LE WEEK-END D’UN SIECLE

Golf Magazine - - CLUB DU MOIS - PAR YAN­NICK CO­CHEN­NEC (TEXTE) PHO­TO AFP / GETTY IMAGES

Du 28 au 30 sep­tembre, Le Golf Na­tio­nal ac­cueille­ra la 42e édi­tion de la Ry­der Cup. Un évé­ne­ment his­to­rique pour le golf fran­çais qui se­ra le té­moin d’une ren­contre au som­met entre les meilleurs joueurs eu­ro­péens et une im­pres­sion­nante «dream team» amé­ri­caine em­me­née par un Ti­ger Woods re­sus­ci­té. Trois jours de grand spec­tacle qui s’annoncent in­ou­bliables…

Lorsque la Fé­dé­ra­tion fran­çaise de golf avait hé­ri­té, le 17 mai 2011, de l’or­ga­ni­sa­tion de la 42e Ry­der Cup au Golf Na­tio­nal, sep­tembre 2018 pa­rais­sait alors un ho­ri­zon très pro­met­teur, mais trop loin­tain avec trois édi­tions du match Eu­rope-états-unis en­core pro­gram­mées en 2012, 2014 et 2016. Et puis ces sept an­nées ont pas­sé à la vi­tesse de l’éclair. Sept an­nées pen­dant les­quelles le Golf Na­tio­nal a ac­cueilli huit Open de France, du cou­ron­ne­ment de Thomas Levet en 2011 à ce­lui d’alex No­ren en 2018. Sept an­nées au cours des­quelles le par­cours s’est ren­for­cé sous la conduite de Paul Ar­mi­tage, son di­rec­teur, et d’ale­jan­dro Reyes, son su­per­in­ten­dant, avec no­tam­ment un large pro­gramme de ré­no­va­tion et de mo­der­ni­sa­tion réa­li­sé entre 2015 et 2016. Sept an­nées qui ont vu Pas­cal Gri­zot, le maître d’oeuvre de cette Ry­der Cup fran­çaise, se dé­ployer tous azi­muts en liai­son avec les deux pré­si­dents de la Ff­golf se suc­cé­dant dans l’in­ter­valle, Georges Bar­ba­ret et Jean-lou Cha­ron, pour no­tam­ment te­nir le bud­get de 36 mil­lions d’eu­ros, nour­ri par la contri­bu­tion des quelque 410 000 li­cen­ciés. Nous voi­là donc – dé­jà – au pied d’un évé­ne­ment sans nulle com­pa­rai­son pour le golf fran­çais qui n’en connaî­tra pas d’autre de cette di­men­sion sur son sol – pas même lors des Jeux de Pa­ris en 2024 – avant très long­temps, si la Ry­der Cup veut bien re­ve­nir un jour dans nos fron­tières. Ce week-end du 28 au 30 sep­tembre 2018 est, à ce titre, vé­ri­ta­ble­ment, ce­lui du siècle et tout est prêt pour ac­cueillir les 24 joueurs di­ri­gés par Thomas Bjørn et Jim Fu­ryk, les deux ca­pi­taines. À ce scé­na­rio de su­per­pro­duc­tion, dont les pre­mières images se­ront fil­mées de­puis le châ­teau de Ver­sailles à l’oc­ca­sion du dî­ner de ga­la, man­que­ra, hé­las, à moins d’une in­vi­ta­tion de toute der­nière mi­nute du ca­pi­taine eu­ro­péen, un acteur fran­çais. Tant pis. Vic­tor Du­buis­son, vain­queur de la Ry­der Cup en 2014, a ren­con­tré des pro­blèmes de san­té qui ont mis fin pré­ma­tu­ré­ment à son rêve. Quant à Alexan­der Le­vy, 78e mon­dial le 13 août, au len­de­main de L’USPGA, il s’est mon­tré trop ti­mide lors des grands ren­dez-vous pour pou­voir es­pé­rer in­té­grer l’équipe. Avec d’autres, ils au­ront en­core, heu­reu­se­ment, leur chance pour dis­pu­ter d’autres Ry­der Cup, mais ce ne se­ra pas à Saint-quen­tin-en-yve­lines. Au­cune rai­son, de toute fa­çon, de bou­der le plai­sir XXL qui s’an­nonce sur ce 18 trous de l’al­ba­tros dont les abords des fairways et des greens s’ap­prêtent à être en­va­his, chaque jour, par 50 000 spec­ta­teurs.

L’ÉQUIPE AMÉ­RI­CAINE FA­VO­RITE

Du cô­té amé­ri­cain, le 13 août, au len­de­main de L’USPGA, les huit joueurs qua­li­fiés avaient été of­fi­cia­li­sés : Brooks Koep­ka, Dus­tin John­son, Jus­tin Thomas, Pa­trick Reed, Bub­ba Wat­son, Jor­dan Spieth, Ri­ckie Fow­ler et Webb Simp­son. Trois pre­mières wild cards de­vaient être dé­cer­nées par Jim Fu­ryk, le 3 sep­tembre, au len­de­main du Dell Tech­no­lo­gies Cham­pion­ship. La der­nière wild card était at­ten­due le 9 sep­tembre à l’is­sue du BMW Cham­pion­ship. Ti­ger Woods, 2e de L’USPGA et 6e du Bri­tish Open, qui en­ten­dait cu­mu­ler les rôles de joueur et de vice-ca­pi­taine, et Phil Mi­ckel­son n’avaient au­cune réelle in­quié­tude au su­jet de leur sé­lec­tion alors que Bry­son De­cham­beau, Xan­der Schauf­fele, Ke­vin Kis­ner, To­ny Fi­nau, Matt Ku­char ou Zach John­son fai­saient par­tie des pré­ten­dants aux der­nières places. Au to­tal, une équipe amé­ri­caine aux al­lures de vé­ri­table « dream team ». Cô­té eu­ro­péen, Fran­ces­co Mo­li­na­ri, Jus­tin Rose, Tyr­rell Hat­ton, Tom­my Fleet­wood, Ro­ry Mcil­roy, Jon Rahm, Alex No­ren et Ian Poul­ter étaient bons pour le ser­vice dès le 13 août, mais la qua­li­fi­ca­tion au­to­ma­tique des Eu­ro­péens n’était, elle, of­fi­cielle que le 2 sep­tembre après le tour­noi Made in Den­mark. À Saint-louis, lors de L’USPGA, Poul­ter avait juste dé­pas­sé Paul Ca­sey, « cer­tain », tou­te­fois, d’être du voyage pa­ri­sien. Les quatre wild cards de­vaient être ré­vé­lées, le 5 sep­tembre, par Thomas Björn lors d’une émis­sion spé­ciale dif­fu­sée sur Sky Sports. Thorb­jørn Ole­sen, Rus­sell Knox, Mat­thew Fitz­pa­trick, Ra­fa Ca­bre­ra Bel­lo, Thomas Pie­ters (6e à Saint-louis) et les che­vron­nés Hen­rik Sten­son et Ser­gio Garcia pou­vaient en­core es­pé­rer. Même s’ils n’ont plus triom­phé en Eu­rope de­puis 1993, les Amé­ri­cains, dé­ten­teurs du tro­phée, partent presque na­tu­rel­le­ment fa­vo­ris de cette Ry­der Cup 2018 – ils ont rem­por­té six des huit tour­nois ma­jeurs dis­pu­tés en 2017 et 2018. Mais le Golf Na­tio­nal, qu’ils mé­con­naissent, se dresse contre eux avec toute l’équipe eu­ro­péenne. Le fait que Jus­tin Thomas (pré­sent à l’open de France), Phil Mi­ckel­son, Jor­dan Spieth et Bub­ba Wat­son soient ve­nus, entre autres, l’ins­pec­ter au cours de l’été sou­ligne aus­si cette in­quié­tude comme il at­teste de leur fa­rouche vo­lon­té de triom­pher en­fin sur la terre du Vieux conti­nent. En vé­ri­té, il n’y a plus qu’à ré­gler son ré­veil, à l’aube, pour le 28 sep­tembre, en es­pé­rant une mé­téo à la me­sure de ce ren­dez-vous unique pour la France. Sé­rieu­se­ment, qui pou­vait ima­gi­ner, il y a quelques mois à peine, que Ti­ger Woods vien­drait dé­fier le Golf Na­tio­nal ?

Comme en 2016, la cé­ré­mo­nie d’ou­ver­ture du jeu­di 27 sep­tembre lan­ce­ra la 42e édi­tion de la Ry­der Cup.

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