2 DOIT-ON ES­SAYER DE GOM­MER SES ORI­GINES PRO­VIN­CIALES ?

GQ (France) - - Courrier -

Chers amis mon­tés à la ca­pi­tale pour y faire illu­sion, ne cou­rez pas trop vite à votre propre perte. Car à voir la touche de cer­tains, il faut croire que la ten­ta­tion de pa­raître est forte. Épar­gnons-nous ici de ju­ger. On peut néan­moins vous dire que plus le tra­ves­tis­se­ment est vi­sible, plus les ra­vages sont lourds. C’est donc en pro­fon­deur qu’il faut tra­vailler et non en sur­face. Lais­ser sa barbe pous­ser, por­ter un bon­net, se faire ta­touer ou bou­ton­ner à la glo"e le col de ses che­mises sont, par exemple, des mar­queurs beau­coup trop voyants de l’in­ter­na­tio­nale co­ol, qui ca­ri­ca­turent la ville et gomment votre spon­ta­néi­té tout comme votre sin­gu­la­ri­té.

« On prend un peu de tous les ri­di­cules de l’hu­maine na­ture, aux­quels

on mêle quelques grains de bê­tise, beau­coup de fan­fa­ron­nade, une cer­taine dose de tri­via­li­té (…), de la mes­qui­ne­rie dans le goût, et, sur­tout, ab­sence to­tale de ce qui est beau, noble et dis­tin­gué ;

ce mé­lange fait un snob par­fait. »

William Ma­ke­peace Tha­cke­ray, Le Livre des snobs, par l’un d’entre eux (1860)

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