ERIC BA­NA À TOM­BEAU OU­VERT

Flic exor­ciste dans Dé­livre-nous du mal, cet ha­bi­tué des films d’ac­tion hol­ly­woo­diens est aus­si un pas­sion­né de mo­teurs, pi­lote à ses heures. Ren­contre avec un ac­teur qui se rê­vait mé­ca­no.

GQ (France) - - Coulisses -

La fe­nêtre de la chambre du pa­lace est grande ou­verte. « Comme ça, je peux en­tendre Pa­ris. Je n’ai pas le temps de mar­cher dans la rue, mais je peux écou­ter les mo­tos qui dé­marrent quand le feu passe au vert. » Ve­nu pré­sen­ter Dé­livre-nous du mal, thril­ler hor­ri­fique si­gné Sco! Der­rick­son ( Si­nis­ter, 2012), Eric Ba­na laisse échap­per un peu du blues de l’ac­teur hol­ly­woo­dien en pro­mo, pri­son­nier d’hô­tels de luxe in­ter­chan­geables. À des an­nées-lu­mière des fau­bourgs de Mel­bourne qui l’ont vu naître à la fin des an­nées 1960. Ado­les­cent, Eric Ba­na­di­no­vich, son nom d’ori­gine croate, était un cancre a!achant qui rê­vait d’être mé­ca­no : « Les mo­teurs, c’est ma pas­sion de­puis que je suis ga­min. Là où j’ai gran­di, on bi­douillait les voi­tures entre potes. » Il dé­marre une car­rière de co­mé­dien de stand-up sous les traits d’une ca­ri­ca­ture d’aus­tra­lien moyen ar­bo­rant coupe mu­let et ac­cent à cou­per au cou­teau. En 2000, il s’es­saie au ci­né­ma dans Chop­per, film ul­tra­violent si­gné An­drew Do­mi­nik (Co­gan), où il campe un so­cio­pathe avec un trait d’hu­mour po­tache. Les Amé­ri­cains s’ac­ca­parent la der­nière sen­sa­tion aus­sie en ne re­te­nant que sa dis­po­si­tion au pu­gi­lat. Il joue­ra les mi­li­taires (La Chute du Fau­con Noir), les su­per­hé­ros (Hulk), les guer­riers an­tiques (Troie), les agents se­crets (Mu­nich), et même un super-

DÉ­LIVRE-NOUS DU MAL, de Scott Der­rick­son, sor­tie le 3 sep­tembre

mé­chant ( Star Trek, 2009)… Il n’y a guère que Judd Apa­tow pour ex­ploi­ter sa fibre co­mique dans Fun­ny People (2008). Mais l’échec de Hulk (son seul sa­laire à sept zé­ros) le prive de la A-list et des pro­po­si­tions qui vont avec. « J’ai tou­jours eu des a!entes mo­destes, je ne peux pas être dé­çu. Ce qui compte pour moi, ce n’est pas la taille du film, c’est que le per­son­nage soit in­té­res­sant. »

Les dé­mons et les mo­tos Ce­lui de Ralph Sar­chie dans Dé­livre-nous du mal, flic du Bronx con­fron­té à l’oeuvre du Ma­lin, lui per­met d’ex­plo­rer les gouffres du pê­ché et de la ré­demp­tion. « C’est un homme qui pense pou­voir ou­blier ses er­reurs pas­sées, alors qu’elles le pour­suivent. J’y ai vu un com­men­taire so­cial sur la ma­nière dont l’ab­sence de vé­ri­té agit comme un can­cer. » Le film, his­toire d’exor­cisme sym­pa­thique, est ins­pi­ré d’un vrai of­fi­cier du NYPD de­ve­nu spé­cia­liste ès dé­mons. « La plu­part de nos conver­sa­tions ont tour­né au­tour des mo­tos, pas de l’exor­cisme. » On ne se re­fait pas. En l’es­pace de vingt ans, Ba­na s’est trans­for­mé en qua­dra sé­rieux au cos­tume im­pec­cable. Tou­jours bon, même quand le film l’est moins. « Je me sens très chan­ceux d’avoir une car­rière in­ter­na­tio­nale. L’im­por­tant, c’est de conti­nuer à tra­vailler. » Mais ses pas­sions les plus es­sen­tielles, il les vit ailleurs, comme en té­moigne Love the Beast (2009), son doc sur sa Ford Fal­con 1974 (la ver­sion aus­tra­lienne de la Mus­tang Mach 1 qui est éga­le­ment la voi­ture de Mad Max). « C’est au vo­lant que je suis vrai­ment moi-même, pas quand je joue dans un film. »

Le co­mé­dien aus­tra­lien, ici au vo­lant d’une Mus­tang, a consa­cré un do­cu­men­taire à sa propre Ford Fal­con 1974 : Love the Beast.

(2003) Block­bus­ter cé­ré­bral et contem­pla­tif, le Hulk d’ang Lee se plante au box-of­fice. Ba­na est vert. (2004) Eric Ba­na in­carne Hec­tor, l’ad­ver­saire d’achille (Brad Pitt), dans ce néo-pé­plum de Wolfgang Petersen. (2000) Dans le pre­mier film d’an­drew Do

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