Le nou­veau Du­jar­din, à la fran­çaise

Fin de la pa­ren­thèse amé­ri­caine. Quelques mois après des ap­pa­ri­tions re­mar­quées dans Le Loup de Wall Street et Mo­nu­ments Men de Scor­sese et Cloo­ney, l’ac­teur os­ca­ri­sé re­vient cas­ser la ba­raque de ce cô­té-ci de l’at­lan­tique. Son pro­chain coup de maître ? L

GQ (France) - - Sommaire - Jacques Braun­stein Rick Guest

Après son Os­car et des ap­pa­ri­tions dans des films amé­ri­cains, l’ac­teur re­vient cas­ser la ba­raque de ce cô­té de l’at­lan­tique. Plus dé­ter­mi­né que ja­mais.

Al­lô, Jean Du­jar­din est ar­ri­vé… » Cinq mi­nutes avant l’ho­raire pré­vu pour l’in­ter­view, la di­rec­trice de pro­duc­tion de GQ nous ap­pelle pour dire que l’ac­teur est dé­jà as­sis dans le ca­mion-ré­gie. C’est bien lui qui, ce ma­tin de juillet, nous ac­cueille sans fa­çon en jean, T-shirt et boots en daim, un pa­quet de Roth­mans bleues à la main : « On peut fu­mer ici ? » Oui, on peut. Beau bé­bé de 42 ans, mus­clé, bron­zé, pas ra­sé, il se montre en Jean Du­jar­din « tel quel », un peu brut, pas voyou, non, mais clai­re­ment aux an­ti­podes de la go­mi­na et du look ré­tro de The Ar­tist (2011), ou du style « gendre idéal » que cer­tains ma­ga­zines lui a!ri­buent trop fa­ci­le­ment. Au­jourd’hui, il n’est pas là pour jouer un rôle de com­po­si­tion. Il avoue d’en­trée qu’il n’est pas vrai­ment fan des in­ter­views. « Je n’ai pas grand-chose à dire. Je suis chiant en en­tre­tien. Je ne m’épanche pas sur les pla­teaux té­lé. » Af­fleure dé­jà ce cô­té gen­ti­ment râ­leur, fi­na­le­ment très fran­çais, qu’il com­bine heu­reu­se­ment avec ce goût ja­mais dé­men­ti pour les res­sorts de son mé­tier. « J’aime jouer. Je n’aime que jouer ! Je n’y peux rien. J’ai vrai­ment un rap­port in­time avec mon bou­lot. » Si les ac­teurs ne res­semblent pas tou­jours à ceux qu’ils in­ter­prètent, ce Jean Du­jar­din-là, qui se tient en face

de nous et qui n’hé­site pas à se me!re torse nu pen­dant la séance pho­to pour chan­ger de te­nue, « parce que c’est plus simple », ne triche pas. Il est aus­si ter­ri­ble­ment rac­cord avec l’es­prit à l’an­cienne de La French, ce nou­veau film dont il parle pour la pre­mière fois, dans GQ, et qui sort dans quelques se­maines. Un po­lar ner­veux dans le­quel il in­carne le juge Mi­chel, exé­cu­té par la pègre mar­seillaise en 1981 alors qu’il en­quê­tait sur la « French Connec­tion » (voir p. 154).

Un par­cours hors-norme La French. Le titre ré­sume as­sez bien la place de Jean Du­jar­din dans le ci­né­ma fran­çais. À la fois co­car­dier et ex­por­table – le dis­tri­bu­teur amé­ri­cain de L’écume des jours (2013) de Mi­chel Gon­dry a dé­jà pré­ache­té le film –, ac­teur sin­gu­lier et chef de file, un peu mal­gré lui, d’une nou­velle bande qui trans­cende les vieilles op­po­si­tions entre ci­né­ma hexa­go­nal et in­ter­na­tio­nal, films de genre et d’au­teur, ci­né et té­lé, co­mé­die et drame. « Pour­quoi ne pas créer un groupe de potes, ac­teurs, tech­ni­ciens, qui se re­trouvent ponc­tuel­le­ment de ma­nière in­for­melle, na­tu­relle ? », plaide-t-il. Par son cha­risme, il est par­ve­nu à agré­ger ce!e fine équipe, qui ras­semble au­jourd’hui des co­mé­diens à suc­cès, des réa­li­sa­teurs ta­len­tueux et des scé­na­ristes ins­pi­rés (Gilles Lel­louche, Ni­co­las Be­dos, Guillaume Ca­net, Mi­chel Ha­za­na­vi­cius…). « J’aime bien tra­vailler un peu à l’an­cienne, re­trou­ver mes co­pains de film en film… Ce n’était pas rare dans les an­nées 1960 ou 1970 de voir de Fu­nès et Bour­vil, ou Ga­bin et Ven­tu­ra tour­ner en­semble et avec les mêmes. » Après avoir ini­tié le film à sketchs Les In­fi­dèles (2012) avec Gilles Lel­louche, les deux hommes se re­trouvent face à face sur La French. L’ami de Du­jar­din in­ter­prète Gaë­tan Zam­pa, le par­rain mar­seillais que le juge Mi­chel tente de coin­cer. « Moi, je trouve ça choue!e qu’on se croise tous les deux ou trois films. Sur­tout quand on fait le pont entre Les In­fi­dèles et La French. On se ba­lade dans les genres, on se sur­prend, on se conseille, c’est sain. » Ce que confir­mait Lel­louche à un heb­do­ma­daire l’an pas­sé : « Dans la gé­né­ra­tion pré­cé­dente, les ac­teurs étaient plus in­di­vi­dua­listes, cha­cun me­nant sa car­rière de son cô­té. Nous, on par­tage la vie, les films, les joies, les peines. L’ami­tié est réelle. Nous pas­sons nos va­cances en­semble. Il y a beau­coup de bien­veillance. Ce n’est pas tou­jours le cas dans ce mé­tier. » Il faut dire que Jean Du­jar­din n’est pas « un per­dreau de l’an­née », comme au­rait dit Au­diard. Son suc­cès n’est pas ve­nu à 20 ans, il l’a construit, pa­tiem­ment. D’abord sur scène avec les Nous Ç Nous, puis à la té­lé­vi­sion avec Un gars, une fille (1999-2003) et, en­fin, au ci­né­ma. Ce qui fait sa force, c’est sa ca­pa­ci­té à créer, in­car­ner, faire exis­ter des per­son­nages hors-norme : Brice de Nice (2005), OSS 117 (2006 et 2009)… Et ça marche. En dix ans, Jean Du­jar­din a joué dans 16 films à plus d’un mil­lion d’en­trées en France. Que ce soit comme pre­mier rôle (les films ci­tés plus haut mais aus­si 99 francs ou Un bal­con sur la mer…) ou à une place plus mo­deste dans le cas­ting ( Les Pe­tits Mou­choirs, Ma­riages !…). Jus­qu’à la consé­cra­tion The Ar­tist qui lui a va­lu un prix d’in­ter­pré­ta­tion à Cannes puis un Os­car à la barbe de Brad Pi!, Ga­ry Old­man ou George Cloo­ney. Ces ré­com­penses ne l’ont pas tant chan­gé que ça. Per­sonne ne le croit, mais Jean Du­jar­din tient à le dire, et à le re­dire. « C’est un mo­ment très ponc­tuel dans une car­rière. Et je ne vois pas pour­quoi je de­vrais avoir la grosse tête, vivre aux États-unis… Alors que moi, je pense en être sor­ti comme j’y suis en­tré. » Ce que confirment ses amis. « La nuit après les Os­cars, il avait en­chaî­né la cé­ré­mo­nie, un talk-show, pas dor­mi de­puis 24 heures, se sou­vient Ni­co­las Be­dos. On était as­sis dans des tran­sats à re­gar­der Los An­geles, il avait l’os­car à la main… Et pour­tant il était lu­cide, conscient de la part de chance et de l’ac­ti­visme du pro­duc­teur Har­vey Wein­stein dans son cou­ron­ne­ment. De ce qu’il va­lait, mais aus­si de ce qui lui res­tait à prou­ver. » Pour Lel­louche, ça l’a même bo­ni­fié : « J’ai re­trou­vé le même homme ou presque. Je le trouve plus fra­gile dans le sens où il se pose des ques­tions comme un dé­bu­tant. Il a dû se reme!re en ques­tion, tra­vailler son an­glais. Il a chan­gé dans le bon sens du terme. »

La dé­pres­sion people C’est pour­tant une tout autre his­toire que ra­con­te­ra la presse people dans les mois qui sui­vront sa consé­cra­tion. « Elle a créé une sa­ga au­tour de moi se sou­vient l’ac­teur : “Il pète les plombs, il fait la bringue, il est en dé­pres­sion…” C’était ven­deur ! » Comme l’a consta­té Ni­co­las Be­dos : « Je voyais des pho­tos de soi­rées qu’on avait pas­sées en­semble avant les Os­cars res­sor­tir six mois plus tard pour dé­mon­trer qu’il fai­sait la fête tous les soirs. » Jean Du­jar­din avoue que ce fut un mo­ment com­pli­qué qui a tout re­mis en cause. « Y com­pris mon édu­ca­tion ». Il se de­man­dait : « Je ne suis quand même pas ce!e merde qu’ils dé­crivent dans le jour­nal ? » In­ter­ro­geait ses frères : « Vous me le di­riez quand même, si j’étais comme ça ? » Ses frères… un autre se­cret de ce!e place de chef de bande mal­gré lui à la­quelle nous as­so­cions dé­sor­mais Jean Du­jar­din. Pe­tit der­nier d’une fra­trie de quatre gar­çons, il est res­té très proche de sa fa­mille. Son frère Marc, avo­cat, s’oc­cupe d’ailleurs de ses af­faires. « Ça me fait un socle, nous sommes une fa­mille de mecs, nous ne nous di­sons pas grand-chose, il y a une vraie pu­deur. Mais ça se dé­gon­fle­rait vite si l’un d’entre nous pé­tait les plombs. Ma chance, c’est d’être le der­nier, d’avoir été éle­vé au­tant par mes pa­rents que par mes fran­gins, in­dique l’ac­teur. Je sais que s’il n’y a pas eu d’en­vo­lée, c’est beau­coup grâce à eux. Ils peuvent me dire “re­prends-toi” quand je me plains. Ils me calment : “Hey, dis donc, tu ne vas pas râ­ler parce que tu es à Los An­geles, que c’est com­pli­qué, que tu as chaud et que tu es une brêle en an­glais”. » Avec Omar Sy, Ma­rion Co­tillard et

« J’AIME BIEN TRA­VAILLER UN PEU À L’AN­CIENNE, RE­TROU­VER MES CO­PAINS DE FILM

EN FILM… »

Guillaume Ca­net, Jean Du­jar­din fait dé­sor­mais par­tie d’un car­ré ga­gnant que nous, Fran­çais, ai­mons ima­gi­ner au bord d’une pis­cine ca­li­for­nienne : « Dans la rue, on me dit : “Vous êtes re­ve­nu ?” Mais d’où ? “De Los An­geles”. Je n’ai ja­mais ha­bi­té et je n’ha­bite pas à Los An­geles ! » Il ter­mine sa phrase sur un ju­ron in­ven­tif qu’il nous de­mande de ne pas re­pro­duire, mais qui se ré­vèle sym­bo­lique de ce cô­té très fran­çais, un peu gouailleur et mal em­bou­ché, qui l’a fait com­pa­rer à Bé­bel. Un peu comme Jean Ga­bin qui, pen­dant la guerre, se plai­gnait qu’il n’y ait pas un tro­quet po­table à Hol­ly­wood, Jean Du­jar­din ima­gine la suite de sa car­rière ici et pas outre-at­lan­tique. Il re­pro­che­ra d’ailleurs à l’équipe de GQ ve­nue le prendre en pho­to d’être trop « amé­ri­ca­ni­sée », à la suite d’un long dé­bat sur le port de la cra­vate. Pen­dant l’in­ter­view, il nous avait ex­pli­qué, sûr de son fait : « Même si tu es par­fai­te­ment bi­lingue, je ne suis pas sûr que tu puisses per­cer aux États-unis. D’autres s’y sont es­sayé et se sont cas­sé les dents. De­lon a es­sayé, Bel­mon­do a re­fu­sé, De­par­dieu l’a frô­lé. Mais nous res­tons fran­çais et ils res­tent amé­ri­cains. » Évo­quant Le Loup de Wall Street (2013), dans le­quel il in­carne un ban­quier suisse au­quel rend vi­site Leo­nar­do Dica­prio, ou Mo­nu­ments Men (2014), pour le­quel il fait par­tie de l’équipe char­gée de re­prendre les oeuvres d’art pillées par les na­zis, il constate : « Je m’en­tends bien avec George Cloo­ney. Il m’in­vite sur son film, j’y vais. S’il m’ap­pelle sur Mo­nu­ments Men, c’est qu’il sait aus­si que ma car­rière est ici, même si j’ai ponc­tuel­le­ment des pro­jets là-bas… Et quand Scor­sese me pro­pose un pe­tit rôle, je ne vais pas

le bou­der. » L’ac­teur re­con­naît au pas­sage que s’il ne compte pas faire car­rière là-bas, il ap­prend beau­coup au contact des Amé­ri­cains qui in­tel­lec­tua­lisent moins la fa­bri­ca­tion de leur ci­né­ma. Il cite ain­si l’exemple de Ma!hew Mcco­nau­ghey qui a l’ha­bi­tude de ré­ci­ter une sorte de man­tra pour se chauf­fer la voix, et que Scor­sese lui a de­man­dé d’in­clure dans sa fa­meuse scène avec Dica­prio dans Le Loup de Wall Street.

Dis­pa­raître du pay­sage Si, de­puis The Ar­tist, Du­jar­din en­chaîne les films dra­ma­tiques, il ne se­rait pas contre l’idée « qu’on [lui] écrive un pro­jet comme L’in­cor­ri­gible (co­mé­die d’ac­tion de son mo­dèle, Jean-paul Bel­mon­do, sor­tie en 1975, ndlr). J’ado­re­rais tour­ner une nou­velle suite D’OSS 117. Mais ça dé­pend aus­si du réa­li­sa­teur Mi­chel Ha­za­na­vi­cius. » Il faut sou­li­gner ici à quel point Hu­bert Bo­nis­seur de la Bath, l’es­pion fran­chouillard et ba­lourd, mais à la mise im­pec­cable, a mar­qué un tour­nant dans sa car­rière. OSS a fait de lui un sym­bole du style et de l’hu­mour fran­çais : Té­lé­ra­ma ne l’a-t-il pas mis en cou­ver­ture d’un nu­mé­ro « Rire au ci­né­ma » cet été aux cô­tés du Jean-paul Bel­mon­do en ca­le­çon à pois du Gui­gno­lo (1980) ? Même très de­man­dé, Jean Du­jar­din avoue être sou­vent dé­çu par les scé­na­rios qu’il re­çoit : « Les pro­duc­teurs m’ap­pellent pour me de­man­der : “Qu’est-ce que vous faites en sep­tembre ?”. Je ré­ponds : “Quelle est l’idée du film ? Que vou­lez-vous faire exac­te­ment ? Pro­po­sez-moi des choses !” » Lu­cide, semble-t-il, sur ce qu’un co­mé­dien peut ou ne peut pas ap­por­ter à un pro­jet : « Un ac­teur ne sauve rien, ce­la ne suf­fit pas, ce­la ne suf­fit ja­mais. Un mau­vais film reste un mau­vais film. » Ré­sul­tat, Jean Du­jar­din semble avoir un peu dé­ser­té la co­mé­die : « Se planter en es­sayant de faire rire, il n’y a rien de pire. Toutes les co­mé­dies de moeurs sur les tren­te­naires et les qua­dras qu’on voit en ce mo­ment fonc­tionnent. Mais moi, j’ai le sen­ti­ment d’avoir dé­jà tra­vaillé ces si­tua­tions 4 000 fois dans Un gars, une fille, note-t-il. Donc j’ai be­soin de quelque chose de plus sin­gu­lier. Quand je ne le trouve pas dans la co­mé­die, je vais vers le drame. Sur La French, j’avais un peu de place. C’est un rôle dans le­quel je m’amuse. Et si je m’amuse moi, je peux sans doute amu­ser les autres », avance l’ac­teur avec mo­des­tie. Il af­firme d’ailleurs ne ja­mais se po­ser la ques­tion de son image quand il doit tran­cher : « Je ne me dis ja­mais : “Il fau­drait qu’on me voie là-de­dans”. C’est une idée mal­hon­nête. Ce­la ne mar­che­rait pas. Quand je dois dé­ci­der de faire un film, je lis le scé­na­rio et je me dis : “Tiens, j’ai en­vie de le voir”, donc je le fais. » Cé­dric Ji­me­nez, le réa­li­sa­teur de La French, ra­conte que Du­jar­din lui avait de­man­dé un dé­lai d’une jour­née avant de si­gner pour le film : « Deux heures plus tard, il me rap­pe­lait. » Du­jar­din en ri­gole en­core. « C’est idiot de de­man­der vingt-quatre heures… Mais c’est une fa­çon de dire : “Laisse-moi du temps.” Parce que le doute est en­core là. Parce qu’on me di­sait : “Fais a!en­tion, c’est seule­ment son deuxième film…” Et puis, je fais le point. C’est bien écrit, le réa­li­sa­teur en parle bien, le per­son­nage est noble et beau. » Comme beau­coup d’ac­teurs, Jean Du­jar­din pré­tend ne pas avoir de stra­té­gie, de plan de car­rière. « La seule chose qu’on peut pro­gram­mer, c’est de se faire un peu rare. Je ne pense pas pou­voir être cré­dible dans quatre per­son­nages dif­fé­rents en tête d’af­fiche de quatre films dif­fé­rents chaque an­née. » Avant de nuan­cer un peu : « Di­sons que je n’ai­me­rais pas me voir là-de­dans… C’est mon seul cal­cul. Je suis un la­bo­rieux qui aime bien pré­pa­rer un film, le tour­ner, l’ac­com­pa­gner… ça me prend du temps. » Du­jar­din veut sur­tout gar­der « in­tact » son plai­sir de jouer. « Si je fai­sais quatre films par an, je ne dis pas, la las­si­tude pour­rait s’ins­tal­ler. Mais ce n’est pas le cas du tout. Je crée le manque pour pou­voir m’amu­ser sur le pla­teau. » Il n’est ain­si pas rare que Ni­co­las Be­dos n’ait presque plus de nou­velles de son ami pen­dant trois mois : « Quand il est en tour­nage, il dis­pa­raît com­plè­te­ment du pay­sage. » Loin d’être une star en­fer­mée dans sa ca­ra­vane, Jean Du­jar­din vit ses films à 100 %. « Sa loge, il n’y al­lait ja­mais, ex­plique Cé­dric Ji­me­nez. Du coup, c’est moi qui y fai­sais la sieste ! Lui, il avait installé son lit de camp au mi­lieu du pla­teau. En trois mois, je ne l’ai ja­mais vu pas­ser un coup de fil per­so. » Un en­ga­ge­ment que l’ac­teur re­la­ti­vise avec hu­mour. « Le pre­mier jour, je suis ve­nu parce que je m’en­nuyais à l’hô­tel et que j’aime bien être sur un pla­teau. Je tourne suf­fi­sam­ment ra­re­ment pour en pro­fi­ter. Je veux être dans un film, en­trer dans la pho­to, c’est ce qui me plaît. Et là, je vois les cos­tumes, les vieilles ba­gnoles, les fi­gu­rants. À Mar­seille en plus ! Un vrai plai­sir de gosse. »

L’homme de tra­di­tion Nos­tal­gique ? Pas vrai­ment. Tout sim­ple­ment heu­reux d’être là. D’en être là, pour­rait-on même ajou­ter : « En France, nous avons un ci­né­ma, une his­toire… Et moi je suis très content de ce ci­né­ma-là. J’ai la chance de faire des films qui me plaisent ici, donc je suis op­ti­miste… » Fi­dèle à une tra­di­tion comme à des va­leurs. « Je crois à des choses très simples, à l’hon­nê­te­té dans le tra­vail, à la sueur. Bos­ser avant, pen­dant, après. » Son éthique pro­fes­sion­nelle lui vient aus­si du rug­by, qu’il pra­ti­quait plus jeune avec ses frères. « J’ai bai­gné dans ce sport, où il faut être une bande de co­pains, res­ter stables, te­nir sa po­si­tion. » Un jeu « joyeux, hon­nête, où on ne joue pas que pour sa gueule ». Dans son club de Rueil-malmaison, Jean Du­jar­din oc­cu­pait le poste de trois-quarts aile, une place à la­quelle il faut conclure l’ac­tion amor­cée par ses co­équi­piers en a!aque, mais aus­si dé­fendre son équipe quand l’ad­ver­saire tente de la dé­bor­der sur les cô­tés… Une dé­fi­ni­tion de poste qui sonne comme une pos­sible mé­ta­phore de son rôle ac­tuel dans notre ci­né­ma. Et dans notre ima­gi­naire na­tio­nal.

« JE CROIS À DES CHOSES TRÈS SIMPLES,

À L’HON­NÊ­TE­TÉ DANS LE TRA­VAIL, À LA SUEUR. BOS­SER AVANT,

PEN­DANT, APRÈS. »

Che­mise Dolce & Gab­ba­na Cra­vate et jean Po­lo Ralph Lau­ren Montre Breit­ling – avec bra­ce­let Na­to - chro­no­ma­tic.com

Che­mise Dolce & Gab­ba­na Cra­vate Po­lo Ralph Lau­ren Montre Breit­ling – avec bra­ce­let Na­to - chro­no­ma­tic.com

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