3 DÉ­BU­TANTS DONT 2 « PRI­VÉS »

GP Racing - - Edito - Alain Le­corre

Ex­cep­tées les vic­toires em­ma­ga­si­nées par les pi­lotes of­fi­ciels ( Hon­da, Ya­ma­ha ou Du­ca­ti ces der­nières an­nées), rares sont les ex­ploits si­gnés par les « se­conds cou­teaux » en Mo­toGP. Très rares ! Si l’on se plonge ra­pi­de­ment dans les ar­chives, on s’aper­çoit qu’ils ne sont en fait que quatre ou cinq par sai­son à mon­ter sur la plus haute marche d’un po­dium en ca­té­go­rie reine. Une chasse gar­dée des pi­lotes d’usine en gé­né­ral, et des of­fi­ciels Hon­da et Ya­ma­ha en par­ti­cu­lier, ces der­niers ayant ra­flé sans dis­con­ti­nuer 102 Grands Prix entre ce­lui d’Aus­tra­lie 2010 – où Sto­ner avait fait briller sa Du­ca­ti une der­nière fois – et ce­lui d’Au­triche 2016 où Ian­none et Do­vi ont trus­té les deux pre­mières places avec leur D16. Pour voir un p’tit nou­veau s’im­po­ser en Mo­toGP, il faut re­ve­nir en 2011, quand Ben Spies s’in­vi­ta au bal des dé­bu­tants en si­gnant son unique vic­toire à As­sen, sur une M1 of­fi­cielle. Avant lui, Ch­ris Ver­meu­len avait éga­le­ment créé la sur­prise en im­po­sant sa Su­zu­ki sur le cir­cuit du Mans en 2007. Mais, là en­core, avec une ma­chine of­fi cielle. Pour trou­ver trace d’une pre­mière vic­toire « sa­tel­lite » , « pri­vée » , bref « non fac­to­ry » , il faut ain­si re­mon­ter à 2006, an­née où To­ny Elias im­po­sa sa Hon­da Gre­si­ni à Es­to­ril d’un mil­lième de se­conde. Une an­née ex­cep­tion­nelle à plus d’un titre, qui s’ache­va sur l’in­croyable vic­toire d’un Troy Bay­liss ( sor­tant du WSBK), ve­nu faire une pige en Mo­toGP sur une Du­ca­ti usine. Bay­liss, 7e vain­queur de GP dans une même sai­son : un fait ra­ris­sime. Pour la pe­tite his­toire, la sai­son 2006 fut éga­le­ment re­mar­quable car elle sa­cra Ni­cky Hay­den, l’Amé­ri­cain met­tant fi n au règne sans par­tage de Va­len­ti­no Ros­si qui res­tait sur une sé­rie de cinq titres consé­cu­tifs. Bref, ga­gner une pre­mière course Mo­toGP sans être po­sé der­rière un gui­don ou as­sis sur un mo­teur d’usine semble re­le­ver du pur fan­tasme. 2016 nous au­ra un peu prou­vé le contraire car, aux deux- tiers de la sai­son, ils étaient dé­jà deux « dé­bu­tants pri­vés » à avoir réus­si l’ex­ploit : Jack Miller ( Hon­da Es­trel­la Ga­li­cia 0,0 Marc VDS), qui pas­sa entre les gouttes à As­sen et Cal Crut­chlow ( LCR Hon­da), in­tou­chable à Br­no dans des condi­tions apo­ca­lyp­tiques. Il faut ajou­ter à cette liste le nom d’un troi­sième dé­bu­tant mais fac­to­ry cette fois : An­drea Ian­none. Vain­queur en Au­triche sur une Du­ca­ti of­fi cielle, l’Ita­lien a mis fi n à 6 ans de di­sette pour l’usine de Bor­go Pa­ni­gale. Eh oui, avec 3 dé­bu­tants dont 2 pri­vés, la sai­son n’a pas fi ni de nous sur­prendre. Qui se­ra le pro­chain ? Un of­fi ciel ( Viñales ou Aleix Es­par­ga­ro sur les Su­zu­ki) ou un « pri­vé » ( Pe­truc­ci, Red­ding, Pol Es­par­ga­ro, Smith...) ? À moins que les caïds ne re­prennent les choses en main. Ce qui semble être la plus plau­sible des hy­po­thèses.

Miller (à gauche) et Crut­chlow, ici avec Alex Hof­mann, ont ou­vert leur comp­teur de vic­toires en Mo­toGP.

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