« ON NE CHERCHE PAS À CHAN­GER LES RÉ­GLAGES MAIS À AC­CU­MU­LER LES KI­LO­MÈTRES »

GP Racing - - Tempsfort -

GUY COULON

de te mettre par terre. Pour al­ler vite, il faut être en confi ance et se faire plai­sir. » Ce que les bonnes condi­tions mé­téo lui ont per­mis de réa­li­ser. « J’ai pu faire beau­coup de tours et prendre confi ance. En MotoGP, les pneus sont mieux adap­tés, la moto est plus lourde et donc moins sen­sible au vent... J’ai vrai­ment pris du plai­sir. » Si son co­équi­pier, im­pres­sion­nant en Aus­tra­lie, l’a cette fois de­van­cé au chro­no, Jo­hann a tout de même très bien rou­lé puis­qu’il n’a concé­dé que deux dixièmes de se­conde à Valentino Ros­si. « Je dois en­core pro­gres­ser en sor­tie de vi­rage car je n’uti­lise pas as­sez bien ma ma­chine, ex­plique- t- il. Il faut que je la re­lève mieux pour gé­rer l’ac­cé­lé­ra­tion. Je ne suis pas un pi­lote qui fait glis­ser la moto. En Mo­to2, il ne fal­lait pas le faire pour être ef­fi cace. Je me rends compte qu’en MotoGP, ce­la peut- être utile, en tout cas, ça fait par­tie de la per­for­mance car tu ne perds pas de temps en dé­ri­vant. C’est un res­sen­ti sur le­quel je dois tra­vailler. La com­pré­hen­sion de l’uti­li­sa­tion de l’élec­tro­nique est aus­si très im­por­tante. Il faut un peu de temps pour tout ap­pré­hen­der mais l’im­por­tant, c’est qu’on pro­gresse ré­gu­liè­re­ment. » Pour Guy Coulon, Jo­hann Zar­co a la bonne ap­proche de l’ap­pren­tis­sage qu’il doit au­jourd’hui as­si­mi­ler. « Il ne fonce pas tête bais­sée, sou­ligne le tech­ni­cien du team Tech3. À chaque séance d’es­sais, il prend le temps de s’ins­tal­ler le pre­mier jour. À Se­pang, il a fal­lu se re­mettre dans le bain. Il n’a pas re­trou­vé tout de suite les sen­sa­tions qu’il avait eues en no­vembre der­nier mais après deux mois de trêve, c’était un peu nor­mal. Nous avions aus­si de nou­velles pro­cé­dures élec­tro­niques à mettre en place et à dé­fri­cher. Jo­hann se rend compte qu’il a énor­mé­ment de choses à dé­cou­vrir et à ap­prendre. Avec ces ma­chines, il faut rou­ler pour com­prendre ce dont on a be­soin, ce qui peut être un plus ou un moins, se­lon ce qu’on peut de­man­der... On ne peut pas se battre avec la moto du­rant vingt ou vingt- cinq tours, il faut ap­prendre à chan­ger de “cartographie” et à mo­di­fi er son pi­lo­tage au fil de la course. Cet ap­pren­tis­sage prend du temps. En Aus­tra­lie, on a at­ta­qué les tests avec la base et l’équi­libre gé­né­ral de Se­pang. On a juste adap­té les sus­pen­sions aux spé­ci­fi ci­tés du cir­cuit. Pour l’ins­tant, on ne cherche pas à chan­ger les ré­glages. Il faut ac­cu­mu­ler les ki­lo­mètres. »

« CE QUE FAIT VALENTINO EST VRAI­MENT IN­CROYABLE »

Pour l’ai­der dans sa dé­cou­verte du MotoGP, Jo­hann peut aus­si s’ap­puyer sur Alexandre Méh­rand. Pas­sé par la struc­ture Tech3 Mo­to2 où il s’oc­cu­pait l’an der­nier de l’ac­qui­si­tion de don­nées des mo­tos de Vierge et Viñales, ce gar­çon de 26 ans rem­place cette an­née Maxime Du­pon­chel qui a, lui, quit­té les Grands Prix. Comme Zar­co, Alexandre ef­fec­tue son ap­pren­tis­sage du MotoGP. « On a le même âge et on ar­rive tous les deux du Mo­to2, sou­ligne le “da­ta guy” du double cham­pion du monde. Au dé­but, il y avait un peu d’in­quié­tude du cô­té de Jo­hann mais dé­sor­mais, ça va beau­coup mieux. Il sait que Guy, qui n’est pas du tout or­di­na­teur, me fait en­tiè­re­ment confi ance. Et puis il y a Oka, l’in­gé­nieur ja­po­nais, avec nous. Il est très fort, il connaît nos ou­tils par coeur et il m’aide énor­mé­ment. On com­mu­nique tous en­semble. Jo­hann com­mence à com­prendre l’in­té­rêt de maî­tri­ser l’élec­tro­nique, sur­tout qu’il est très sen­sible au ni­veau du grip de la moto. Il était un peu ré­frac­taire au dé­but... Ce qui est bien, c’est qu’il est très pré­cis dans ses com­men­taires. » Pour les ai­der dans leur ap­pren­tis­sage, les pi­lotes Tech3 peuvent aus­si comp­ter sur les Ja­po­nais qui mettent à leur dis­po­si­tion les ré­glages et l’ac­qui­si­tion de don­nées de Valentino Ros­si et Ma­ve­rick Viñales. « C’est une aide in­croyable » , es­time Alexandre. « Oui, c’est très in­té­res­sant, ren­ché­rit Jo­hann. Ça per­met de se ras­su­rer et se prendre moins la tête. À Phil­lip Is­land, j’ai com­pa­ré mes don­nées avec celles de Valentino. Il n’y avait pas d’énormes dif­fé­rences mais dans le dé­tail, c’est vrai­ment in­croyable ce qu’il fait avec sa moto. Un pe­tit tou­cher de frein par ici, un pe­tit coup de gaz par là... Tout ce qu’il fait, il ne le fait pas pour rien. » Une chose est sûre, chez Ya­ma­ha, Jo­hann Zar­co est à la bonne école.

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