JOERI RIESSAUW TECH­NI­CIEN ÖH­LINS DÉ­DIÉ AU TEAM SU­ZU­KI

GP Racing - - Grandsprix/ Suspensions De Choc - Par Jean-Ai­gnan Mu­seau.

Après huit an­nées pas­sées chez Tech3, Joeri Riessauw est au­jourd’hui au ser­vice du team Su­zu­ki. Fa­cé­tieux, l’homme qui veille aux sus­pen­sions de Ma­ve­rick Viñales et Aleix Es­par­ga­ro a un par­cours pour le moins aty­pique.

Râ­blé, Joeri Riessauw a une sil­houette de lut­teur. Sport au­quel d’ailleurs il s’est adon­né du­rant sa jeunesse puis­qu’il a été sé­lec­tion­né aux Jeux Olym­piques dans l’équipe de Bel­gique. Mais l’aven­ture s’achève ra­pi­de­ment, et sa car­rière ( il est à la tête de sept titres na­tio­naux et in­ter­na­tio­naux) lui laisse quand même le temps d’ac­com­pa­gner son cou­sin sur des courses de cross. Au dé­but, il lave les mo­tos. Puis, pe­tit à pe­tit, il s’in­ves­tit plus dans la mé­ca­nique, et rencontre Ed­dy Seel. Ce der­nier l’em­barque sur un su­per­cross à Ma­drid. La paire s’en­tend bien et le jeune Joeri se trouve plon­gé dans le monde du mo­to­cross. Le cou­sin qui l’em­ploie dans une usine de fa­bri­ca­tion de vi­trines – il a no­tam­ment oeu­vré au Louvre –, lui laisse du temps pour as­sou­vir sa pas­sion. En 2000, alors qu’il est le mé­ca­ni­cien de Fred Bol­ley, le team qui l’em­ploie tombe en que­nouille. Il trouve re­fuge chez Öh­lins. « J’ai com­men­cé par deux mois d’école à l’usine. C’est là que j’ai com­pris que je pen­sais sa­voir des choses sur les sus­pen­sions alors qu’en fait, je ne sa­vais rien ! » À la de­mande de son em­ployeur, il part aux États- Unis pour ten­ter de dé­ve­lop­per un Ra­cing ser­vice pour les dif­fé­rentes dis­ci­plines où la marque est re­pré­sen­tée. « Faute de bras, la tâche était im­mense et on a lâ­ché. » Il se re­trouve en Es­pagne pour se­con­der le nou­vel im­por­ta­teur avant d’at­ter­rir en Superbike mon­dial : « Nous étions trois à nous oc­cu­per de tout le pad­dock » , se sou­vient- il.

« S’IN­TÉ­RES­SER À TOUS LES POINTS DE LA MO­TO »

Lorsque l’éphé­mère pro­jet Il­mor débarque en MotoGP, il suit. Et quand dé­but 2007, l’Il­mor X3 re­joint le mu­sée, Joeri trouve re­fuge chez Tech3. Il va y res­ter huit ans : « Il faut s’in­té­res­ser à tous les points de la mo­to. De la boîte de vi­tesses à la géo­mé­trie. Tout a une in­fl uence sur la sus­pen­sion. Ce pour­quoi le dia­logue est vi­tal, non seule­ment avec le pi­lote, mais aus­si le chef mé­ca­ni­cien et son da­ta guy. » Dès l’en­trée d’un pi­lote dans le box, Joeri tend l’oreille : « J’y en­tends tou­jours quelque chose qui me concerne. » S’en­suit une course pour tout mettre en ordre : « On tra­vaille au­tant sur la fourche que sur l’amor­tis­seur : que ce soit sur le res­sort en jouant sur le type et sa pré­charge ou sur l’hy­drau­lique avec les vi­tesses de dé­tente et de com­pres­sion. » Ca­pable de scot­cher de l’ail sous le bu­reau de son boss qui n’en sup­porte pas l’odeur, ce far­ceur in­vé­té­ré n’en est pas moins ex­trê­me­ment ri­gou­reux dans son tra­vail. Pour au­tant, il ad­met être par­fois par­ti dans de mau­vaises di­rec­tions : « Il faut maî­tri­ser le dic­tion­naire de cha­cun. Sou­vent, au dé­but d’une re­la­tion avec un pi­lote, je ne sai­sis pas toutes les nuances de la fa­çon dont il ex­prime ses sen­sa­tions ni la fa­çon dont il les in­ter­prète. Il faut du temps pour se com­prendre par­fai­te­ment. » La même conclu­sion que son boss en fait...

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