LE BOL D’OR AU PRO­GRAMME

GP Racing - - Edito - Alain Le­corre

Ima­gi­nez que nous puis­sions mettre en place un cham­pion­nat re­grou­pant les courses les plus ex­cep­tion­nelles. Toutes dis­ci­plines et toutes an­nées confon­dues. Les plus dingues, les plus in­croyables, afi n de pro­fi ter de ces purs mo­ments de fo­lie gé­né­rés par les meilleurs et de toute l’adré­na­line qui va avec... Un pur fan­tasme d’afi cio­na­dos de sports mé­ca­niques. Alors oui, on irait au Tou­rist Tro­phy voir des mis­siles dé­fi er les lois de la na­ture à plus de 340 chrono sur des routes de cam­pagne dé­fon­cées et ar­rê­ter de res­pi­rer à leur pas­sage. On irait au Nür­bur­gring sur l’an­cien cir­cuit où les stars se ti­raient des bourres mo­nu­men­tales le long des 28 km de vi­rages en plein mas­sif de l’Ei­fel. Un cir­cuit de ma­lade plus proche d’une spé­ciale de ral­lye que d’autre chose, al­ter­nant por­tions ra­pides et si­nueuses, vi­rages aveugles et re­liefs ver­ti­gi­neux. On irait au Mu­gel­lo pour l’am­biance sur­chauf­fée et la fu­ria de la cu­vette tos­cane. À As­sen pour l’his­toire de la seule piste à avoir tou­jours été au ca­len­drier du cham­pion­nat du monde de vitesse de­puis 1949. Et à Phil­lip Is­land pour la beau­té du site aus­tra­lien qui est aus­si le cir­cuit pré­fé­ré de la plu­part des pi­lotes au­jourd’hui. On se re­plon­ge­rait dans l’en­fer d’Ima­tra, de Salz­burg ou d’Opa­ti­ja, ces pistes « d’hommes » tra­cées à fl anc de mon­tagne ou bor­dées de rails... sans au­cun dé­ga­ge­ment. Er­reur in­ter­dite, frayeur ga­ran­tie. On s’ar­rê­te­rait aux 8 Heures de Su­zu­ka pour l’exo­tisme et le ma­tos nip­pon, à La­gu­na Se­ca pour le re­lief ca­li­for­nien et pour­quoi pas à Cad­well Park, l’unique cir­cuit de vitesse où les pi­lotes sautent comme s’ils avaient des mo­tos de cross (...). Un beau cham­pion­nat, non ? Et on irait au Bol d’Or. Parce que, comme le Tour de France, Die­go Ma­ra­do­na ou Va­len­ti­no Ros­si, le simple nom de la doyenne des courses d’en­du­rance parle à tout le monde ( pre­mière édi­tion en 1922 à St- Ger­main- en- Laye, voir page 138). Parce que le tour d’hor­loge est à lui seul in­com­pa­rable et son his­toire hal­lu­ci­nante. Parce que le site du cir­cuit du Cas­tel­let est ma­gni­fi que et la ré­gion tou­jours sy­no­nyme de va­cances, de bord de mer et de su­per coups de mo­to. Parce que la dis­ci­pline elle- même est ex­cep­tion­nelle dans tous les sens du terme et qu’elle ne glo­ri­fi e que les hé­ros. Le Bol est une course my­thique, à nulle autre pa­reille. Le dé­part, les ra­vi­taille­ments, les co­équi­piers, le team, la stra­té­gie, les dé­pas­se­ments, les chutes, les re­tar­da­taires, les cou­chers de so­leil, la nuit, la fa­tigue, la dou­leur, le le­ver du jour, cette ma­ti­née qui n’en fi nit pas et la dé­li­vrance, en­fi n... Le Bol est un pa­ra­doxe à plu­sieurs égards ; d’abord parce que c’est une épreuve d’équipe in­di­vi­duelle, mais aus­si parce qu’on n’y voit pas une mais trois courses : le Bol d’Or, le Bol d’Ar­gent et le Bol d’Or Clas­sic, pour un mé­ga week- end de fête ( concerts, ex­pos, vil­lages, etc.), où toutes les fa­milles sont re­pré­sen­tées. Alors oui, le Bol est au pro­gramme de notre cham­pion­nat rê­vé. Y al­ler ? Obli­ga­toire pour tous ceux qui n’ont ja­mais vé­cu ça !

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