SURF

Pros de la com­pé­ti­tion, chas­seurs d’ex­cep­tion ou maîtres des fi­gures… Ils ont mar­qué la lé­gende d’un sport vrai­ment pas comme les autres. Écri­vant l’his­toire du surf et ex­plo­rant sans re­lâche le lien mys­té­rieux qui unit l’homme à l’océan. Qu’est-ce qui f

GQ (France) - - Coulisses - Ma­thieu Pa­lain

Pour­quoi tu surfes ? » Po­sez ce!e ques­tion à Kel­ly Sla­ter, 42 ans, onze fois cham­pion du monde, lé­gende vi­vante de la dis­ci­pline et il ne vous par­le­ra pas du stress de la note des juges ou des filles su­perbes qui scandent son nom, mais de sa com­mu­nion avec l’océan. Le surf n’est pas un sport in­di­vi­duel. C’est une danse de couple avec la mer, grande dame ca­pri­cieuse qui dé­teste qu’on lui manque de res­pect. En ce­la, c’est un art dan­ge­reux et ma­gni­fique, bien trop exi­geant pour être olym­pique, une drogue dure qui pousse à suivre une vague du re­gard, ra­mer de toutes ses forces pour sen­tir ce!e vi­bra­tion sous le ventre et tom­ber dans la pente. En­suite, il faut du ta­lent et pas mal d’ima­gi­na­tion. Cer­tains y vont tout en force et en puis­sance, d’autres cherchent l’ex­ploit, le tou­jours plus haut, tou­jours plus grand. De­puis sa pro­fes­sion­na­li­sa­tion en 1976, le surf a eu le temps d’écrire son his­toire, d’avoir ses stars, ses marques et ses rou­tines de com­pé­ti­tions… Pour clas­ser les cham­pions, il y a L’ASP, l’as­so­cia­tion des sur­feurs pros, la mai­son-mère du surf mon­dial. Ac­tuel­le­ment, le n° 1 s’ap­pelle Ga­briel Me­di­na, un Bré­si­lien à la peau tan­née et au look de jeune pre­mier, ca­pable des acro­ba­ties les plus folles tant que les vagues res­tent à taille hu­maine. Der­rière lui, le Fran­çais Michel Bourez, Po­ly­né­sien à la voix calme et aux ma­noeuvres ra­di­cales, ha­bi­tué de la vague de Ta­ha­ruu qui dé­ferle à Ta­hi­ti face à une longue plage de sable noir. Mais au-de­là des clas­se­ments, des notes et des points, ce qui fas­cine dans le surf, c’est l’es­thé­tisme. Ce plai­sir de par­ta­ger quelque chose de char­nel et d’éphé­mère avec la plus belle du bal. Pour ces au­da­cieux qui ac­com­pagnent leur par­te­naire par le bout de la planche, seule compte la beau­té du geste. Qu’ils s’ap­pellent Mi­ki, Kel­ly, Laird, Ga­reth, Joël ou Jé­ré­my, à la fin, tous sou­rient en ra­mant vers le pic. La quête ne change pas : prendre la pro­chaine. Et re­com­men­cer.

ES­CA­LADE

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