasses et, dans sa main, son té­lé­phone por­table, bien ac­cro­ché. M. S. Dès qu’une femme po­li­tique a une pa­role forte, il y a tou­jours quel­qu’un pour lui dire de se taire. Ça m’amuse de voir que j’ai une image de re­belle, alors que j’ai tou­jours fait preuve de so­li­da­ri­té gou­ver­ne­men­tale. Hier en­core, j’ai eu le Pre­mier mi­nistre Edouard Phi­lippe au té­lé­phone qui m’a dit : « Vous avez rai­son d’uti­li­ser la pa­role pu­blique, parce que c’est un le­vier. » Dans ma lettre de mis­sion, il est in­di­qué : « Vous de­vrez agir pour abais­ser le seuil de to­lé­rance de la so­cié­té face aux vio­lences sexistes et sexuelles. » C’est ce que je fais. L’af­faire Wein­stein ne doit pas re­tom­ber comme un souf­flé. De­puis des mois, on parle de li­bé­ra­tion de la pa­role des femmes, et cer­tains ont en­vie qu’on m’en­tende moins. Je re­çois pour­tant de nom­breux mes­sages de sou­tien de la part de res­pon­sables po­li­tiques, ou de ci­toyennes qui tous les jours m’écrivent : « Mer­ci d’abor­der ces su­jets ta­bous. »

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