EMI­LY RA­TAJ­KOWS­KI LE FAN­TASME YOUTUBE

Une ap­pa­ri­tion dans un clip. C’est ce qui a suf­fi à Emi­ly Ra­taj­kows­ki pour pas­ser du jour au len­de­main du sta­tut de man­ne­quin in­con­nue à ce­lui de sex-sym­bol. Por­tée par le suc­cès de « Blur­red Lines » vu plus de 300 mil­lions de fois, la voi­là au ci­né­ma dan

GQ (France) - - Coulisses - Da­niel Ri­ley Mi­chael Thomp­son

C’est un peu bi­zarre, quand même, de de­ve­nir cé­lèbre juste parce qu’on m’a vue dans le clip d’une chan­son que je n’ai ni chan­tée, ni écrite. Une chan­son à la­quelle on va m’as­so­cier toute ma vie, alors ça n’a été qu’une jour­née de bou­lot pour moi. » Emi­ly Ra­taj­kows­ki n’a que 23 ans mais elle se rend bien compte que son his­toire est aus­si unique que symp­to­ma­tique de notre époque. De­puis qu’elle a été vue en (toute) pe­tite te­nue dans la sul­fu­reuse vi­déo du tube « Blur­red Lines » de Ro­bin Thicke, Phar­rell et T.I., au dé­but de l’an­née 2013, sa pai­sible car­rière de man­ne­quin sexy a pris un tour ina!en­du. Car soyons hon­nêtes : à chaque fois qu’on a en­ten­du « Blur­red Lines » dans une fête, un bar ou à la ra­dio – le clip a été vu plus de 300 mil­lions de fois sur Youtube, ce ne sont ni les trois in­ter­prètes ni les deux autres man­ne­quins, Elle Evans et Jes­si M’bengue, la blonde et la mé­tisse, que l’on a vi­sua­li­sés spon­ta­né­ment. Non, celle qui a fo­ca­li­sé toute notre a!en­tion, c’était ce!e af­fo­lante brune, qui ca­bo­ti­nait non sans un cer­tain sang-froid. A!ablée dans un bar en mi­ni-robe noire, Emi­ly ré­sume sa vie de­puis l’énorme buzz qu’elle a gé­né­ré. « En no­vembre, la chan­son a été élue titre de l’an­née. Et puis Da­vid Fin­cher m’a choi­sie pour un rôle dans Gone Girl (en salle le 8 oc­tobre, ndlr). Je joue An­die, la maî­tresse de Ben Af­fleck. » Étu­diante en crea­tive wri­ting, la jeune hé­roïne est dé­crite par l’ac­teur comme une sorte de « pou­pée gon­flable d’un autre monde, soit l’op­po­sé de ma femme, élé­gante et res­pon­sable ». Le réa­li­sa­teur Da­vid Fin­cher ajoute : « On vou­lait que les femmes se disent en la voyant : “Mon Dieu, elle a l’air tel­le­ment dé­nuée de scru­pules”. Et que les hommes ré­pondent : “Oui mais bon, quand même…”. » Ben Af­fleck a alors men­tion­né la fille du clip de « Blur­red Lines » et sa sug­ges­tion s’est vite trans­for­mée en évi­dence. « Quand on a ren­con­tré Emi­ly, elle s’est mon­trée d’une in­croyable ma­tu­ri­té, pour­suit Fin­cher. Elle se fi­chait d’être une it-girl. Elle est tout sauf creuse. On avait jus­te­ment be­soin de quel­qu’un de spé­cial. C’est quand même à cause d’elle que Ben Af­fleck plante sa vie. »

Al­cool et mau­vais dra­gueurs Mais, au-de­là de son phy­sique, en quoi Ra­taj­kows­ki est-elle si spé­ciale ? Est-ce parce qu’elle dit avoir ado­ré le film Blue Jas­mine (2013) ? « Avec Cate Blanche!, Woo­dy Al­len a trou­vé le vé­hi­cule par­fait de ses né­vroses, non ? » Parce qu’elle peut se lan­cer dans une étude com­pa­ra­tive des Cor­rec­tions (2001) et de Free­dom (2010), deux ro­mans de l’amé­ri­cain Jo­na­than Fran­zen ? Ou parce qu’elle sou­ligne en toute sim­pli­ci­té qu’elle

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