Pierce bros­nan : « J’ai sau­vé le monde et… James bond »

Il a in­car­né 007 quatre fois et re­vient avec un rôle d’es­pion dans The No­vem­ber Man. Ren­contre avec une lé­gende bri­tish.

GQ (France) - - Sommaire - Par Ja­cky Gold­berg

Y a-t-il une vie après James Bond? Les in­ter­prètes de 007 ont connu des for­tunes di­verses une fois ren­du leur per­mis de tuer. Mais Pierce Bros­nan, 61 ans, a su va­rier les genres et mul­ti­plier les ap­proches, de­meu­rant ce gentleman im­pec­cable sur le­quel les an­nées semblent n’avoir pas prise. À l’oc­ca­sion de la pré­sen­ta­tion de The No­vem­ber Man, dans le­quel il joue un ex-agent de la CIA char­gé d’as­su­rer la sé­cu­ri­té de la res­pon­sable d’un centre d’ac­cueil pour ré­fu­giés qui me­nace le pou­voir russe, nous lui avons po­sé la ques­tion au­tour d’un verre de vin blanc.

Douze ans après avoir ar­rê­té d’être James Bond, vous re­voi­là dans The No­vem­ber Man. L’es­pion­nage, ça vous man­quait ? Il faut croire que oui… De­puis sept ans, Da­niel Craig est un for­mi­dable James Bond. Il a com­plè­te­ment en­dos­sé le rôle. Je sen­tais qu’il était temps pour moi de re­ve­nir, sous une autre forme, à ce genre qui m’a tant ap­por­té. Peut-être que j’au­rais dû re­faire un film d’ac­tion il y a long­temps. Peut-être que j’ai trop at­ten­du pour re­mettre la main sur un flingue. C’est ce que ma femme m’a dit l’autre jour. Je lui ai ré­pon­du que je l’écou­te­rais la pro­chaine fois ! Dans la vie, je n’aime pas les armes, mais même un flingue de ci­né­ma pro­cure un fris­son. Ça a quelque chose à voir avec la sexua­li­té, le pou­voir, le dan­ger, la peur… Toutes ces choses un peu toxiques. Quand je vois des films d’ac­tion comme La Mé­moire dans la peau, je suis nos­tal­gique, j’ai en­vie d’être ce type! On veut tous être un hé­ros co­ol qui se sort de si­tua­tions in­ex­tri­cables, couche avec des créa­tures su­blimes, sort des ré­pliques cultes. C’est quand même pour ça qu’on fait ce mé­tier !

On sait que par­fois, le réel s’ins­pire à son tour du ci­né­ma. Est-ce que ça vous est ar­ri­vé de ren­con­trer des es­pions qui se disent ins­pi­rés par vous ? J’ai sur­tout ren­con­tré des hommes qui tra­vaillent sur des opé­ra­tions se­crètes pour pré­pa­rer Le Tailleur de Pa­na­ma (2001) adap­té de John Le Car­ré, et donc ba­sé sur la réa­li­té. James Bond, c’est dif­fé­rent. C’est un per­son­nage big­ger than life. Les vrais es­pions ne passent pas leur temps à se ti­rer des­sus et à boire des vod­ka mar­ti­ni. Quand on a joué un mythe du ci­né­ma comme James Bond, que reste-t-il à prou­ver ? J’es­père avoir été un bon James Bond. J’ai sau­vé la fran­chise et j’ai sau­vé le monde. Quatre fois de suite ! La plu­part des ac­teurs ont un seul grand per­son­nage. Mais les grands, eux, en ont plu­sieurs. Ils ont un ré­per­toire. Re­gar­dez Da­niel Day-le­wis, Sir An­tho­ny Hop­kins, John Hurt… Être ca­pable de jouer haut, bas, dra­ma­tique, co­mique, de dan­ser, de chan­ter… voi­là ce dont je rêve. Mais je vais là où il y a du tra­vail, je fais avec ce qu’on me pro­pose. Je de­mande à mon agent de ne pas me par­ler que des pre­miers rôles, mais aus­si des se­conds s’ils en valent la peine. Un de mes plus grands rôles, c’est ce­lui d’un an­cien Pre­mier mi­nistre bri­tan­nique dans The Ghost Wri­ter (2010)… C’était une sa­crée ex­pé­rience de tour­ner avec Ro­man Po­lans­ki, mais je ci­te­rais éga­le­ment Tho­mas Crown (1999), Le Tailleur de Pa­na­ma, The Ma­ta­dor (2005)… C’est dé­jà pas mal, bien plus que ce dont je rê­vais lorsque j’ai dé­bu­té. Suf­fi­sant pour je­ter un coup d’oeil en ar­rière sur ce que j’ai fait et me dire : « J’au­rai ra­con­té de belles his­toires. »

THE NO­VEM­BER MAN, de Ro­ger Do­nald­son avec éga­le­ment Ol­ga Ku­ry­len­ko, sor­tie le 29 oc­tobre Douze ans après avoir ser­vi Sa Ma­jes­té, Pierce Bros­nan joue un an­cien de la CIA dans The No­vem­ber Man.

Pierce Bros­nan en James Bond et Mi­chelle Yeoh dans De­main ne meurt ja­mais (1997).

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