ED­DIE ROTHMAN 65 ans

LE BAD BOY

GQ (France) - - Coulisses -

Le surf est un concen­tré de beau­coup de choses. Il a été une contre-cul­ture et mal­gré ses contra­dic­tions, c’est un sport qui conti­nue de prendre la so­cié­té à re­brousse-poil. À cô­té de ses anges béats de­vant l’im­men­si­té de l’océan, le surf compte des ba­dass. Les « Black Shorts » en sont une bonne re­pré­sen­ta­tion. À leur tête, on trouve Ed­die Rothman, un vieux ta­toué, au torse en ca­ra­pace de cen­tu­rion, qui se­rait un mix entre Stal­lone et Sch­war­ze­neg­ger, ver­sion surf. Ne lui dites pas qu’ha­waï est un État amé­ri­cain, pour lui, le lo­cal, c’est un pays me­na­cé de dis­pa­ri­tion. Ed­die reje!e tout ce qui est ar­ri­vé de­puis que les en­tre­pre­neurs ont bé­ton­né le li!oral, les tou­ristes et les « ter­ro­ristes », ces sur­feurs étran­gers ve­nus pol­luer les spots avec leurs planches de lo­ca­tion. Les Black Shorts d’ha­waï font pen­ser à une secte, ce sont des ré­sis­tants. Des sur­feurs du cru qui dé­fendent leur île et leurs tra­di­tions, qui!e à y al­ler avec le poing fer­mé quand un gang d’aus­tra­liens se per­met de griller la prio­ri­té sur une vague qui dé­ferle à Jaws ou à Pi­pe­line. Rothman veille sur ce petit monde. La ré­sis­tance en­cou­rage à la pré­fé­rence na­tio­nale : les Black Shorts aident comme ils peuvent les « na­tive ha­waiians », mi­no­ri­té de plus en plus mi­neure, gra­ve­ment tou­chée par le chô­mage et la pau­vre­té.

(1890-1968)

Ed­die Rothman dé­fend les sur­feurs ha­waïens contre l’ar­ri­vée d’étran­gers. Aux poings si be­soin.

Cham­pion olym­pique de na­ta­tion, Duke a été un des pre­miers prophètes du surf.

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