« AU­JOURD’HUI, LE CHEF MÉ­CA­NI­CIEN RESTE L’IN­TER­LO­CU­TEUR PRI­VI­LÉ­GIÉ DU PI­LOTE POUR CHOI­SIR LES RÉ­GLAGES DE LA MO­TO »

GP Racing - - Technique -

Maxime Du­pon­chel nous fait éga­le­ment part de sa vi­sion glo­bale de l’élec­tro­nique. « Au­jourd’hui, le chef mé­ca­ni­cien reste l’in­ter­lo­cu­teur pri­vi­lé­gié du pi­lote pour choi­sir la base des ré­glages de la mo­to au ni­veau du cadre, des sus­pen­sions et des pneu­ma­tiques. Si la base de ré­glages des sus­pen­sions ou du cadre ne convient pas, il est im­pos­sible d’ex­ploi­ter une élec­tro­nique conve­nable. Exemple : si le contact de l’ar­rière est pré­caire du fait d’un ré­glage de cadre qui ne convient pas au pi­lote, à chaque fois que la roue ar­rière tou­che­ra le sol, le frein mo­teur se­ra trop fort, et la mo­to in­stable. En re­vanche, avec le même frein mo­teur mais un meilleur contact de l’ar­rière, il se­ra pos­sible au frein mo­teur d’ai­der à frei­ner la mo­to cor­rec­te­ment. À tra­vers cet exemple, on com­prend ai­sé­ment que la base de la mo­to est don­née par le châs­sis et non pas par l’élec­tro­nique. Un bon ré­glage en élec­tro­nique per­met au pi­lote de se sen­tir mieux, et nous sa­vons à quel point don­ner confi ance au pi­lote est im­por­tant dans ce mé­tier. Hon­nê­te­ment, le pi­lote se­rait ca­pable d’al­ler très vite même avec les ré­glages de base de la mo­to. L’élec­tro­nique aide à gom­mer beau­coup de dé­fauts, qui res­tent as­sez anec­do­tiques fi na­le­ment. Mais pour une qua­li­fi ca­tion, qui se joue au dixième de se­conde près, alors en ef­fet, l’élec­tro­nique est im­por­tante. Une par­tie de notre tra­vail consiste aus­si à com­pa­rer les pi­lotes entre eux pour com­prendre com­ment nous amé­lio­rer et com­ment ap­por­ter à notre pi­lote ce sur­plus de confi ance qui lui per­met­tra d’al­ler plus vite. Au­jourd’hui, l’une des bases de notre tra­vail, à Brad­ley ( Smith) et moi­même, s’ap­puie sur l’ac­qui­si­tion de don­nées de Va­len­ti­no Ros­si et Jorge Lo­ren­zo. À par­tir de l’ana­lyse des dif­fé­rences de pi­lo­tage ( comme voir des concur­rents pas­ser plus vite dans un vi­rage par exemple), nous pou­vons com­prendre quels ajus­te­ments ap­por­ter. Rai­son pour la­quelle, avec Brad­ley, nous pas­sons beau­coup de temps à la fin de chaque séance à dé­brie­fer sur les meilleurs ré­glages à gar­der ou à es­sayer lors des pro­chaines ses­sions. Il est pra­ti­que­ment im­pos­sible pour un in­gé­nieur d’ef­fec­tuer le ré­glage de l’élec­tro­nique seul avec son or­di­na­teur sans connaître le res­sen­ti du pi­lote. Pour ma part, c’est un élé­ment que je prends vrai­ment en compte. S’il pointe le doigt sur un en­droit par­ti­cu­lier du cir­cuit, il faut for­cé­ment tra­vailler des­sus. »

Un grand mer­ci aux in­gé­nieurs Maxime Du­pon­chel et Ni­co­las Goyon du team Monster Ya­ma­ha Tech3, ain­si qu’à Clé­ment Ailloud, pour l’aide ap­por­tée à la réa­li­sa­tion de cet ar­ticle.

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