IL ÉTAIT UNE FRENCH CAR EN AMÉ­RIQUE

GQ (France) - - -of -

Qua­rante ans après, les consi­dé­ra­tions du lieu­te­nant Co­lum­bo sur sa Peu­geot 403 dé­la­brée sonnent plus vrai que na­ture : « Ma voi­ture est fran­çaise, c’est un mo­dèle très rare », se plai­sait-il à dire. Aux États-unis, les vé­hi­cules ori­gi­naires de l’hexa­gone ont été ven­dus au compte-gouttes des an­nées 1950 à 1990 et au­jourd’hui, elles ne sont que quelques mil­liers sur les 260 mil­lions de vé­hi­cules im­ma­tri­cu­lés. Pour­tant, contre vents et ma­rées, une pe­tite com­mu­nau­té de pas­sion­nés s’éver­tue à faire rou­ler des Peu­geot, Renault et Ci­troën dans ce pays où la voi­ture la plus ven­due de­puis des lustres est un énorme pi­ckup Ford et où les pas­sion­nés de mé­ca­nique vibrent au rythme des V8 glou­tons. Mark Mak­si­mow est de ces afi­cio­na­dos du « Made in France ». Tout pe­tit, il suc­combe au vi­rus des Peu­geot alors que son père en ré­pare à San­ta Mo­ni­ca, là où la Route 66 se

AU PAYS D’HEN­RY FORD, ILS SONT QUELQUES MIL­LIERS D’IR­RÉ­DUC­TIBLES À ROU­LER

EN PEU­GEOT, CI­TROËN OU RENAULT. SIGNE D’EXO­TISME ET DE RAF­FI­NE­MENT OU SIMPLE LU­BIE FAR­FE­LUE ? VOYAGE AVEC DES AMOU­REUX DE LA ROUTE À LA FRAN­ÇAISE.

Par Yves Sar­thy

« J’AIME L’EX­CEN­TRI­CI­TÉ DES AU­TOS FRAN­ÇAISES. »

Dale Mar­tin, pas­sion­né

jette dans l’océan Pa­ci­fique. Ce Ca­li­for­nien de 38 ans confesse pos­sé­der « 16 ou 17 Peu­geot » en plus ou moins bon état, de la 403 à la 505, soit les pre­mier et der­nier mo­dèles de So­chaux à avoir tra­ver­sé l’at­lan­tique. Mais sa grande fier­té, c’est sa 205 GTI, une bom­bi­nette ja­mais of­fi­ciel­le­ment im­por­tée, et dont les exem­plaires dans le pays se comptent, se­lon lui, sur les doigts des deux mains. Ce­la ne l’em­pêche pas de la conduire du cir­cuit de La­gu­na Se­ca à la fa­meuse mon­tagne de Pikes Peak, la route la plus éle­vée des États-unis (4 300 m d’al­ti­tude), à 1 600 km de chez lui. Où qu’il aille, confie-til, cette spor­tive em­blé­ma­tique de la France des an­nées 1980 sus­cite l’ad­mi­ra­tion des rares Amé­ri­cains qui savent de quoi il s’agit… et la cu­rio­si­té de tous les autres. Aus­si rares que d’ir­ré­duc­tibles Gau­lois face aux ar­mées ro­maines, les amou­reux amé­ri­cains de voi­tures fran­çaises en sont d’au­tant plus dé­ter­mi­nés. Comme Stef­fen Mol­ler, un sep­tua­gé­naire

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.