ZARCO / TECH3

LE TI­CKET GA­GNANT

GP Racing - - Edito - Alain Le­corre

On y croit. Je di­rais même que cet at­te­lage- là pour­rait bien sen­tir ra­pi­de­ment la poudre, les bonnes sur­prises et la Mar­seillaise. En ef­fet, le double cham­pion du monde Moto2 fran­çais ar­rive dans une équipe fran­çaise, et les at­tentes sont aus­si nom­breuses que jus­ti­fi ées. Il faut dire que Jo­hann Zarco n’est pas un pi­lote comme les autres. Ex­pé­ri­men­té, le ga­min est éga­le­ment dé­ter­mi­né ( n’a- t- il pas choi­si contre l’avis de tous de re­mettre en jeu son titre Moto2 ?...), bos­seur et per­for­mant ( n’a- t- il pas réus­si ce dé­fi que per­sonne n’avait en­core réa­li­sé ?...). Évi­dem­ment, tout ça n’est pas le fruit du ha­sard. Tous les cham­pions du monde ont bos­sé plus que les autres pour ar­ri­ver en haut. Et beau­coup plus que les autres pour y res­ter. C’est la marque des très grands. De­man­dez à Ros­si, à Mar­quez... Mais Zarco n’est pas tout à fait dans le moule du mo­ment. Il semble prendre son temps, ré­fl échir et ana­ly­ser cal­me­ment tous les as­pects du mé­tier pour ar­ri­ver à ses fi ns. À une époque qui sa­cra­lise le jeu­nisme et la fougue, 26 ans pa­raît être un âge ca­no­nique pour dé­bu­ter en ca­té­go­rie reine. Mais n’est- ce pas jus­te­ment un cri­tère de réus­site que d’avoir ce droit ca­non d’exer­cer son art dans une dis­ci­pline où l’ex­pé­rience pèse plus lourd qu’ailleurs ? En dé­bar­quant chez Tech3, Zarco va pou­voir s’ap­puyer sur cette ex­pé­rience. Une mo­to qua­si- iden­tique à celle de Va­len­ti­no Ros­si ( seules les spé­ci­fi ca­tions mo­teur se­ront dif­fé­rentes) et une équipe tech­nique ( celle de Brad­ley Smith cette an­née) di­ri­gée de main de maître par le sorcier Guy Cou­lon. Un Cou­lon vi­si­ble­ment en­chan­té de tra­vailler avec Zarco. Il est vrai que le gar­çon n’a pas l’ha­bi­tude de bru­ta­li­ser ses mo­tos, sait s’adap­ter ra­pi­de­ment et a prou­vé pen­dant toute la sai­son Moto2 qu’il sa­vait rou­ler avec sa tête en éco­no­mi­sant ses forces ( et ses pneus). Tous les in­gré­dients sont donc réunis pour que le pas­sage en MotoGP se fasse au mieux. Car si la marche est haute en ve­nant du Moto2, Jo­hann n’en est pas moins am­bi­tieux. « Cette an­née, il y a eu 9 vain­queurs dif­fé­rents en MotoGP, les écarts se res­serrent. Il faut se faire plai­sir, avoir de grands rêves et être sé­rieux dans son tra­vail » , voi­là ce qu’il dé­cla­rait peu avant son pre­mier rou­lage sur la M1. Une dé­cla­ra­tion qui en dit long sur les es­poirs du pi­lote Tech3 et sur ceux qu’il sus­cite. Avan­cer pas à pas, marche après marche, ne rien lâ­cher et cô­toyer les som­mets. Un pro­gramme ins­crit dans le marbre de­puis très long­temps chez Jo­hann Zarco. En ar­ri­vant de la Moto2, Mar­quez et Viñales avaient tout cas­sé. Ti­to Ra­bat, lui, a tout lou­pé. Où Jo­hann Zarco va- t- il se si­tuer sur l’échi­quier du MotoGP ? Son implication, son en­ga­ge­ment et sa vo­lon­té nous laissent dé­jà en­tre­voir de très, très belles pers­pec­tives...

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