KA­WA­SA­KI QUID DU MO­TOGP ?

GP Racing - - Mag - Par Alexis De­lisse. Pho­tos ar­chives MR et DR.

Avec six construc­teurs of­fi­ciel­le­ment en­ga­gés en Mo­toGP l’an pro­chain, l’ab­sence de Ka­wa­sa­ki se fe­ra sen­tir plus que ja­mais. Pen­dant que Hon­da, Ya­ma­ha, Du­ca­ti, Su­zu­ki, Apri­lia et KTM se livrent ba­taille, la firme d’Aka­shi em­pile les suc­cès en cham­pion­nat du monde Su­per­bike. Mais pour combien de temps ?

Sept ans que l’on n’avait plus vu une Ka­wa­sa­ki en Mo­toGP. Et en­core, la der­nière sai­son des Verts en ca­té­go­rie reine s’était cou­rue tout en noir et sous le nom de Hayate ( 10e du cham­pion­nat avec Mar­co Me­lan­dri). La dé­ci­sion de Ka­wa­sa­ki de stop­per son en­ga­ge­ment en com­pé­ti­tion en avait alors sur­pris plus d’un, le cons­truc­teur ayant su­bi­te­ment cla­qué la porte au nez de la Dor­na, sans ho­no­rer la fi n de son contrat avec le pro­mo­teur es­pa­gnol. Un dé­part aus­si in­at­ten­du que la crise éco­no­mique qui s’abat­tait alors bru­ta­le­ment sur toute l’in­dus­trie moto. « À l’époque, les ventes et le chiffre d’af­faires du sec­teur moto ont connu un gros coup d’ar­rêt, se sou­vient Fa­bien Rau­lo, co­or­di­na­teur tech­nique com­pé­ti­tion. Et en pa­ral­lèle, Ka­wa­sa­ki ne si­gnait pas de très bons ré­sul­tats avec son pro­to­type Mo­toGP. Un jour, un chef est ar­ri­vé en di­sant : “Ça nous coûte tant, et ça ne nous rap­porte pas grand­chose, on ar­rête tout.” Les choses ont été ac­tées très ra­pi­de­ment. » Dé­ci­sion est alors prise de mettre tous les moyens sur le pro­gramme Su­per­bike. Ka­wa­sa­ki y oc­cupe en ef­fet la der­nière place sur les sept construc­teurs ali­gnés sur la grille. « Com­pa­rés aux autres marques, notre ac­ti­vi­té dans la moto et nos chiffres de ventes sont bien in­fé­rieurs, ex­plique Ichi­ro Yo­da, pa­tron du team of­fi ciel Ka­wa­sa­ki et in­gé­nieur en chef. Ka­wa­sa­ki a donc dé­ci­dé de swit­cher du Mo­toGP au Su­per­bike car nous pro­dui­sons des mo­dèles hy­per­sports et le lien est plus di­rect avec le WSBK. Un choix qui sa­tis­fait beau­coup la marque ac­tuel­le­ment. » Il faut dire qu’en six ans, Ka­wa­sa­ki est mon­té en puis­sance jus­qu’à s’of­frir les deux der­nières cou­ronnes cons­truc­teur et trois titres pi­lote. « Tout n’a pas été simple au dé­but mais nous avons beau­coup de suc­cès à pré­sent, on do­mine clai­re­ment, se ré­jouit Fa­bien Rau­lo. Cette si­tua­tion nous sa­tis­fait pour le mo­ment. Si nous de­vions al­ler en Grands Prix, le bud­get se­rait mul­ti­plié par dix, avec une forte pro­ba­bi­li­té de ne pas du tout réus­sir comme on le fait ici. Il fau­drait re­lan­cer un tout nou­veau dé­ve­lop­pe­ment et re­par­tir de zé­ro. Nous avons éga­le­ment vu ce qu’il s’est pas­sé pour Su­zu­ki, les dif­fi cultés qu’ils ont ren­con­trées pen­dant des an­nées. Ils sont sor­tis du cham­pion­nat puis fi na­le­ment ont dé­ci­dé d’y re­ve­nir... » Un pro­blème de tré­so­re­rie pa­ra­doxale pour Ka­wa­sa­ki Hea­vy In­dus­tries, mul­ti­na­tio­nale en­ga­gée dans l’aé­ro­spa­tiale, les trains, l’éner­gie ou en­core la ma­rine, mais dont l’ac­ti­vi­té moto ne re­pré­sente qu’une por­tion anec­do­tique. « Du point de vue de la vi­si­bi­li­té et du mar­ke­ting, le Mo­toGP at­tire pro­ba­ble­ment un peu plus les clients qu’au­pa­ra­vant, concède Yo­da. Mais les autres ma­nu­fac­tu­riers vendent des quan­ti­tés de mo­tos bien plus im­por­tantes que nous et ont donc

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