PIERRE-OLIVIER SUR L’ÉTRANGE DÉ­FEN­SEUR DES AVO­CATS

GQ (France) - - Courrier -

On a dé­cou­vert Pierre-olivier Sur en 1994 dans Dé­lits fla­grants, le do­cu­men­taire de Ray­mond Depardon où, avo­cat com­mis d’of­fice, il dé­fen­dait une toxi­co­mane soup­çon­née d’une ten­ta­tive de vol d’une voi­ture. Vingt ans plus tard, POS, comme on le sur­nomme, est par­tout. De­puis le 1er jan­vier, il as­sure pour deux ans la pres­ti­gieuse fonc­tion de bâ­ton­nier du bar­reau de Pa­ris. Élu par ses pairs, il est à la fois l’avo­cat, le VRP et le lob­byiste des 26 000 avo­cats pa­ri­siens. Une fonc­tion qui de­mande du tem­pé­ra­ment, et ce­la, il n’en manque pas, mais aus­si du doig­té. Pour­tant, quand le bâ­ton­nier ren­contre GQ pour pro­mou­voir ce mé­tier au coeur de dé­bats, il ex­plique qu’il ne com­prend pas pour­quoi il ne fi­gure plus dans ce clas­se­ment au vu de ses dos­siers. Et de dé­ve­lop­per une étrange vi­sion de la jus­tice dans la­quelle les avo­cats, tran­si­geant à tout prix pour évi­ter les pro­cès, se­raient des­ti­nés à rem­pla­cer peu à peu les juges. S’étant illus­tré dans de grandes af­faires (Elf, Cré­dit Lyon­nais, An­go­la­gate, etc.) par le pas­sé, le fou­gueux avo­cat y a fi­gu­ré. Ce­pen­dant, l’en­trée dans le clas­se­ment d’un bâ­ton­nier en exer­cice ou d’un can­di­dat à ce poste, fa­vo­ri­se­rait l’in­té­res­sé par rap­port à ses pairs en cam­pagne. Au­jourd’hui, POS brille tou­jours, dans le dos­sier Ta­pie no­tam­ment. Sur­tout, il est le seul con­seil qui s’ex­prime comme un fu­tur garde des Sceaux. Sûr de lui, le suc­ces­seur de Ch­ris­tiane Fé­ral-schuhl as­sure « avoir trans­for­mé le bar­reau en quelques mois ». Il a sur­tout mon­tré sa ca­pa­ci­té à jouer sur tous les ta­bleaux. On l’a ain­si vu dé­battre avec la mi­nistre Val­laud-bel­ka­cem de la cor­rup­tion en Afrique, tout en dé­fen­dant Ka­rim Wade (le fils de l’an­cien pré­sident sé­né­ga­lais) ou Fran­çois Com­pao­ré (le frère du pré­sident du Bur­ki­na-fa­so), em­pê­cher des ma­gis­trats de per­qui­si­tion­ner le con­seil de l’ordre et dé­fendre le de­voir de jus­tice. En­fin, il a dé­po­sé une plainte contre X vi­sant Le Monde pour avoir di­vul­gué des in­for­ma­tions sur l’af­faire des écoutes dans la­quelle son nom est ci­té. A.S.

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