LES ANGES

Glamour (France) - - MODE -

amia et Mo­na sont soeurs et ac­trices. La pre­mière, plus cé­lèbre, en­gage la se­conde comme ré­pé­ti­trice sur le tour­nage d’un film d’au­teur. Pous­sée à bout par le met­teur en scène des­po­tique, Sa­mia dis­pa­raît, lais­sant ma­ri, en­fant et car­rière aux mains de sa soeu­rette am­bi­tieuse. Nul be­soin d’avoir fait psy­cho pour com­prendre ce qui a pous­sé les frères Jé­ré­mie et Yan­nick Re­nier, l’un co­mé­dien confir­mé, l’autre un peu moins, à écrire et réaliser Car­ni­vores. Mais alors, pour­quoi ne pas avoir fait un film sur deux frères ? Voi­là qui au­rait chan­gé de cette éternelle his­toire de ri­va­li­té entre femmes (ac­trices, soeurs, voire les deux) dont le ci­né­ma se re­paît de­puis le All About Eve, de Jo­seph L. Man­kie­wicz, avec Bette Da­vis. Car­ni­vores ne par­ve­nant pas à trans­cen­der son su­jet, on n’en per­çoit que les dé­tails mal­adroits : des ac­trices trop bien ma­quillées pour al­ler dor­mir, des ef­fets es­thé­ti­sants in­utiles (du sang qui s’écoule en spi­rale dans un évier)… La bande- son élec­tro et les si­lences qui s’étirent achèvent de rendre ce film gla­cial. On est triste pour Leï­la Be­kh­ti et Zi­ta Han­rot qui tentent de rendre cré­dible leur per­son­nage. Elles y par­viennent par­fois, mais l’in­ten­si­té de leur in­ter­pré­ta­tion fi­nit par se bri­ser contre la froi­deur de l’en­semble.

D’AUTRE DANS LA CLIQUE ? Celle de Cot­tin L’autre Ca­mille, bien sûr : la Cha­moux qui joue ici la soeur un peu coin­ços de la Cot­tin. Toutes deux s’en­volent avec leur mère fraî­che­ment lar­guée dans un club de va­cances. En madre dé­pres­sive, Miou Miou as­sure à mort, même lors d’une scène casse-gueule où, sur l’in­sis­tance d’un G.O. elle doit chan­ter «Pa­roles, pa­roles» de Da­li­da. Face à ce trio, Oli­via Côte est peut-être ré­duite à l’état de fi­gu­rante, mais elle se paye la ré­plique la plus drôle du film (on ne vous en di­ra pas plus). Celle de Guide Onze filles, pas une de plus, puisque cette bande est l’équipe de foot­ball fé­mi­nine de Reims, dont on suit les mésa­ven­tures pour s’im­po­ser dans la France pas si «peace and love » des an­nées 1970. Au­tour de Va­nes­sa, se­cré­taire dis­crète qui s’avère être une su­per­pro du bal­lon, rien que des poin­tures. Cha­cune bien ca­rac­té­ri­sée sans être ca­ri­ca­tu­rale, de Ca­role Franck à Zoé Hé­ran, (la pe­tite fille de Tom­boy qu’on est bien contents de re­trou­ver) en pas­sant par So­lène Ri­got, dé­jà re­mar­quée dans Or­phe­line.

EST-CE QU’ON S’Y AMUSE? Dans la bande de Cot­tin En gros, oui. 60% des gags sont hi­la­rants (c’est dé­jà un ex­ploit), 40% sont moyens, comme dans la trop longue scène où les deux Ca­mille, hys­té­riques, sup­plient leur mère de les suivre à la soi­rée du club. De­ve­nu un genre en soi, de­puis le suc­cès phé­no­mé­nal des Bron­zés en 1978, le film de «club de va­cances» peut vite som­brer dans le bas de gamme. Mais la réa­li­sa­trice Eloïse Lang évite ce piège grâce à l’en­train de ses ac­trices et aus­si parce que leurs tri­bu­la­tions es­ti­vales s’ac­com­pagnent d’une ré­flexion sur les rôles im­po­sés aux femmes dans la so­cié­té. Dans la bande de Guide On ne se tient pas les côtes, mais on sou­rit beau­coup de­vant cette suc­cess sto­ry dont la trame et l’at­mo­sphère rap­pellent celles du film Po­pu­laire, de Ré­gis Roin­sard. Evi­dem­ment, les scènes où les filles foutent la pâ­tée aux mecs fonc­tionnent à fond. Et tant pis si les obs­tacles ren­con­trés par nos hé­roïnes sont un peu pré­vi­sibles, une belle ima­ge­rie ré­tro al­liée à la fa­cé­tie des dia­logues nous conduit sans temps mort jus­qu’au hap­py end fi­nal. ET LES GAR­ÇONS DANS TOUT ÇA ? Dans la bande de Cot­tin En se­cond plan, il y a Elliot Dau­rat, un char­mant ga­min pas ca­bo­tin pour un sou, et aus­si Tho­mas Sci­me­ca, ex-membre de l’im­payable troupe de théâtre des Chiens de Navarre, au­quel le ci­né­ma semble en­fin s’in­té­res­ser (du coup, Tho­mas, va fal­loir te cou­per les che­veux, hein ?). Dans Lar­guées, il est par­fait en jeune veuf aga­cé par la bruyante Ca­mille Cot­tin. Dans la bande de Guide En pe­tit fan­fa­ron de pro­vince dont la fai­blesse pour l’autre sexe fi­nit par lui jouer des tours, Max Bou­blil sur­prend. D’au­tant qu’il par­vient à in­suf­fler à son rôle de coach spor­tif un soup­çon de ten­dresse. A ses cô­tés, un autre tru­blion : Bru­no Lo­chet, ex-membre des Des­chiens, mé­con­nais­sable et for­mi­dable.

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