« QUELQUES TOURS AU GUI­DON DE LA HON­DA RC181, UN IM­MENSE HON­NEUR... »

GP Racing - - Anniversaire -

la RC181 ac­cu­sait en­core 141 kg sur la ba­lance). Mais ce n’était pas la seule rai­son : à l’époque, les Ja­po­nais n’avaient pas en­core les connais­sances né­ces­saires pour conce­voir une par­tie- cycle ca­pable de bra­quer, frei­ner et de te­nir la route conve­na­ble­ment. Un han­di­cap de­ve­nu évident à la fi n de chaque course où l’on voyait un Mike Hail­wood des­cendre de sa ma­chine com­plè­te­ment ex­té­nué, les mains cou­vertes d’am­poules et les bras en­core trem­blants après s’être ef­for­cé pen­dant une heure de maî­tri­ser une ma­chine aus­si puis­sante qu’in­domp­table. Hon­da a construit deux 500 RC181 4- cy­lindres en 1966, et bien qu’ils aient ga­gné le titre cons­truc­teur cette an­née- là, ces mo­tos si dif­fi ciles à ma­noeu­vrer n’ont ja­mais per­mis aux pi­lotes de rem­por­ter un titre de cham­pion du monde sous les cou­leurs de Hon­da. Toutes deux sont re­tour­nées dans leur pays d’ori­gine, chez Hon­da. La pre­mière est ex­po­sée dans la salle des col­lec­tions de Mo­te­gi, la se­conde se trouve au QG de la marque, à To­kyo. Mais il y a quelques an­nées, l’une d’elles fai­sait en­core par­tie de la col­lec­tion du cir­cuit de Do­ning­ton, pro­prié­té de la veuve de Mike Hail­wood, Pau­line. Après la mort tra­gique du Bri­tan­nique dans un ac­ci­dent de voi­ture, le mo­teur de la RC181 a été re­mis en condi­tion l’an­née sui­vante pour que Stuart Gra­ham puisse en prendre le gui­don afi n de rendre hom­mage au dé­funt, lors d’une jour­née de com­mé­mo­ra­tion. Puis la moto a su­bi une ré­vi­sion com­plète dans la suc­cur­sale an­glaise de Hon­da ( avec no­tam­ment un nou­veau cale- pied gauche et un rap­port sup­plé­men­taire pour la trans­mis­sion).

LA THÉO­RIE DE LA RELATIVITÉ SE­LON HON­DA

C’est à Fred­die Spen­cer qu’est re­ve­nu l’hon­neur de la pi­lo­ter pour les Matchs Trans­at­lan­tiques de 1984 – le pre­mier contact de Fast Fred­die avec les courses Clas­sic, dans les­quelles il s’in­ves­tit au­jourd’hui. Après l’évé­ne­ment, le cadre n° RC181- F- 301, équi­pé du mo­teur n° RC181- E- 302, était ex­po­sé à Do­ning­ton, jus­qu’à ce que Hon­da ra­chète plus tard la moto à Pau­line et la ra­mène au pays. Au­pa­ra­vant, j’ai eu l’im­mense plai­sir et l’hon­neur de par­cou­rir quelques tours à Do­ning­ton à bord d’une des mo­tos les plus lé­gen­daires que le monde de la course n’ait ja­mais connue. « Lé­gen­daire » ne veut tou­te­fois pas dire « for­mi­dable » . .. En ef­fet, Mike the Bike lui- même n’avait pas su maî­tri­ser la bête. Al­lait- elle aus­si se re­tour­ner contre moi et m’en­voyer dans le bac à gra­vier ? Fi­na­le­ment, j’ai pu ti­rer de cet es­sai une le­çon édi­fi ante sur la théo­rie de la relativité. Je pense sin­cè­re­ment avoir fait suf­fi sam­ment de tours sur la 500 pour avoir une bonne idée de sa vraie na­ture, sur­tout sur des pneus course ré­cents, les Dun­lop KR124, adap­tés à la moto pour l’oc­ca­sion. Mal­gré le fait d’avoir ob­ser­vé un ré­gime maxi­mal pla­fon­nant aux 10 500 tr/ min ( soit 1000 de moins que la li­mite nor­male) et d’avoir dû ac­cep­ter que l’on ne pût pas, en si peu de tours, es­pé­rer tes­ter les li­mites d’une mon­ture aus­si in­es­ti­mable. Sans par­ler du mau­vais état du tra­cé de Do­ning­ton au mo­ment où j’en­trais en piste ( elle a été res­sur­fa­cée de­puis, mais ce jour- là, les condi­tions étaient si­mi­laires à celles d’un pe­tit cir­cuit bri­tan­nique ou ita­lien des an­nées 60, voire même à celles de l’île de Man). La Hon­da n’était pas évi­dente à te­nir, mais ce n’était pas non plus la plus dif­fi cile que j’ai eue à pi­lo­ter. Loin de moi l’idée de re­la­ti­vi­ser les ef­forts sur­hu­mains que Mike Hail­wood

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