la tac­tique

GQ (France) - - Sport -

les na­vi­ga­teurs res­tent très se­crets sur leurs choix qui re­posent sur­tout sur des in­ter­pré­ta­tions mé­téo. At­ten­tion, su­jet ta­bou ! De­puis tou­jours. Il est presque plus évident de sou­ti­rer des in­for­ma­tions à un franc­ma­çon qu’à un ma­rin au mo­ment d’abor­der la tac­tique de course. Exemple avec Ar­mel Le Cléac’h, lors du der­nier Ven­dée Globe. Le ma­rin, alors sur un mo­no­coque IMO­CA 60, comp­tait prendre tout le monde de vi­tesse avec une stra­té­gie in­édite au large du Bré­sil. On rap­porte même que Fran­çois Ga­bart pen­sa alors perdre la main dans cette re­mon­tée fan­tas­tique des mers du Sud, en re­gar­dant la voie sur la­quelle son ri­val, fi­na­le­ment 2e, s’en­ga­geait. Mais les bul­le­tins mé­téo sont en­voyés aux ma­rins par fax ou In­ter­net chaque jour à mi­nuit et mi­di, à l’heure UTC (Temps Uni­ver­sel Co­or­don­né, soit une heure de moins qu’à Pa­ris). Il s’agit de don­nées brutes que ces in­gé­nieurs doivent dé­cor­ti­quer à la ri­sée près en te­nant compte des clas­se­ments qui tombent, eux, toutes les quatre heures. Ar­mel Le Cléac’h nous rap­pelle que « par­fois les pré­vi­sions mé­téo sont er­ro­nées. Lorsque l’on frise avec les li­mites du ba­teau et les in­ter­pré­ta­tions du temps à ve­nir, le moindre écart nous fait perdre gros.» Im­pos­sible d’en sa­voir plus. Loïck Pey­ron, un ha­bi­tué de la Route du Rhum : « La course en mul­ti­coque, c’est comme le ro­seau dans la fable de La Fon­taine. Il faut ac­cep­ter, ne pas lutter mais com­po­ser avec les élé­ments. Faire le chêne, ça ne fonc­tionne ja­mais. Après, il ne faut pas traî­ner non plus ! » Car pour le com­pé­ti­teur, qui en­vi­sa­geait de faire la course à bord d’une ré­plique du tri­ma­ran vic­to­rieux en 1978, le pu­blic « admire ceux qui res­tent long­temps en mer. Mais on risque beau­coup plus sa peau et celle de son ba­teau en jouant la montre. »

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