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Glamour (France) - - BEAUTÉ -

Sai­si

et par­ta­gé en un ins­tant ou lon­gue­ment (re)tra­vaillé, un sel­fie, tout le monde sait ce que c’est. Et tout le monde a eu, un jour ou l’autre, l’oc­ca­sion d’éprou­ver ce que l’exer­cice, même quand il est to­ta­le­ment spon­ta­né, re­cèle à la fois de simple et de pa­ra­doxal. « On s’af­firme comme su­jet alors même qu’on s’offre comme ob­jet, dé­crypte Pierre Bis­seuil, di­rec­teur de re­cherche à l’agence de con­seil en ten­dances Pe­clers. On est dans l’au­to­pro­mo­tion, au­tant que dans la mise en dan­ger de soi. Et on fait preuve de nar­cis­sisme, en même temps qu’on prend une dis­tance ob­jec­tive avec soi-même. » Au­tant dire que la dé­marche est blin­dée d’en­jeux pour l’image de soi. Et que le phé­no­mène ne cesse de s’am­pli­fier. « C’est gra­tuit, c’est très fa­cile à faire, ça se stocke sans prendre de place, ça se par­tage en un clic… Bref, c’est un nou­vel élé­ment de com­mu­ni­ca­tion cou­rante », dé­crit l’an­thro­po­logue Eli­sa­beth Azou­lay. moins conscience de son ap­pa­rence, on ne se voyait qu’à la va-vite et par “bouts”. Avec la dif­fu­sion mas­sive de la pho­to et du mi­roir, on com­mence à sa­voir à quoi on res­semble vrai­ment et, évi­dem­ment, on de­vient de plus en plus exi­geant quant à son as­pect », ex­plique Eli­sa­beth Azou­lay. Quelque part, le sel­fie n’est que l’abou­tis­se­ment ul­time de cette évo­lu­tion. Avec, pour consé­quence, que cha­cun est de­ve­nu un pro­fes­sion­nel de l’image et son propre agent pu­bli­ci­taire. « C’est du self-bran­ding. Je suis une marque et, pour me pro­mou­voir, j’ai re­cours aux mêmes res­sorts mar­ke­ting que les grandes mai­sons », ana­lyse Na­tha­lie Roz­bors­ki, di­rec­trice gé­né­rale de l’agence Nel­ly­ro­di. Il n’y a qu’à par­cou­rir le pro­fil Ins­ta­gram de Sa­na­nas (@ sa­na­nas2106), you­tu­beuse beau­té par­mi les plus sui­vies en France, pour vé­ri­fier le phé­no­mène. Sour­cil au cor­deau, bouche des­si­née et teint pho­to­sho­pé… Rien n’est lais­sé au ha­sard. de règne qua­si ex­clu­sif du nude, on di­rait en ef­fet qu’un peu de mas­ca­ra et de baume à lèvres ne suf­fisent plus. « Même si ma prio­ri­té reste d’avoir bonne mine dans la vie nor­male, je dois re­con­naître qu’à cause des sel­fies et d’ins­ta­gram, j’ai un peu adap­té ma rou­tine make-up, confie Alex Stein­herr, di­rec­trice beau­té du Gla­mour an­glais, dont le compte (@alex­stein­herr) n’en fi­nit plus de ga­gner des fol­lo­wers. Je fais sur­tout en sorte de mettre en va­leur la struc­ture de mon vi­sage. » La « struc­ture », le mot ma­gique. Ou le contou­ring, si vous pré­fé­rez, pour re­prendre un terme phare. « Les in­dus­triels du ma­quillage sont les grands vain­queurs de la ten­dance », constate Pierre Bis­seuil. En même temps que cha­cune s’ha­bi­tue à une sur-mise en scène de soi, les ou­tils au­tre­fois ré­ser­vés aux pros connaissent une po­pu­la­ri­té in­édite. Ma­rine, 22 ans, pos­sède une bonne di­zaine de pin­ceaux de ma­quillage dif­fé­rents. « Je ne les uti­lise pas tous les jours, mais quand je veux vrai­ment me faire un look, j’en uti­lise au moins quatre ou cinq. » Il faut dire que les con­seils ma­quillage ne manquent pas. « Des tas de gens se sont im­pro­vi­sés make-up ar­tists, fa­bri­cants de cos­mé­tiques, etc. Cette dé­mo­cra­ti­sa­tion crée une mul­ti­pli­ci­té d’im­pul­sions qui changent

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