FIOR

GP Racing - - Technique/ Châssis -

Claude Fior, alias « Pif » , vé­ri­table spé­cia­liste du tra­vail de l’alu­mi­nium et doué d’un ap­pé­tit sans li­mite pour l’in­no­va­tion, a gra­ti­fi é notre mi­cro­cosme de sa­crées belles réa­li­sa­tions entre le mi­lieu des an­nées 70 et le dé­but des an­nées 90. Tra­gi­que­ment dis­pa­ru cou­rant décembre 2001 suite au crash de son avion de tou­risme, Pif s’en est al­lé, trop jeune ( 46 ans) en lais­sant der­rière lui bon nombre d’ad­mi­ra­teurs. Mo­tos, vé­los, karting, cy­clo­mo­teurs, voi­tures de course, ULM, etc. Claude Fior était un vé­ri­table tou­cheà- tout, ja­mais en manque d’ima­gi­na­tion. À l’ins­tar d’An­dré de Cor­tanze, il s’est ap­pli­qué à adap­ter à la mo­to un de­mi- train avant de voi­ture. Soit le prin­cipe de la double tri­an­gu­la­tion char­gée de sup­por­ter et gui­der la roue avant. Pif, lui, s’est tou­jours ap­pli­qué à re­por­ter les tri­angles en po­si­tion haute, soit au- des­sus de la roue. Une ar­chi­tec­ture re­prise de­puis par BMW et son Duo­le­ver équi­pant les sé­ries K. Cette double tri­an­gu­la­tion offre l’avan­tage de pou­voir choi­sir un grand nombre de ci­né­ma­tiques dif­fé­rentes et de dis­so­cier les fonc­tions de sus­pen­sion de celles de gui­dage et de di­rec­tion. Pen­dant quinze ans, Claude Fior va ac­cou­cher de nom­breux pro­to­types. Jus­qu’à la fi n 70/ dé­but 80, il pi­lote lui- même ses réa­li­sa­tions comme en té­moigne cette image prise lors des 24 Heures de Mont­juic ( Bar­ce­lone, Es­pagne) 1980 ( pho­to n° 5). Il y par­ta­geait alors le gui­don de son pro­to­type sur bas mé­ca­nique Hon­da 1000 avec Pierre Guy sur ce cir­cuit rou­tier où ils fi nirent en sixième po­si­tion, tan­dis que les stars de l’en­du­rance su­bis­saient tour à tour les aléas de la course. Claude Fior s’est aus­si – et sur­tout – fait re­mar­quer pour ses 500 et autres 250 des­ti­nées à cou­rir aus­si bien en cham­pion­nat fran­çais qu’eu­ro­péen et même mon­dial. Fontan, Gui­gna­bo­det, Bou­di­not mais aus­si le Suisse Mar­co Gen­tile – ce­lui qui de­vien­dra son pi­lote fé­tiche et avec qui il af­fron­te­ra la ca­té­go­rie reine de 1986 à fi n 1989. De la Fior 500 à mo­teur Hon­da RS 3- cy­lindres à la Fior 500 sur base mo­teur Krau­ser 4- cy­lindres en ligne ( mo­teur trans­for­mé par le side- ca­riste Alain Michel pour qu’il puisse prendre la fonc­tion de mo­teur por­teur), ils au­ront mar­qué un to­tal de 42 points en cham­pion­nat du monde 500 et si­gner comme meilleur ré­sul­tat en course une belle 4e place lors du GP de Mi­sa­no en Ita­lie, sous la pluie. Leur belle com­pli­ci­té s’ar­rê­ta brus­que­ment le jour où Mar­co Gen­tile se tua fi n 1989 sur le cir­cuit de Nogaro, à deux pas des ate­liers et au vo­lant d’un puis­sant karting mo­to­ri­sé par un mo­teur de Ya­ma­ha TZ 350, bien évi­dem­ment conçu par Claude Fior. De là, le Ger­sois, pro­fon­dé­ment at­tris­té, dé­lais­sa la mo­to pour se consa­crer à d’autres belles réa­li­sa­tions en re­la­tion avec, entre autres, Re­nault pour le Spi­der à châs­sis alu­mi­nium et mo­teur de Clio Williams ain­si qu’en for­mule mo­no­place ( Re­nault Cam­pus, etc.). Cha­peau l’ar­tiste.

1- La Ya­ma­ha XS 1100 pour le Bol d’Or 1980. 2- 1987, Mar­co Gen­tile, 14e de la manche an­glaise d’un GP à Do­ning­ton, sur la Fior à mo­teur Hon­da RS 500, 3-cy­lindres. 3- Pour la sai­son 1988, Fior pré­pare pour Gen­tile une mo­to sur base mo­teur/por­teur Krau­ser 500 2-temps, 4-cy­lindres en ligne. 4- Ul­time évo­lu­tion, tou­jours pour Gen­tile. Vi­sez le sou­ci d’in­té­gra­tion. 5- Dé­part des 24 H de Bar­ce­lone de 1980 sur le cir­cuit rou­tier de Mont­juic pour Fior avec une mo­to sur base de Hon­da 4-cy­lindres 1000 cm3.

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