TOM SYKES

« UNE AN­NÉE MA­GIQUE »

GP Racing - - Interview/ Kawasaki En Sbk - Par Vincent Boyer.

Cham­pion du monde Su­per­bike 2013, Tom Sykes se­ra en­core le fa­vo­ri pour la sai­son pro­chaine. Le pi­lote bri­tan­nique, pa­pa pour la pre­mière fois quelques se­maines après son titre, re­vient avec nous sur cette fa­bu­leuse an­née.

Tout d’abord, Tom, ça fait quoi d’être cham­pion du monde ?

Les mots ne peuvent pas dé­crire ce que je res­sens. De­puis l’épreuve de Ma­gny- Cours, il y a eu des mo­ments où en pen­sée, je me sur­pre­nais à rê­ver du titre et rien que ça, c’était dé­jà ma­gique. Mais c’était in­com­pa­rable avec ce que j’ai res­sen­ti quand c’est de­ve­nu une réa­li­té. Je trem­blais et je pou­vais à peine ra­me­ner la mo­to au stand. J’étais au sep­tième ciel et rien ne peut dé­crire ce sen­ti­ment. J’ai tant tra­vaillé pour y ar­ri­ver... J’ai su­bi des cri­tiques par le pas­sé, et ce tro­phée est la meilleure des ré­ponses.

Ce titre a-t-il une saveur par­ti­cu­lière après que tu as échoué d’un de­mi-point l’an der­nier ?

Il nous a ren­du plus fort. Ça ne fait au­cun doute. J’étais très mo­ti­vé l’hiver der­nier. J’ai connu des an­nées dif­fi ciles en SBK, en 2009, 2010 et 2011, mais ces an­nées m’ont ren­for­cé. J’étais vrai­ment dé­çu l’an­née der­nière, mais j’ai per­du face à un pi­lote de grand ta­lent en la per­sonne de Max Biag­gi. J’étais as­sez fi er de l’avoir pous­sé au bout et de n’avoir échoué que pour un de­mi- point, mais je suis en­core plus fi er cette an­née d’avoir rem­por­té le titre une course avant la fi n. L’an der­nier, c’était super de si­gner ces belles per­for­mances mais à la fi n, il y avait de la dé­cep­tion. Beau­coup de gens ont pen­sé que Tom Sykes et Ka­wa­sa­ki avaient lais­sé leur unique chance d’être cham­pion en 2012. Moi, je n’étais pas de cet avis...

Tu sa­vais que tu étais le pre­mier pi­lote de­puis Scott Rus­sell en 1993 à faire ga­gner Ka­wa­sa­ki ?

Je ne suis pas du genre à re­gar­der les sta­tis­tiques dans les ma­ga­zines quand je suis chez moi. J’ai d’autres choses à faire à la mai­son... C’est seu­le­ment quand les médias me posent des ques­tions sur ces

su­jets que je réa­lise tout ça et ça me rend en­core plus fi er d’être as­so­cié au re­tour de Ka­wa­sa­ki au pre­mier plan. La course, c’est toute ma vie. C’est par­fois dif­fi cile pour ma fa­mille au quo­ti­dien, mais ils peuvent en­fi n par­ta­ger mon bon­heur. On a beau­coup tra­vaillé pour ar­ri­ver au som­met.

JE TREM­BLAIS ET JE POU­VAIS À PEINE RA­ME­NER LA MO­TO AU STAND

Tu étais ner­veux en ar­ri­vant à la der­nière course avec 37 points d’avance ?

Il y avait bien évi­dem­ment un titre mon­dial qui re­po­sait sur mes épaules mais j’étais super dé­ten­du pen­dant la course. J’avais un bon pa­ckage et je sa­vais que la piste de Je­rez se­rait dif­fi cile pour nous. Les Apri­lia ont été de­vant du­rant tout le week- end, et les BMW aus­si puisque c’est leur piste d’es­sais. On a fait du beau bou­lot en France avec le dou­blé et c’était ça le plus im­por­tant. Il y a des mo­ments où il faut sa­voir être fort et en­fon­cer le clou. En pre­mière manche en Es­pagne, j’ai tout don­né, sans pen­ser au cham­pion­nat.

Au­cun cham­pion­nat n’est fa­cile à rem­por­ter et mal­gré de très bonnes qua­li­fi­ca­tions, le dé­but de sai­son a été as­sez com­pli­qué...

Oui, on a eu quelques pro­blèmes c’est sûr. Ce­pen­dant, rou­ler avec trois côtes cas­sées et un poi­gnet frac­tu­ré pour la pre­mière épreuve à Phil­lip Is­land et si­gner de bons ré­sul­tats nous a bien lan­cés pour le cham­pion­nat. On a tous un grand res­pect en­vers chaque membre de l’équipe, des tech­ni­ciens aux spon­sors. C’était un grand mo­ment pour nous tous. Je suis très re­con­nais­sant en­vers tous les gens qui m’ont ai­dé et sur­tout mon grand- père, Pe­ter Brook.

Par­lons un peu de ce grand-père... C’est le mo­tard de la fa­mille ?

S’il avait eu la chance de faire des courses, je pense qu’il au­rait ado­ré. Il a tou­jours été pas­sion­né de mo­to. Il avait l’ha­bi­tude de m’em­me­ner à mo­to sur les courses de BSB. Heu­reu­se­ment, il a eu une belle car­rière d’in­gé­nieur et il a pu uti­li­ser un peu de son ar­gent pour me faire de­ve­nir pi­lote. L’his­toire a fait le reste. Il vient tou­jours sur les courses et il était là pour voir notre pre­mier titre mon­dial. On a fait une belle fête avec lui pour cé­lé­brer ce titre. Je pense qu’il a ai­mé... Je lui se­rai éter­nel­le­ment re­con­nais­sant de tout ce qu’il a fait pour moi.

Que penses-tu du ni­veau du SBK mon­dial com­pa­ré aux an­nées glo­rieuses, fin des an­nées 90 et dé­but 2000 ?

Je pense qu’on a un bon ni­veau. C’est dif­fi cile de par­ler du ni­veau des pi­lotes puisque je suis l’un d’eux, mais quand je re­garde les chro­nos, les temps de course, je me dis qu’ils sont vrai­ment bons. On a Max Biag­gi, Car­los Che­ca, Mar­co Me­lan­dri : le cham­pion­nat a un sa­cré ni­veau. Au­cun doute là- des­sus. Toutes les marques sont aus­si au top ni­veau. Je pense que le spec­tacle est tou­jours au ren­dez- vous et que l’on n’a pas peur des contacts... C’est ce qui plaît au pu­blic.

Com­ment va être ta vie main­te­nant que tu es cham­pion du monde ?

J’ai fait beau­coup de sa­cri­fi ces pour y ar­ri­ver. J’ai une équipe fan­tas­tique, une grande marque der­rière moi et c’était notre an­née. On a tra­vaillé très dur et c’est une belle his­toire, mais un nou­veau cha­pitre s’ouvre dé­sor­mais. J’ai été cham­pion du monde et ma femme at­tend notre pre­mier en­fant ( Ndlr : une pe­tite fi lle est née de­puis l’in­ter­view). C’était une an­née ma­gique.

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