Un po­lar de pros

Quand Den­nis Le­hane, le plus grand au­teur de ro­mans po­li­ciers amé­ri­cain, et Mi­chaël Ros­kam, le nou­veau pro­dige du ci­né­ma belge, s’as­so­cient, ils ac­couchent d’un thril­ler digne des Scor­sese des an­nées 1970… Ha­le­tant et in­tel­li­gent.

GQ (France) - - Sommaire - Par Ma­rie Ai­mée

C’est une pre­mière. Avec Quand vient la nuit ( The Drop en an­glais), Den­nis Le­hane adapte lui-même l’une de ses nou­velles. Les po­lars de l’écri­vain amé­ri­cain avaient dé­jà ins­pi­ré Mys­tic Ri­ver (Clint East­wood, 2003), Gone Ba­by Gone (Ben Af­fleck, 2007) et Shut­ter Is­land (Mar­tin Scor­sese, 2010). Le réa­li­sa­teur belge Mi­chaël R. Ros­kam, au­quel on doit le pro­di­gieux Bull­head, nom­mé aux Os­cars en 2012, qui a ré­vé­lé Mat­thias Schoe­naerts, bé­né­fi­cie donc d’un sou­tien de poids pour sa pre­mière réa­li­sa­tion hol­ly­woo­dienne. De fait, Quand vient la nuit est un pur film à script, bien fi­ce­lé, à la fois ha­le­tant et in­tel­li­gent (c’est rare…). À Brook­lyn, Bob (Tom Har­dy) est un bar­man tai­seux. Il tient un éta­blis­se­ment de quar­tier avec son cousin (le der­nier rôle de James Gan­dol­fi­ni), un de ces « mo­ney-drops » qui blan­chissent l’ar­gent de la pègre. Tout va bien jus­qu’à ce que trois élé­ments – dans l’ordre un bra­quage, un chien, une fille – viennent grip­per sa rou­tine. On re­trouve les hé­ros mor­fon­dus de Le­hane, des types d’ori­gine po­pu­laire ca­pables de se faire ven­geance et qui évo­luent dans un monde cri­mi­nel violent. La réa­li­sa­tion est un peu moins per­son­nelle que celle de Bull­head, mais Ros­kam se ré­vèle aus­si à l’aise à fil­mer le voyou de New York que le mo­losse belge Schoe­naerts en rase cam­pagne.

QUAND VIENT LA NUIT, de Mi­chaël R. Ros­kam avec Tom Har­dy, Noo­mi Ra­pace, Mat­thias Schoe­naerts, James Gan­dol­fi­ni… sor­tie 12 no­vembre

James Gan­dol­fi­ni (alias To­ny So­pra­no) et Tom Har­dy en voyous new-yor­kais.

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