VINCENT LA­COSTE LA CARTE JEUNE DU CI­NÉ­MA FRAN­ÇAIS

À 21 ans, l’ex-ado mal lu­né des Beaux Gosses joue un in­terne in­quiet dans Hip­po­crate avant d’in­car­ner Tho­mas Ban­gal­ter des Daft Punk dans Eden. Ren­contre avec un drôle de co­mé­dien qui gran­dit bien.

GQ (France) - - Coulisses -

« Je suis un hy­per an­xieux. » Quand on dis­cute avec Vincent La­coste, l’an­xié­té est le mot qui re­vient le plus sou­vent. On n’ima­gi­nait pas si an­gois­sé l’ado bou­ton­neux et en rut des Beaux Gosses (le teen mo­vie du des­si­na­teur Riad Sa!ouf, 2009). « Je n’ai ja­mais ap­pris à être ac­teur, si tant est que ce­la s’ap­prenne, se jus­ti­fie La­coste, ren­con­tré sur une plage, lors du der­nier Fes­ti­val de Cannes. Du coup, entre deux tour­nages, j’ai peur d’ou­blier mon mé­tier. » Ce!e peur ex­plique-t-elle que Vincent La­coste a long­temps joué le même rôle d’ado mal lu­né dans des co­mé­dies d’au­teur ( Le Sky­lab, 2011 ; Ca­mille re­double, 2012) et des block­bus­ters fran­chouillards ( As­té­rix et Obé­lix : Au ser­vice de Sa Ma­jes­té, 2012) ? « Je n’ai ja­mais vi­sé un re­gistre par­ti­cu­lier, pas plus que je n’ai abor­dé Hip­po­crate comme un rôle sé­rieux. Un ac­teur ne cal­cule rien. Il fait des choix dans la li­mite de ce qu’on lui pro­pose. » Ce jour-là, La­coste, pieds nus, est plu­tôt rac­cord avec l’image du jeu­not in­dif­fé­rent de ses films : « C’est vrai que je dé­gage un truc mol­las­son, parce que j’ai une grosse voix et que j’ai l’air un peu ailleurs. » À vrai dire, hors tour­nage, l’ac­teur s’en­nuie. Entre deux rôles, il lit, re­garde des films, sort un peu. La­coste ne s’épa­noui­rait-il que dans le tra­vail ? « Vincent est ex­trê­me­ment proche dans la vie de ce qu’il est dans les films, nous confie Tho­mas Lil­ti, réa­li­sa­teur d’hip­po­crate. Cet hu­mour à contre­temps, le cô­té ab­sent, c’est vrai­ment lui. Mais ça ne l’em­pêche pas d’être très tra­vailleur. C’était de loin l’ac­teur qui connais­sait le mieux son texte sur le tour­nage. Vincent n’a pas vrai­ment de cul­ture co­mique. Il n’est pas is­su du one man show ou de la té­lé. Le cô­té “une ré­plique, une vanne”, ce n’est pas son truc. Il évoque plu­tôt des co­mé­diens à la Mi­chael Ce­ra ( Ju­no, 2008), do­tés d’une drô­le­rie na­tu­relle. » Dans Hip­po­crate, ce!e pré­sence un peu gauche lui per­met d’ex­pri­mer tout le désar­roi du jeune in­terne lâ­ché en mi­lieu hos­pi­ta­lier sans fi­let. En re­tour, la blouse de mé­de­cin gran­dit l’ac­teur, qui se dé­fait pour la pre­mière fois de son sta­tut d’ado mal ter­mi­né. Jean usé, T-shirt noir et paire de Way­fa­rer, il af­fi­che­rait même des airs de rock star en planque sur la Croise!e. Ça tombe bien : il se­ra en no­vembre à l’af­fiche d’eden, film de Mia Han­sen-løve qui re­trace la nais­sance de la French Touch. « Un petit rôle », pré­cise l’ac­teur. Peut-être, mais dé­ci­sif. L’ac­teur y joue­ra Tho­mas Ban­gal­ter, moi­tié des Da$ Punk.

HIP­PO­CRATE,

LES BEAUX GOSSES

Ré­vé­la­tion de cette co­mé­die si­gnée Riad Sat­touf, Vincent La­coste joue avec drô­le­rie l’ado

ap­pa­reillé mal dans sa peau. AS­TÉ­RIX ET OBÉ­LIX AU SER­VICE DE SA MA­JES­TÉ

La­coste campe Gou­du­rix, le cousin ve­nu de Lu­tèce qui pré­fère

la grasse ma­ti­née aux san­gliers.

« C’est vrai que je dé­gage un truc mol­las­son, parce que j’ai une grosse voix

et que j’ai l’air un peu ailleurs. »

HIP­PO­CRATE

Le co­mé­dien a gran­di. Le voi­là in­terne en mé­de­cine dé­pas­sé par ses res­pon­sa­bi­li­tés dans une co­mé­die douce-amère.

De Tho­mas Lil­ti, avec Vincent La­coste, Re­da Ka­teb et Jacques Gam­blin, sor­tie le 3 sep­tembre. Vincent La­coste, un Mi­chael Ce­ra ( à la fran­çaise.

(2014)

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